Cri du cœur des motocyclistes du Québec [VIDÉO]

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
L’Association des écoles de conduite du Québec (AECQ) et la Fédération motocycliste du Québec (FMQ) demandent une relance de leur industrie qui, selon elles, contribuera non seulement à l’économie, mais aussi à la santé mentale des motocyclistes.

Pour des milliers de motocyclistes au Québec, la saison de moto qui devait débuter mi-avril est toujours en veilleuse. En effet, en raison des mesures de sécurité et de santé publique liées à la COVID-19, les écoles de conduite ont dû arrêter d’offrir leurs cours pratiques. La SAAQ a également cessé l’émission de ses permis de conduite de moto (classe 6A, 6B, 6C, 6D et 6E). Une situation que déplore l’AECQ.

En conférence de presse mercredi matin, Lise Champagne, présidente de l’AECQ, faisait valoir que, si les écoles de conduite continuent d’offrir la formation théorique en ligne, il leur serait fort simple d’offrir également des cours pratiques présentiels. « On va accueillir les clients à plus de deux mètres, sinon le port du masque sera obligatoire. Il y aura aussi une période de désinfection des motos. Nous recommandons aussi que chaque participant utilise la même moto jusqu’à la pause pour qu’il n’y ait pas de contamination. Du désinfectant sera disponible pour les clients », énumère la présidente de l’AECQ. Mme Champagne explique aussi que la distanciation sociale est la norme lors de ce type de cours et que, en ce qui a trait aux installations sanitaires, les écoles peuvent les fournir sans problème afin de répondre aux critères de la santé publique. 

Samuel Vachon, copropriétaire de l’École de conduite supérieure Vachon, affirme que son école est prête à accueillir ses élèves. En plus des nouvelles mesures sanitaires mises en place, M. Vachon précise que ses cours pratiques ont toujours répondu aux mesures de distanciation. « Même avant la COVID-19, on était espacé, à distance les un des autres. Sur le terrain, la loi nous autorise un formateur pour cinq étudiants, mais, nous, c’est toujours un pour quatre. On est toujours un maximum de dix personnes sur le terrain en même temps », explique-t-il.

La présidente de l’Association des écoles de conduite du Québec, Lise Champagne, et le président de la Fédération motocycliste du Québec, Sylvain Bergeron, ont demandé une relance de l'industrie de la moto, à Québec, mercredi.

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Relance nécessaire pour la survie de l’industrie

Les cours de conduite pratiques et l’émission de permis sont un maillon important de l’industrie de la moto et, par extension, de l’économie des régions, plaident les motocyclistes. « Avec l’émission du permis, c’est une chaîne qui s’enclenche. Il y a souvent l’achat d’une moto puis de l’équipement. Ensuite, les gens ne partent pas avec leur tente de camping! Les motocyclistes arrêtent dans les motels et les hôtels. Tout ça a un impact économique », explique Mme Champagne.

La reprise des cours de conduite pratiques est importante pour la survie de plusieurs écoles de conduites partout au Québec puisque plusieurs écoles n’offrent que les cours de conduite pour moto. Selon Mme Champagne, la majorité de celles-ci craignent de perdre plus de 60% de leur chiffre d’affaire pour l’année en cours. « Ça pourrait vraiment mettre certaines écoles de conduite en péril », déplore-t-elle. 

La Fédération motocycliste du Québec croit elle aussi que la relance de l’industrie de la moto pourrait venir en aide à l’économie des régions. « Les gens se rencontrent, achètent du matériel, vont au restaurant, etc. Les motocyclistes se promènent à travers tout le Québec et voyagent jusqu’à New Richmond ou à Sept-Îles », explique Sylvain Bergeron, président de la FMQ.

Le président de la FMQ ne se dit d’ailleurs pas inquiet en ce qui concerne les craintes de certaines régions face au tourisme. « Moi, je pense que, quand ça va être le temps de voyager, les gens vont faire la part des choses. Il faut qu’on voyage avec respect. Que tu sois un automobiliste ou un motocycliste, si tu feeles pas, ben, tu restes chez vous », affirme M. Bergeron.  

Faire de la moto pour une bonne santé mentale

Il ne faut pas oublier, disent les motocyclistes, qu’en plus d’être un moyen de transport efficace, la moto est une activité plaisante, relaxante, une « thérapie du bonheur ». Passionné, M. Bergeron assure que voyager à moto sur les routes du Québec aide à préserver une bonne santé mentale. « Être sur une moto, c’est quelque chose qui requiert toute notre attention. En auto, c’est facile d’être distrait, mais, à moto, on fait partie de l’environnement. On ressent tout, que ce soient les odeurs, l’adhésion à la route ou le climat. C’est quelque chose de viscéral. Souvent, on dit qu’il y a seulement les motards qui peuvent comprendre », explique M. Bergeron en rigolant. 

  • Au Québec, 11 000 nouveaux permis de conduite de moto sont délivrés chaque année par la SAAQ 
  • 200 000 motocyclistes sont invités annuellement dans les écoles de conduite afin de mettre à niveau leurs connaissances 
  • Les motocyclistes investissent près de 500 millions de dollars dans leur industrie chaque année 
  • Plus de 8 000 emplois sont reliés à l’industrie de la moto dans la belle province