Le nombre de personnes tuées par le COVID-19 est reparti à la hausse mardi en Italie, avec 743 morts, après deux jours de baisse.
Le nombre de personnes tuées par le COVID-19 est reparti à la hausse mardi en Italie, avec 743 morts, après deux jours de baisse.

COVID-19: le timide optimisme des scientifiques italiens

ROME — Amorce d’une décrue ou simple pause? Le ralentissement depuis trois jours en Italie de la progression du nouveau coronavirus est perçu comme un signe d’espoir par les experts qui appellent à «ne pas baisser la garde», d’autant que le bilan quotidien reste lourd.


Pays jusqu’ici le plus meurtri au monde par la pandémie avec 6820 morts, l’Italie a enregistré sur trois jours une diminution du nombre des personnes testées positives, de 25 % entre samedi (4821) et mardi (3612), selon le bilan de la protection civile.

La contagion semble confirmer un ralentissement même si celui-ci a été plus modeste (4 %) au cours des dernières 24 heures.

Le nombre de personnes tuées par le COVID-19 est, lui, reparti à la hausse mardi, avec 743 morts, après deux jours de baisse.

Mais la pandémie semble marquer le pas selon les scientifiques italiens qui perçoivent dans son actuelle évolution comme une lueur d’espoir, même s’ils s’empressent de la tempérer.

«Le ralentissement concerne surtout le nord car dans le sud, les chiffres continuent d’augmenter», constate mardi Walter Ricciardi, qui représente l’Italie au sein de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

«Les mesures semblent fonctionner, mais il ne faut pas baisser la garde et faire en sorte qu’elles continuent de fonctionner, donc le fait de rester chez soi est aujourd’hui plus important que jamais», a insisté l’expert, interrogé sur la chaîne d’information Rai News 24.

L’optimisme est aussi mesuré en Lombardie, la région qui paie le plus lourd tribut à la maladie avec plus de 4178 morts, dont 402 entre lundi et mardi.L

La menace du sud

Le nombre des cas de contamination passés à côté des statistiques, parce que non testés, préoccupe aussi les scientifiques, certaines études montrant qu’ils pourraient constituer près de 60 % du nombre total des porteurs du virus. Ces personnes alimentent sans le savoir sa propagation, ce qui pourrait retarder les effets attendus du confinement.

«Dans tous les pays du monde, il est difficile de connaître le nombre exact des personnes contaminées», a expliqué mardi soir le chef du gouvernement Giuseppe Conte, lors d’une conférence de presse organisée en vidéo.

Il a aussi confirmé la doctrine de l’Italie dans cette crise consistant à pratiquer les tests seulement sur les personnes présentant des symptômes de la maladie.

L’attention des spécialistes se tourne aussi à présent vers le sud de l’Italie, sous la menace d’une explosion du nombre des cas après les exodes successifs des habitants travaillant dans le nord qui, dans le foulée des décrets de confinement, ont rejoint leurs proches dans les régions méridionales. Ils ont ainsi contribué à la dissémination du virus dans ces zones, par ailleurs moins bien équipées sur le plan sanitaire.

«La période d’incubation du virus tourne autour des 15 jours et, si on constate une diminution du nombre des cas dans le Nord, nous allons continuer à voir une augmentation dans le Sud», explique Walter Ricciardi.

«Ce n’est donc que dans deux semaines que nous pouvons espérer voir le pays se diriger d’abord vers la stabilisation puis vers une décroissance, mais, je le répète, seulement si les mesures de confinement sont respectées», a-t-il insisté.

«Les chiffres de ces deux derniers jours montrent un ralentissement, mais je suis prudent, je ne veux pas me faire d’illusion», a déclaré mardi Giorgio Gori, le maire de Bergame, vue par les Italiens comme la ville martyre du coronavirus.

«J’espère que les deux semaines de confinement sont en train de porter leurs fruits, mais je ne peux pas vous dire combien de temps nous allons vivre cette situation totalement anormale», a-t-il déclaré au cours d’une rencontre, via Facebook, avec les correspondants de la presse étrangère.

Des experts considèrent que l’importance du nombre des cas enregistrés à Bergame et dans sa région est à corréler au match de 8e de finale aller de la Ligue des champions Atalanta-Valence, le 19 février, qui aurait joué le rôle d’»accélérateur de la propagation du virus» en Lombardie, mais aussi en Espagne après le retour dans leur pays des partisans de Valence.