En Allemagne, commerces d’alimentation, librairies, garages, magasins de vêtements et autres fleuristes peuvent de nouveau accueillir des clients. Fédéralisme oblige, la mesure sera appliquée de façon sensiblement différente dans les 16 États-régions du pays, et de nombreux commerces resteront encore porte close dans la capitale Berlin lundi.
En Allemagne, commerces d’alimentation, librairies, garages, magasins de vêtements et autres fleuristes peuvent de nouveau accueillir des clients. Fédéralisme oblige, la mesure sera appliquée de façon sensiblement différente dans les 16 États-régions du pays, et de nombreux commerces resteront encore porte close dans la capitale Berlin lundi.

COVID-19: l’Europe entame un déconfinement à haut risque

BERLIN — Jugeant la pandémie de coronavirus «sous contrôle», l’Allemagne a commencé lundi son déconfinement, une lente et délicate opération dans une Europe cloîtrée depuis des semaines, encore meurtrie par la maladie, mais impatiente de relancer son économie.

À ce jour, le continent européen a payé le plus lourd tribut, comptabilisant près des deux tiers des 165 216 morts recensés dans le monde lundi à la mi-journée.

L’Italie a été le pays le plus touché (23 660 décès), suivi de l’Espagne (20 852), la France (19 718) et du Royaume-Uni (16 060), selon un dernier bilan de l’épidémie établi à partir de sources officielles.

Avec 135 000 cas recensés et environ 4000 décès, la pandémie est en Allemagne «sous contrôle et gérable», ont jugé les autorités, qui ont autorisé la réouverture lundi matin des magasins d’une surface inférieure à 800 m2.

Commerces d’alimentation, librairies, garages, magasins de vêtements et autres fleuristes peuvent de nouveau accueillir des clients. Fédéralisme oblige, la mesure sera appliquée de façon sensiblement différente dans les 16 États-régions du pays, et de nombreux commerces resteront encore porte close dans la capitale Berlin lundi.

Dans la ville de Leipzig, Manuela Fischer, propriétaire d’une boutique de mode, se disait «incroyablement heureuse» de rouvrir son commerce, tout en sortant ses modèles en terrasse sous le soleil printanier.

Lieux culturels, bars, restaurants, terrains de sports demeurent néanmoins fermés. Les grands rassemblements tels que les concerts ou compétitions sportives, sont toujours interdits, au moins jusqu’à fin août. Écoles et lycées rouvriront progressivement à partir du 4 mai.

Les rassemblements de plus de deux personnes restent proscrits, une distance minimale de 1,5 mètre est censée être observée dans les lieux publics, et le port du masque «fortement recommandé».

La situation reste «fragile», a prévenu la chancelière Angela Merkel. «Nous sommes au début de la pandémie et nous sommes encore loin d’être sortis de l’auberge», a-t-elle déclaré, jugeant qu’il serait «extrêmement dommage de connaître une rechute».

Cette stratégie de sortie de crise, mise en œuvre par l’Allemagne, locomotive économique du vieux continent, est scrutée par une Europe qui vit sous cloche depuis près d’un mois, et dont certains pays s’apprêtent à entamer le défi du confinement à mesure que la maladie y apparaît contenue.

Retrouver les copains

Le défi est énorme : relancer progressivement l’activité, contenir les impatiences des populations enfermées, voire les risques d’explosion sociale, tout en prévenant une possible résurgence du virus et en préservant des systèmes sanitaires saturés.

Signe de l’urgence économique, la Banque d’Espagne prévoit pour 2020 une chute vertigineuse, «sans précédent dans l’histoire récente», de 6,6 % à 13,6 % du PIB de la quatrième économie de la zone euro en raison de la pandémie.

L’Autriche avait permis mardi dernier la réouverture prudente de ses petits commerces et jardins publics.

La Norvège a commencé lundi à rouvrir ses barnehager, établissements qui englobent crèches et école maternelle, premier pas d’une levée lente et progressive des restrictions décrétées mi-mars.

Silje Skifjell a ainsi déposé ses deux garçons Isaak et Kasper dans une crèche au nord d’Oslo, dont l’aîné était «tellement content de retrouver ses copains».

La France, l’Espagne et l’Italie, qui enregistrent des nombres de malades et de décès en baisse, après des semaines de hausse, se préparent elles aussi à de premières mesures de déconfinement dans les jours ou les semaines à venir.

La France a fait lundi un premier pas en autorisant à nouveau, sous conditions, les visites aux pensionnaires des maisons de retraite.

Au Danemark, les petits commerces ont reçu lundi la permission de rouvrir leurs portes, à condition d’appliquer de strictes mesures d’hygiène et de séparation. Les crèches danoises avaient rouvert le 15 avril.

+

DES MILLIERS DE FAILLITES AU ROYAUME-UNI

Les entreprises ont fait faillite par milliers au Royaume-Uni entre début mars et mi-avril et en bien plus grand nombre qu’il y a un an, à cause de la paralysie économique née du confinement face au coronavirus, d’après une étude publiée lundi.

Selon cette enquête, quelque 21 200 entreprises de plus ont fait faillite sur cette période comparé à l’an passé, soit une envolée de 70 % sur un an.

L’économie britannique est «prise en étau entre une envolée des fermetures d’entreprises et un déficit d’ouvertures de nouvelles sociétés en raison de peurs compréhensibles sur ce que l’avenir réserve», commente Mark Hart, directeur adjoint du Centre de recherche sur les entreprises (ERC).

Parallèlement, le nombre de nouvelles sociétés a chuté de 23 %.

Ces chiffres doivent aussi être lus au regard d’une économie britannique déjà mise à mal par «les incertitudes liées au Brexit», précise l’ERC.

Le secteur des transports a été celui qui a le plus souffert à cause de l’arrêt quasi total des déplacements internationaux et du confinement sur le territoire, avec un nombre de cessations d’activités quasi triplé sur un an.

L’immobilier, les grossistes et les services d’informations sont les autres domaines les plus touchés.

«Le Chancelier de l’Échiquier a dévoilé un ensemble de mesures de soutien important pour les entreprises britanniques, mais nous savons que beaucoup ont du mal à en bénéficier. Si ces difficultés ne sont pas rapidement résolues, nous pourrions voir la poursuite d’un long et lent déclin dans les sociétés privées qui alimentent des millions d’emplois», et une dépression économique au lieu d’une courte récession, avertit l’étude.

Parmi les récentes défaillances d’entreprises, la compagnie aérienne Flybe, déjà en difficulté avant la crise sanitaire, a estimé que la pandémie lui avait porté l’estocade. Virgin Australia a annoncé se mettre volontairement en cessation de paiements, devenant la première grande compagnie aérienne à s’effondrer sous le choc de l’épidémie de coronavirus.  AFP