Presque tous les blocs opératoires du CISSSO tournent au ralenti.
Presque tous les blocs opératoires du CISSSO tournent au ralenti.

COVID-19: les blocs opératoires du CISSSO au ralenti

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
La crise que vit le réseau de la santé se répercute sur les blocs opératoires de l’Outaouais, où une baisse «significative» du nombre de chirurgies a été observée depuis le printemps, forçant les autorités à accorder la priorité aux cas urgents et aux cancers.

À l’interne, on n’hésite pas à parler d’une «crise». Les blocs opératoires du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) tournent presque tous au ralenti, conséquence directe des mesures sanitaires devant être respectées et de la pénurie de main-d’oeuvre pour travailler auprès des patients devant subir une chirurgie.

Le directeur des services professionnels du CISSSO, le Dr Nicolas Gillot, a indiqué mercredi que le réseau régional a effectué «aux alentours de 6500 chirurgies» depuis le 1er avril dernier. Or, au cours des deux dernières années, le volume atteignait entre 10 000 et 10 500 opérations pour la même période

Le Dr Gillot a précisé en point de presse que même au début de la pandémie, «les cas oncologiques ont été priorisés».

Le plan de contingence du CISSSO visait un retour à 70% de la capacité habituelle des blocs opératoires. L’organisation doit toutefois conjuguer cette volonté à la distanciation physique qui doit être respectée dans les salles de récupération et les salles d’attente, qui ne peuvent donc «pas être utilisées à leur plein potentiel».

S’ajoute à cela la pénurie d’infirmières et d’inhalothérapeutes formées pour travailler au bloc opératoire, qui a été accentuée par la réaffectation de certaines de ces ressources vers les soins intensifs pour les patients atteints de la COVID-19.

Le directeur des services professionnels du CISSSO, le Dr Nicolas Gillot

Le CISSSO est donc contraint de prioriser les urgences et les cas oncologiques, ce qui laisse davantage de noms sur les listes d’attente pour les chirurgies dites électives, dont le report n’a pas d’impact à court terme sur la survie des patients. L’ophtalmologie et l’orthopédie sont particulièrement touchées, a fait savoir le Dr Gillot.

Le Dr Gillot a indiqué que des discussions sont en cours avec «plusieurs cliniques de la région» pour déterminer si des chirurgies supplémentaires peuvent y être réalisées, mais cette avenue pourrait dépendre de la «capacité» qui pourrait être «limitée», pour les anesthésiologistes du CISSSO, à offrir du soutien à ces cliniques externes.

L’utilisation «optimisée» du bloc opératoire de l’Hôpital du Pontiac est aussi envisagée, entre autres pour les cas d’ophtalmologie.