Le Brésil est devenu vendredi le deuxième pays au monde derrière les États-Unis pour le nombre de morts du coronavirus, avec 41 828 décès.
Le Brésil est devenu vendredi le deuxième pays au monde derrière les États-Unis pour le nombre de morts du coronavirus, avec 41 828 décès.

COVID-19: le Brésil, deuxième pays le plus endeuillé, nouvelle vague redoutée aux États-Unis

RIO DE JANEIRO — Le Brésil est devenu vendredi le deuxième pays du monde le plus endeuillé par la pandémie de COVID-19 derrière les États-Unis, où plusieurs États enregistrent une affluence de nouveaux malades, ce qui fait craindre une deuxième vague de contaminations. 

Avec 41 828 décès recensés depuis le début de l'épidémie, le Brésil a dépassé le Royaume-Uni en nombre de morts du coronavirus. Le plus grand pays d'Amérique latine, géant de 212 millions d'habitants, est aussi le deuxième pour le nombre de contaminations enregistrées derrière les États-Unis, avec 828 810 cas.

«La situation du Brésil est inquiétante, l'ensemble des États sont affectés», a déclaré vendredi Mike Ryan, le directeur des questions d'urgence sanitaire à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). «Le système de santé n'est pas totalement saturé, mais dans certaines régions il y a une forte pression sur l'occupation des lits de soins intensifs», a-t-il ajouté.

Le président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui minimise la pandémie depuis le début et prône la reprise des activités économiques, a suscité un tollé après avoir demandé jeudi soir à la population de filmer des hôpitaux pour vérifier leur occupation, mettant en doute le manque de respirateurs et de lits en soins intensifs dénoncés par les soignants.

Toujours en Amérique latine, épicentre de la pandémie avec près 75 000 morts au total, le Mexique et le Chili ont enregistré vendredi leurs pires chiffres quotidiens. Le Mexique totalise 5 222 décès et le Chili 2 870.

Après avoir atteint un plateau, les États-Unis (plus de 114 000 décès) font face à une hausse des cas dans plusieurs États dont l'activité a redémarré dès avril. Pour autant, «nous ne pouvons pas fermer l'économie de nouveau», a prévenu le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Même scénario en Afrique du Sud où le nombre de nouveaux cas a bondi de plus de 10 000 en un jour, atteignant près de 62 000 vendredi, une semaine après le relâchement du confinement.

Au total, la COVID-19 a fait plus de 425 282 morts, et infecté plus de 7,6 millions de personnes dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles samedi à 01h30 GMT.

Accusés d'avoir mal géré la crise sanitaire ou d'agir à contretemps, des gouvernements se retrouvent sur le banc des accusés un peu partout dans le monde.

Le Chili a enregistré vendredi ses pires chiffres quotidiens et totalise 2 870 décès.

Pourrait-il y avoir une résurgence de l'épidémie de COVID-19 dans le pays où elle est apparue, voici six mois ? La municipalité de Pékin a fait fermer vendredi deux marchés et reporter la rentrée d'élèves du primaire après l'apparition de trois nouveaux cas dans la capitale chinoise.

En Europe, l'heure des comptes semble avoir sonné.

Le premier ministre italien Giuseppe Conte a été entendu vendredi pendant près de trois heures sur la gestion par son gouvernement de la crise du coronavirus par la procureure de Bergame, ville martyre de Lombardie et épicentre de l'épidémie qui a fait près de 34 000 morts dans la péninsule. Le gouvernement central et les dirigeants lombards se rejettent la responsabilité de la progression fulgurante du virus dans cette région et de la saturation du système hospitalier.

La colère monte aussi en France, où une soixantaine de plaintes ont été déposées contre des membres du gouvernement.

L'ancien ministre de l'Économie Arnaud Montebourg a estimé vendredi que l'État français avait été «lamentable» et que «beaucoup de morts auraient pu être évitées».

En Grande-Bretagne, les compagnies aériennes British Airways, EasyJet et Ryanair ont décidé d'attaquer en justice le gouvernement pour tenter de mettre fin à la quatorzaine imposée aux voyageurs arrivant au Royaume-Uni à l'approche de la saison estivale, au moment où le Bureau national des statistiques révélait que le PIB s'est effondré de 20,4% en avril.

Crises humanitaires 

L'épidémie menace de provoquer des crises humanitaires en cascade. Dernière en date: les centaines de milliers de marins bloqués en mer, certains «depuis 15 mois», à cause des restrictions liées à la pandémie, a déploré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, appelant tous les pays à faciliter leur relève. Le transport maritime, crucial, constitue plus de 80% des échanges commerciaux.

En Iran, les autorités ont de nouveau exhorté la population à porter un masque en public alors que l'épidémie progresse toujours dans le pays le plus touché du Moyen-Orient.

En Iran, pays le plus touché du Moyen-Orient, les autorités ont de nouveau exhorté la population à porter un masque en public.

Après avoir dévissé jeudi sur fond de craintes d'une deuxième vague aux États-Unis, les Bourses asiatiques et européennes se sont ressaisies vendredi, et Wall Street a clôturé en hausse (Dow Jones +1,90%, Nasdaq +1,01%).

En Europe, la situation continue de s'améliorer. Aussi, dès le 15 juin, les restrictions de circulation devraient être levées à l'intérieur de l'UE par les trois quarts des États membres. Dès lundi, l'Allemagne lèvera ses contrôles aux frontières, et la Norvège s'ouvrira aux pays nordiques, sous conditions. La France a annoncé qu'elle rouvrirait progressivement ses frontières extérieures de l'espace Schengen à partir du 1er juillet.

Yeux doux aux touristes 

Dans cette perspective, les pays les plus dépendants de la période estivale font les yeux doux aux étrangers. «L'été grec, c'est plus que la mer et le soleil... c'est un état d'esprit», promet la Grèce, où les premiers touristes devraient atterrir lundi.

«L'Espagne vous attend», a lancé Madrid, alors qu'une première région espagnole, la Galice (nord-ouest), sera totalement déconfinée lundi - avec néanmoins port du masque obligatoire jusqu'à un futur vaccin.

Celui-ci n'existe pas encore, mais la Commission européenne s'est félicitée vendredi d'avoir reçu un «soutien politique clair» des États membres à son idée de contrats d'achat anticipés, qui permettraient à l'UE un accès privilégié au futur vaccin et aux laboratoires d'investir dans des capacités de production.

«L'Espagne vous attend», a lancé Madrid pour tenter d'attirer les touristes. 

L'UE apparaît nettement plus divisée sur son plan de relance économique, qui prévoit de distribuer 750 milliards d'euros sous forme de subventions et de prêts. La France, espérant un accord pour juillet, a entamé des discussions bilatérales avec les Pays-Bas, la Suède, le Danemark et l'Autriche, attachés à la rigueur budgétaire et réservés sur le plan.

Le retour à la normale reste donc lointain, mais les amateurs de football italiens se consolent avec la reprise des matchs ce week-end. Une minute de silence en mémoire des victimes du coronavirus sera respectée avant chaque rencontre.

Le stade de Bergame, symboliquement choisi pour l'occasion, a accueilli vendredi soir une affiche de légende: Juventus de Turin contre AC Milan, en demi-finale retour de la Coupe d'Italie (0-0, Milan éliminé).

Le championnat turc a également repris vendredi avec deux rencontres à huis clos, après presque trois mois de suspension.

Quant à la Fashion Week de Londres, elle s'est ouverte vendredi pour la première fois sans défilés: elle se tient en ligne.