La porte-parole de l’opposition en matière de santé, Marie Montpetit, a dénoncé les délais observés en Outaouais pour obtenir un résultat après un test de dépistage de la COVID-19.
La porte-parole de l’opposition en matière de santé, Marie Montpetit, a dénoncé les délais observés en Outaouais pour obtenir un résultat après un test de dépistage de la COVID-19.

COVID-19: les délais d’obtention des résultats en Outaouais dénoncés à l’Assemblée nationale

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
La question des délais observés en Outaouais pour obtenir un résultat après un test de dépistage de la COVID-19 a rebondi à l’Assemblée nationale, mardi.

La porte-parole de l’opposition en matière de santé, Marie Montpetit, s’est levée lors de la période de questions pour rappeler que «le nerf de la guerre, c’est l’efficacité du dépistage au Québec», tout en soulignant que «la promesse du ministre il y a plus d’un mois» était de livrer les résultats dans les 24 à 48 heures.

«Savez-vous combien de temps les gens attendent en Outaouais à l’heure actuelle pour avoir un résultat? Dix à 15 jours ouvrables, a mentionné la députée libérale. Comment vous pensez qu’on va réussir à gérer une propagation avec de telles mesures irresponsables?»

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a répliqué que la stratégie de dépistage a évolué au fil des mois, passant d’environ 5000 tests par jour à plus de 35 000 tests par jour.

«Je l’ai répété plusieurs fois: est-ce qu’on peut faire mieux au niveau des délais? La réponse est oui, a-t-il dit. Mais on s’assure de donner le maximum de services à nos citoyens. […] On a même précisé aux citoyens […] ceux qu’on voulait privilégier pour être capable de tester les bonnes personnes, parce qu’il y a beaucoup de gens qui veulent se faire tester.»

La porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Patricia Rhéaume, a pour sa part indiqué mardi que le délai moyen pour que les résultats soient acheminés aux patients est actuellement de sept jours. «Ça peut aller jusqu’à huit à dix jours», a-t-elle précisé.

Le député libéral de Pontiac, André Fortin, estime qu’il s’agit encore là d’un trop long délai, surtout «quand on sait que la période d’isolement, c’est dix jours», a-t-il mentionné au Droit.

Le député libéral de Pontiac, André Fortin

«Si le CISSSO ne réussit pas à diminuer de façon draconienne le nombre de jours où les gens attendent pour leurs résultats, il y a des patients qui n’iront tout simplement pas se faire tester, craint-il. C’est malheureux. Les gens doivent pouvoir se faire tester et faire confiance au système.»

Priorisation

Le ministère de la Santé a annoncé, lundi, une nouvelle priorisation dans le dépistage qui fait en sorte que les personnes asymptomatiques pourraient se voir refuser le test, sauf s’il est recommandé par un médecin ou par la santé publique. L’objectif est de concentrer les efforts sur les personnes présentant des symptômes compatibles avec le virus ou sur celles qui ont été en contact étroit avec un cas confirmé.

«Dans la situation actuelle, on peut comprendre que c’est la seule solution que le gouvernement a à offrir, a réagi André Fortin. [Mais] les gens qui pensent avoir été en contact avec quelqu’un [infecté] et les gens qui sont inquiets devraient pouvoir avoir accès au test.»

«La fameuse machine»

Alors que le CISSSO doit accroître de façon substantielle sa capacité d’analyser localement les prélèvements faits pour le dépistage de la COVID-19 avec la mise en fonction d’un nouvel appareil prochainement, André Fortin juge que le temps presse. «La fameuse machine, il est temps qu’elle arrive, lance-t-il. […] Il avait été promis qu’elle serait en service à la fin du mois d’août. On est presque rendu en octobre et il n’y a toujours pas d’indications claires à savoir quand cette nouvelle machine va être en fonction.»