Le premier ministre Justin Trudeau en conférence de presse à Ottawa, mardi
Le premier ministre Justin Trudeau en conférence de presse à Ottawa, mardi

COVID-19: Ottawa se penche sur le sort des demandeurs d’asile dans les CHSLD [VIDÉO]

Ottawa et Québec travaillent en collaboration pour améliorer le sort des demandeurs d’asile devenus des «héros» grâce à leur travail dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée.

Lors d’un point de presse devant sa résidence, mardi matin, le premier ministre Justin Trudeau a dit que son gouvernement était déjà à l’oeuvre pour «reconnaître ce travail et peut-être accélérer le processus» pour ces travailleurs qui sont parfois arrivés au pays de façon irrégulière.

«Je pense que les gens reconnaissent que les héros qui font un travail exceptionnel dans une situation extrêmement difficile devraient recevoir une certaine reconnaissance, mais nous avons un système d’immigration qui est robuste et rigoureux et complexe, et donc, le ministre de l’Immigration est en train de regarder attentivement quels seraient les détails d’une telle approche», a-t-il dit.

«C’est important de suivre ces processus, mais dans une situation exceptionnelle, on peut évidemment considérer des exceptions», a ajouté M. Trudeau.

La veille, le premier ministre du Québec, François Legault, a lui aussi demandé à son ministre de l’Immigration de se pencher là-dessus. Simon Jolin-Barrette doit «regarder les cas un par un» et voir s’il est possible de les qualifier comme immigrants et non pas comme réfugiés. M. Legault disait que c’est une façon de dire «merci» à ces «anges gardiens» qui veillent sur les aînés en ces temps de pandémie.

La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, a déclaré mardi qu’Ottawa et Québec travaillaient «en étroite collaboration» pour trouver des pistes de solutions.

Cette étroite collaboration ne s’est cependant pas transposée jusqu’à la Chambre des communes.

Pour la deuxième fois en autant de jours, les conservateurs ont refusé d’accorder leur soutien à une motion du Bloc québécois qui demandait de «prioriser et d’accélérer le traitement» du dossier des demandeurs d’asile et de leur famille «dans un souci de reconnaissance du travail accompli durant la crise sanitaire actuelle».

Subvention salariale

Questionné à ce sujet pour une deuxième journée consécutive, M. Trudeau a tenté de mettre un visage sur les employés politiques qui risquent de perdre leur emploi sans la subvention salariale.

«Dans les partis politiques, il y a des gens qui travaillent comme traducteurs, comme comptables, comme réceptionnistes. (...) Nous avons créé la subvention salariale pour aider ces gens-là à pouvoir garder le travail qu’ils ont au lieu d’être congédiés, possiblement par une baisse de revenus dans l’organisation», a-t-il dit.

Mais cette logique ne tient pas la route selon le chef bloquiste Yves-François Blanchet, qui est revenu à la charge, mardi, pour demander au Parti libéral du Canada en particulier de renoncer à la subvention salariale pour payer ses employés.

«Je suis sûr béton que les libéraux fédéraux n’en ont pas besoin et les conservateurs n’en ont pas besoin, comme je pense que le Bloc n’en a pas besoin et n’en aura pas besoin», a lancé le chef bloquiste.

Que les néo-démocrates ou les verts aient besoin de cette subvention, «c’est plus crédible», estime M. Blanchet. Il n’a cependant pas voulu commenter le possible recours de son ancien parti, le Parti québécois, à la subvention salariale pour payer ses employés.

Retour du Parlement

La motion proposant de réunir le comité COVID-19 à raison de quatre jours par semaine sous une formule hybride a été adoptée en début de soirée mardi. Cette formule serait en vigueur pour quatre mois. Comme prévu, le NPD a appuyé le gouvernement libéral permettant de gagner le vote 28-23 grâce aussi au soutien du Parti vert.

Le gouvernement s’était assuré de l’appui du NPD en promettant de négocier avec les provinces deux semaines de congés de maladie.

Le Parti conservateur et le Bloc québécois qui plaidaient en faveur d’un retour normal des activités à la Chambre des communes, avec un nombre réduit de députés, ont voté contre la motion.

«Ce qui se dessine présentement, c’est un «deal» entre le NPD et les libéraux pour fermer le Parlement», s’est indigné M. Blanchet, qui a qualifié la manoeuvre de «coup de cochon» de leur part.


« Je suis sûr béton que les libéraux fédéraux n’en ont pas besoin et les conservateurs n’en ont pas besoin, comme je pense que le Bloc n’en a pas besoin et n’en aura pas besoin »
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet

Le Bloc s’était exclu des négociations sur le retour du Parlement parce que les libéraux avaient refusé de donner suite à ses engagements sur les prestations d’urgence et les coûts fixes des petites entreprises. M. Blanchet n’a cependant pas voulu adhérer à l’adage selon lequel «les absents ont toujours tort», sous prétexte que les libéraux auraient dû s’assurer de faire l’unanimité.

Le leader parlementaire du gouvernement, Pablo Rodriguez, a répliqué que le Bloc n’avait qu’à être à la table de négociations.

«Vous savez, parfois, il peut y avoir des différends, on peut être en désaccord, mais on ne s’en va pas bouder dans le coin quand on est en désaccord. On parle, on s’assoit, on discute. (...) C’est autour de la table qu’on peut faire des gains sur quoi que ce soit, pas quand on s’éloigne de la table et qu’on refuse de parler», a-t-il répliqué.

Équipement individuel

M. Trudeau a également annoncé mardi que le gouvernement fédéral avait signé un contrat avec General Motors pour produire 10 millions de masques.

«Au moment où on se parle des employés de GM ont déjà commencé leur travail et les premiers lots de masques seront bientôt terminés», a-t-il déclaré.

Le gouvernement fédéral a aussi signé un contrat pour produire 10 000 respirateurs dans le cadre d’un partenariat entre Art McDonald, lauréat canadien du Prix Nobel, et l’entreprise Vexos.

Nombre de cas

Il y a eu plus de 1500 000 tests administrés au Canada jusqu’à maintenant, dont quelque 22 300 par jour ces dernières semaines. Environ 5 % d’entre eux ont détecté la maladie.

Jusqu’à maintenant, on a recensé 86 648 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays, dont plus de la moitié sont guéris. La COVID-19 a provoqué la mort de 6639 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux : 48 598 cas au Québec, dont 4139 décès; 26 191 cas en Ontario, dont 2123 décès; 6901 cas en Alberta, dont 139 décès; 2541 cas en Colombie-Britannique, dont 161 décès; 1052 cas en Nouvelle-Écosse, dont 59 décès; 634 cas en Saskatchewan, dont huit décès; 292 cas au Manitoba, dont sept décès; 260 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 122 cas au Nouveau-Brunswick, tous guéris sauf deux; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, tous guéris; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.