Les restaurateurs du côté québécois de la rivière des Outaouais adoptent des stratégies différentes afin d’accueillir leurs premiers clients depuis le début du confinement.

COVID-19: Un premier test pour les restaurateurs [PHOTOS]

Les restaurateurs du côté québécois de la rivière des Outaouais adoptent des stratégies différentes afin d’accueillir leurs premiers clients depuis le début du confinement.

À Gatineau, certains tenanciers voient la réouverture de leurs établissements comme un test. Le défi est d’autant plus grand dans le Vieux-Hull, alors que la réfection de la rue Laval transforme cette artère en un important chantier de construction.

«On va essayer, dit Isabel Thériault, du Coq Licorne. Mais si c’est trop le bordel, on va fermer et revenir à la formule de mets pour emporter que nous avions depuis le début (du confinement).

Les terrasses font partie intégrante de l’ambiance des restos, des pubs et des bistros du Vieux-Hull. «C’est difficile en raison du chantier, mais on se dit que, tant qu’à défoncer la rue pour l’améliorer, aussi bien le faire cette année», dit Mme Thériault.

À Gatineau, certains tenanciers voient la réouverture de leurs établissements comme un test.

Son équipe tentera quand même d’ouvrir ses portes du mercredi au dimanche. Chaque client devra commander son repas et aller chercher son assiette afin de limiter les déplacements des serveurs aux tables. «On est tous (les restaurateurs) obligés de demander aux clients s’ils viennent de la même adresse, désinfecter... On doit ajouter des employés pour gérer le plancher. On veut pouvoir jaser avec les clients, alors va configurer l’endroit avec des ‘plexiglass’ aux tables et répéter aux gens de se laver les mains.»

Sur sa page Facebook, lundi, le restaurant Gainsourg, a confirmé ne pas rouvrir ses portes immédiatement. «Avec les travaux de réaménagement du Vieux-Hull et les complications liées à la COVID-19, nous avons décidé pour l’instant d’accorder plus de temps au développement de l’aspect brasserie de notre entreprise afin de contrebalancer les impacts des événements», lit-on.

Aux Brasseurs du Temps (BDT), les espaces entre les tables permettent de respecter la règle des deux mètres. «On va commencer par ouvrir du mercredi soir au samedi soir seulement, dit le chef du BDT, Julien Flipot. Les employés de la fonction publique ne viennent plus au centre-ville, le midi.»

Le BDT ouvrira seulement sa terrasse lorsqu’il fera beau, et sa salle intérieure en cas de pluie. Jamais les deux en même temps.

Les serveurs porteront le masque et la visière, alors qu’ils demanderont aux clients de limiter leurs déplacements et de ne pas ‘coller les tables’ pour se joindre à d’autres groupes. «On va demander aux gens s’ils vivent à la même adresse, mais on ne va pas jouer à la police non plus, dit M. Flipot. On commence avec une capacité maximale de 50 personnes pour respecter les deux mètres, et on va demander aux clients de réserver leur place, si possible.»

Le BDT, comme bien d’autres restaurants de la région, doit composer avec la décision de plusieurs serveurs de ne pas retourner au travail, car les 2000 $ de la Prestation canadienne d’urgence est pour le moment plus avantageux. Les salaires à pourboires pourraient être considérablement réduits en cette période de faible achalandage.

Dans le secteur Aylmer, l’équipe de L’Autre Oeil a décidé d’ouvrir sa terrasse et ses installations intérieures. «La terrasse est assez grande, alors on ne perd qu’environ 20% de notre capacité d’accueil. À l’intérieur, c’est environ 40%», dit sa copropriétaire, Martine Boily. Les serveurs porteront la visière et le masque, les «espaces clients» sont déjà balisés par du ruban au sol.

Pour l’instant, le bistro de la rue Principale ne demande pas aux clients de réserver leur place. «On priorise évidemment les gens qui demeurent à la même adresse. Ce n’est pas le temps de retrouver sa bande d’amis.»