La présidente de la FMSQ, Diane Francoeur

COVID-19: la Fédération des médecins spécialistes va plus loin que la directive du gouvernement 

MONTRÉAL — La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) va plus loin que la directive du gouvernement: elle demande à ses médecins de se placer en isolement volontaire s’ils sont revenus de l’étranger depuis la semaine de relâche - et non pas juste à ceux qui reviendront au cours des prochains jours. Pas question de contaminer les patients, a déclaré vendredi la présidente de la FMSQ, Diane Francoeur.

Jeudi, le premier ministre François Legault a décrété que tout le personnel de la santé est obligé de s’isoler pendant deux semaines lorsque, à compter du jeudi 12 mars, ils reviennent de l’étranger.

Si cette décision s’applique à tous les employés de l’État, ils ne présentent pas tous le même risque, juge Mme Francoeur: un comptable qui travaille pour le ministère des Transports ne pose pas le même risque qu’un médecin qui travaille avec des patients «malades ou très malades».

«Nous, on doit prendre des décisions qui tendent vers le risque zéro», a-t-elle déclaré en entrevue avec La Presse canadienne, vendredi.

C’est pour cela que la FMSQ a augmenté la directive gouvernementale d’un cran: il a été demandé aux médecins spécialistes de se mettre en isolement dès qu’ils sont rentrés au pays, donc, pour plusieurs d’entre eux, cela signifie depuis samedi ou dimanche, lorsqu’ils sont revenus de leurs vacances de la semaine de relâche.

Mme Francoeur soutient que cette décision est basée sur «des évidences scientifiques»: on ne peut pas dire aux médecins revenus de l’étranger mercredi qu’ils ne sont pas dangereux et à ceux qui sont revenus jeudi qu’ils le sont, dit-elle.

«Les virus, ça ne regarde pas le calendrier.»

Mais les médecins spécialistes ne «seront pas assis devant leur télévision», a-t-elle souligné. Certains peuvent continuer à travailler à distance en faisant de la téléconsultation, par exemple.

De plus, la FMSQ a offert les services de ses médecins «en quarantaine» pour épauler les infirmières d’Info-Santé qui répondent au téléphone et dirigent au besoin les patients vers les cliniques de dépistage désignées COVID-19. Les lignes étaient débordées au cours des derniers jours, et les médecins spécialistes ont déjà toute la formation requise pour ce travail et donner un bon coup de main, dit-elle.