L'hôtel de ville de Lévis
L'hôtel de ville de Lévis

COVID-19: Lévis passe à la coercition

À l’approche de la fête de Pâques, la Ville de Lévis a décidé de lever le ton. Elle abandonne le mode sensibilisation pour entrer dans un mode coercition. Non seulement les policiers de la brigade COVID-19 seront plus présents sur le territoire, plus d’effectifs seront déployés, mais ils pourraient être moins tolérants pour ceux et celles ne suivant pas les consignes de la Santé publique.

«On commence à se dire que ça ne se peut comme pas que le message ne soit pas passé. Alors là, la bonne foi, la mauvaise foi...  Les gens qui vont nous dire "je ne le savais pas moi qu’il y a une distance de deux mètres". [...] Les citoyens qui portent plainte souvent vont nous dire que ces gens-là sont de mauvaise foi. C’est sur cette mauvaise foi-là que l’on va commencer à jouer. Parce qu’un moment donné il y a des limites à dire "je ne le savais pas". Moi, "je le savais pas", je commence à avoir des problèmes avec ça!» a lancé le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, lors d’un point de presse diffusé sur sa page Facebook de même que sur celle de la ville. Du même souffle, il a annoncé que Lévis allait mettre en œuvre des moyens supplémentaires pour marteler le message de la Santé publique qui est de respecter les consignes.

«C’est ça qui est le nerf de la guerre aujourd’hui si on veut s’assurer que, comme le mentionnait le gouvernement, le "peak" de la pandémie soit atteint vers la mi-avril», a lancé le premier magistrat lévisien. «Si on veut maintenir cette position enviable là, il faut continuer à faire des efforts. Oui il est clair qu’au niveau économique, les mesures ont des répercussions importantes. Mais il ne faut pas oublier que plus on est disciplinés et plus vite le rétablissement pourra arriver de façon positive.»

Afin de rappeler aux gens les recommandations de la Santé publique, la ville a conclu une entente qui lui permettra d’utiliser 23 panneaux électroniques et quatre panneaux géants déjà installés sur son territoire. Elle a aussi loué 10 panneaux électroniques mobiles à messages variables qui seront installés sur le territoire, sur lesquels seront diffusés en boucle de courts messages sur l’importance du respect des consignes de la Santé publiques. Le maire a aussi demandé à ses citoyens de respecter les consignes plus spécifiques au territoire lévisien, comme d’éviter les longs déplacements sur le territoire, de s’approvisionner le plus près possible de son lieu de résidence, d’éviter les rassemblements intérieurs et extérieurs, et d’éviter tout rassemblement familial.

Un constat d’infraction

Le maire de Lévis l’a mentionné : la collaboration de la population est exemplaire. À preuve, même si les policiers ont dû faire, à la suite de dénonciations, 113 interventions auprès de commerces offrant des services non-essentiels qui étaient ouverts et 256 interventions auprès de citoyens entre le 23 mars et le 6 avril, ils n’ont donné qu’un seul constat d’infraction.

La contravention de 1546 $ a été remise à un citoyen qui n’a pas respecté les règles. «Cette personne s’est présentée dans un dépanneur alors qu’elle avait des symptômes possibles de la COVID-19. Notre service de police a dû diriger la personne vers les milieux de soins et émettre le constat approprié», a expliqué Gaétan Drouin, coordonnateur municipal de la sécurité civile.


« Moi «je le savais pas», je commence à avoir des problèmes avec ça! »
Le maire de Lévis Gilles Lehouillier

Le maire Lehouillier a indiqué que Lévis avait donné tout le pouvoir nécessaire à ses policiers pour contrôler les allées et venues dans ses différents parcs. Si l’achalandage devenait problématique dans certains parcs, les policiers auront le pouvoir de les fermer.

«Le parc des Chutes de la Chaudière fera l’objet d’un suivi particulier allant même au contrôle des entrées et des sorties», a mentionné le premier magistrat. «Nous avons constaté qu’il pouvait y avoir une problématique. Le parc des Chutes de la Chaudière, c’est un peu les plaines d’Abraham de Lévis. C’est normal qu’il y ait plus de gens qui désirent s’y rendre. Mais on va contrôler le tout.»

Gaétan Drouin a mentionné que les policiers continueront aussi de patrouiller aux abords des résidences privées pour aînés pour s’assurer que les gens respectent les règles de confinement. Toute intervention est cependant faite à la demande de la Santé publique. Jusqu’ici, les demandes concernaient autant des gens qui voulaient absolument visiter une personne aînée que des aînés qui désiraient sortir de la sa résidence.

Le maire Lehouillier a indiqué qu'il n’était pas question pour Lévis de se doter d’un règlement visant à baisser le montant des amendes des constats d’infraction. «Il fait que les gens sachent qu’il y a une coercition.»

Depuis mardi, l’Hôtel-Dieu de Lévis est illuminé aux couleurs de l’arc-en-ciel afin de souligner le travail exceptionnel du personnel du domaine de la santé. Une initiative du Groupe Satir Productions.