«Que ce soit à l’aéroport, que ce soit à l’hôpital, on est vraiment en contact avec les personnes qui sont à risque», constate le président de Taxi Coop Sainte-Foy, Joseph Féghali.
«Que ce soit à l’aéroport, que ce soit à l’hôpital, on est vraiment en contact avec les personnes qui sont à risque», constate le président de Taxi Coop Sainte-Foy, Joseph Féghali.

COVID-19: «Le chauffeur de taxi, il est sur le front»

Les chauffeurs de taxi toujours en poste — ils sont beaucoup moins nombreux qu’en temps normal — craignent pour leur santé, craignent d’être contaminés par des clients porteurs du coronavirus SARS-CoV-2. Mais ils continuent de transporter le personnel médical, les facteurs, les personnes voulant faire une épicerie et les voyageurs se rendant à l’aéroport… tout en désinfectant autant que possible leur voiture.

«Ce n’est pas évident», laisse tomber le président de Taxi Coop Sainte-Foy, Joseph Féghali. «Le chauffeur de taxi, il est sur le front, sur la première ligne. Que ce soit à l’aéroport, que ce soit à l’hôpital, on est vraiment en contact avec les personnes qui sont à risque.»

M. Féghali explique cependant que de nombreux chauffeurs ont décidé de rester à la maison. Soit parce qu’ils sont âgés. Soit parce qu’ils sont trop inquiets. Soit parce que la clientèle a fondu. «Nous travaillons avec un effectif réduit.»

Ceux qui sont au volant doivent cependant laver souvent l’habitacle de leur gagne-pain. «Tous les soirs, on désinfecte, et après les clients», assure Joseph Féghali.

«Mais il nous manque de gel antiseptique. Il n’y en a plus nulle part.» Les produits nettoyants réputés tuer les virus et les bactéries seraient donc devenus populaires.

Au point d’avoir les mains rougies, avance Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ). «Sur les questions d’hygiène, on travaille fort.»

Lui-même est encore au travail dans son taxi. Et il regrette que quelques clients semblent prendre à la légère les mesures mises en place par les autorités pour ralentir la COVID-19. «Pour certains, le message du gouvernement ne passe pas, ou il s’en fout.» M. Homsy n’apprécie pas se faire tousser dans le dos.

Tout le monde doit s’y mettre, demande-t-il.

Mais ils sont peu nombreux, les clients. «Au lieu de deux par heure, c’est quasiment deux par jour», affirme-t-il. «C’est très tranquille.»

Deux clients, pas plus

Vendredi, Taxi Coop Québec a publié un communiqué pour, entre autres, inviter ces clients au calme. «Merci d’être patients avec nos téléphonistes qui font tout leur possible pour vous fournir une voiture. Un merci tout particulier à tous les chauffeurs qui, malgré cette situation exceptionnelle, sont sur la route. Soyez indulgents avec eux.»



« Prenez note que, à partir de maintenant, nous n’accepterons à bord de nos véhicules que deux (2) personnes à la fois. »
Mohamed Dardari, président Taxi Coop Québec

Taxi Coop Québec restreint par ailleurs l’accès à sa flotte. «Prenez note que, à partir de maintenant, nous n’accepterons à bord de nos véhicules que deux (2) personnes à la fois, lesquels devront prendre place à l’arrière», a déclaré le président Mohamed Dardari. «Également nous privilégions les paiements par carte de débit ou de crédit afin d’éviter, le plus possible, tout contact direct entre les personnes.»

Transporter l’épicerie

Chez Taxi Laurier, la directrice générale, Élizabeth Hamel lance quant à elle un appel aux entreprises qui manquent de livreurs : épiceries, pharmacies et autres commerces. Plusieurs sont débordés par l’afflux de commandes en ligne, de boîtes à distribuer.

Avec un achalandage de «à peu près 25%», Mme Hamel a beaucoup de véhicules disponibles, dont des «Caravan».

La crise risquant fort de s’étirer — «Je ne pense pas que ça va durer juste 2 semaines.» — elle perçoit dans ce nouveau marché une opportunité de diversification : «J’ai encore des chauffeurs. On veut leur donner quelque chose à faire.»

Aussi pour alléger le fardeau des propriétaires de taxis pendant cet épisode pandémique, Abdallah Homsy demande au gouvernement de reporté le paiement annuel de l’immatriculation. La facture de 1100 $ doit être payée avant la fin du mois, dit-il.