Coronavirus: les États-Unis dépassent l’Italie et deviennent le pays le plus touché au monde

WASHINGTON — Les États-Unis ont franchi samedi soir le cap symbolique des 20 000 morts du nouveau coronavirus.

Selon un bilan de l'Université Johns Hopkins, qui fait référence, la pandémie de COVID-19 a tué au moins 20 071 personnes aux États-Unis, où se trouve également le plus grand nombre de cas de contaminations (519 453).

Plus tôt dans la journée, l'Italie, meurtrie quotidiennement depuis des semaines par ce virus ravageur frôlait ce cap des 20 000 morts, selon un comptage de l'AFP.

Au total, depuis son apparition en Chine en décembre, l'épidémie de COVID-19 a tué plus de 100 000 personnes.

Dans les Pouilles (sud-est), deux cents fidèles, n'y tenant plus, ont violé le confinement pour venir prier en ce long congé pascal devant l'église à San Marco in Lamis. Le maire s'est excusé de n'avoir rien pu faire «quand ces personnes sont arrivées et se sont mises à prier à genoux devant la Madone». Le curé, en larmes, a proposé de se faire «crucifier», selon la presse locale.

«Nous ne sommes pas au bout du tunnel, au contraire la fin du tunnel est encore loin, je vous supplie de rester à la maison et de faire attention», a de son côté supplié le responsable italien de la lutte contre la pandémie, Domenico Arcuri.

Ailleurs dans le monde

Outre les États-Unis, les bilans de la pandémie se sont aggravés en France (plus de 13 800 morts) et au Royaume-Uni, où un millier de personnes ont succombé en une journée (près de 10 000 morts), dont un enfant de 11 ans.

Le nombre des décès causés par la pandémie de la COVID-19 a également triplé en huit jours en Belgique avec 3 019 morts enregistrés. Le Brésil a officiellement dépassé la barre des mille morts, dont six premiers décès dans des favelas.

À ce jour, la pandémie a fait au moins 107 064 morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles samedi à 19H00 GMT.

La timide tendance à la baisse de la tension hospitalière dans plusieurs pays montre toutefois que le confinement commence à porter ses fruits. Et l'Espagne (16 353 morts au total) a annoncé samedi une baisse pour le troisième jour d'affilée du nombre de morts quotidiens, avec 510 décès.

Le virus continue cependant de s'y «acharner» par endroits, comme sur la ville martyr de Tomelloso, grosse bourgade viticole au sud de Madrid, où le bilan pour la seule petite maison de retraite locale pourrait atteindre «la cinquantaine de morts», selon une source municipale.

Des dizaines de cercueils sommaires sont en cours d'inhumation dans une fosse commune d'Hart Island, une île au nord-est du Bronx surnommée depuis longtemps l'île des morts

Fosse Commune 

Le président Donald Trump en a convenu vendredi soir: la décision de relâcher les mesures de distanciation et de confinement pour relancer l'économie des États-Unis sera «de loin la plus grande décision de ma vie», a-t-il dit.

Comme tous les pays, les États-Unis doivent prendre garde à ne pas lever les mesures de confinement trop tôt au risque de voir une nouvelle flambée de l'épidémie, ni trop tard ce qui pourrait alourdir une facture économique déjà très douloureuse.

À New York, ville américaine de loin la plus touchée, des images choc filmées par drone par un média local ont montré des dizaines de cercueils sommaires en cours d'inhumation dans une fosse commune d'Hart Island, une île au nord-est du Bronx surnommée depuis longtemps l'île des morts car utilisée depuis le XIXe siècle pour les indigents.

Les écoles publiques de la ville resteront fermées jusqu'à la fin de l'année scolaire, a d'ores et déjà averti le maire Bill de Blasio, ce qui «aidera clairement à sauver des vies».

Roi masqué 

Le gouvernement britannique a exhorté au respect du confinement malgré une fin de semaine ensoleillée, «aussi chaud que soit le temps, aussi tentant que soit votre parc ou votre plage», selon les mots du ministre de la Santé Matt Hancock..

Le confinement a été prolongé en Irlande comme en Italie jusqu'à début mai. Et la Turquie, qui déplore aussi un millier de morts, a confiné 31 villes pendant tout le week-end, plongeant la mégapole Istanbul dans un silence inédit. Habituellement noires de monde, l'emblématique place Taksim et l'avenue Istiklal, les «Champs Elysées turc», étaient complètement vides samedi.

En Inde, le Premier ministre Narendra Modi devrait prolonger de deux semaines la durée du strict confinement imposé à son pays de 1,3 milliard d'habitants. L'Argentine a pris la même décision.

Le port du masque devient obligatoire en Bulgarie ce dimanche, jusqu'au 26 avril. Il l'est déjà au Maroc, où une photo du roi Mohammed VI portant un masque chirurgical lors de l'une de ses audiences est devenue virale. En Iran, le bilan officiel s'élève désormais à 4 357 morts.

Au moment où certains pays européens se préparent à la sortie du confinement, dans le sillage de la Chine, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a souligné qu'une levée trop rapide des restrictions «pourrait entraîner une résurgence mortelle» de la pandémie.

Ceci d'autant plus que le virus pourrait voyager en «aérosol» jusqu'à quatre mètres d'un malade, selon une étude publiée vendredi par les Centres américains de prévention et de contrôle des maladies (CDC).

«Nouveau front»

En Chine, où le virus a été apparemment jugulé, des Africains vivant dans la grande métropole de Canton (sud) subissent vexations et discriminations, après plusieurs cas positifs dans la communauté nigériane. L'Union africaine (UA) a fait part de son «extrême préoccupation».

Quant au continent africain, où près de 13 000 cas de COVID-19 et de 700 morts ont été enregistrés selon les chiffres officiels, «le virus se répand au-delà des grandes villes», s'est inquiétée la cheffe de l'OMS pour le continent, la Dr Matshidiso Moeti, disant craindre «un nouveau front».

Enfin le porte-avions nucléaire français Charles-de-Gaulle, sur lequel 50 marins ont été officiellement testés positifs au coronavirus, arrivera dimanche à Toulon (sud).