Les conducteurs qui offrent un transport sur la plateforme Amigo Express peuvent maintenant exiger que leurs passagers portent le masque.
Les conducteurs qui offrent un transport sur la plateforme Amigo Express peuvent maintenant exiger que leurs passagers portent le masque.

COVID-19: la nouvelle éthique du covoiturage

«Avec le déconfinement, c’est réel que les gens vont vouloir aller dans leur famille», avance Marc-Olivier Vachon, fondateur et directeur général d’Amigo Express. Cette plateforme de covoiturage pratiquement désertée durant le confinement se prépare à un retour graduel de ses utilisateurs.

Les conducteurs qui offrent un transport sur la plateforme Amigo Express peuvent maintenant exiger que leurs passagers portent le masque. «Dans les détails sur le parcours, quand on annonce un départ, un conducteur peut dire qu’il est une voiture-avec-masque», explique le fondateur d’Amigo Express.

Tant que les autorités n’imposeront pas le masque dans les transports en commun, Amigo Express ne l’imposera pas à ses usagers. Le ministère des Transports demande à la plateforme de covoiturage «de suivre les consignes de la Santé publique et de se fier au bon jugement des Québécois», informe M. Vachon.

Dans cet ordre d’idée, Amigo Express n’impose pas de nombre de passagers maximum par véhicule, une recommandation qui circule pourtant sur certains groupes de covoiturages ayant repris leurs activités sur Facebook. «Pour l’instant, on calque un peu ce qui se fait pour les autobus en ville», explique Marc-André Vachon.


« La distanciation se fait tant qu’elle est possible, mais s’il y a plusieurs personnes dans un autobus les conducteurs n’auront pas à refuser des gens non plus. Donc, ça devient délicat d’imposer une limite de personnes. »
Marc-Olivier Vachon, fondateur et directeur général d’Amigo Express

Pour accommoder leurs membres durant cette période d’incertitude, Amigo Express a assoupli ses politiques d’annulation au cas où un passager ou un conducteur décide d’annuler une fois sur place. «Si une personne a réservé un départ et que finalement il n’est pas à l’aise, peu importe la raison, on crédite les coûts de réservation», affirme le directeur général d’Amigo Express incertain de l’avenir de sa plateforme. «Le covoiturage va survivre, peut-être pas Amigo Express», se désole-t-il.

Amigo Express a créé une page pour relayer de l’information et des recommandations à ses membres. On y demande l’exclusion des personnes avec des symptômes, tout en donnant des recommandations pour bien laver son véhicule. Concernant le covoiturage, le ministère des Transports déconseille de mettre la ventilation en mode recirculation à l’intérieur du véhicule, tout comme il déconseille de changer de siège durant le trajet. Il propose notamment de trouver des partenaires de covoiturage stables «pour éviter la multiplication des interactions», informe Émilie Lord, relationniste et porte-parole à la direction des communications du ministère des Transports.

Le covoiturage essentiel

Jugé comme un service essentiel, le covoiturage continuait d’exister durant le confinement. La poignée d’usagers restants devait limiter ses déplacements à l’essentiel. Selon M. Vachon, qui a fait des vérifications auprès des usagers, ces déplacements étaient essentiellement faits par des travailleurs de la santé et des policiers.