Alors que plusieurs familles tergiversent sur le retour en classe, d’autres, comme Céline Guilbeault et son fils Loïc, ont leur idée bien campée. C’est un « non » catégorique.
Alors que plusieurs familles tergiversent sur le retour en classe, d’autres, comme Céline Guilbeault et son fils Loïc, ont leur idée bien campée. C’est un « non » catégorique.

Confiné depuis un an, Loïc n’ira pas à l’école en mai

Alors que plusieurs parents tergiversent sur le retour en classe, d’autres, comme Céline Guilbeault, ont leur idée bien campée. C’est un « non » catégorique. La réponse est, peut-on dire, facile à prendre dans son contexte.

Son fils Loïc est confiné depuis 11 mois. Rien à voir avec les quelques semaines imposées à l’ensemble de la population pour combattre la COVID-19.

Loïc, 11 ans, de Gatineau, se bat contre autre ennemi redoutable, la leucémie. Ses traitements de chimiothérapie le rendent immunosupprimé. Autrement dit, son système immunitaire ne lui permet pas de se défendre en cas d’infection.

Si les enfants se tirent mieux d’affaire devant le coronavirus, un jeune comme Loïc n’a pas le luxe du moindre risque de contact avec des porteurs du virus, à l’école ou sur un terrain de jeu.

« Pas d’école en mai, c’est certain, lance Mme Guilbeault. Peut-être même en septembre, on verra. Il est encore à risque, et si les conditions actuelles ne se sont pas améliorées, si le virus est encore bien présent dans la population, on n’ira pas à l’école. »

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Comme plusieurs enfants combattant un cancer, Loïc a atteint une certaine maturité, une force mentale peu commune.


« Les gens savent maintenant ce que c’est que d’être confiné. Ça fait six semaines. Loïc, ça va bientôt faire un an. »
Céline Guilbeault

Le Droit l’a rencontré une première fois au début du mois de février, alors que la vie « normale » suivait son cours. Il venait d’avoir l’autorisation de sortir de chez lui pour participer au lancement du Défi des chefs Leucan et entamer un retour progressif dans la société.

À cette étape du traitement de chimiothérapie, il pouvait retourner à l’école, et enfin voir ses amis.

« Pour Loïc, c’est le plus difficile. Ne pas voir ses amis est pire que d’aller au Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario (CHEO) pour avoir ses traitements et ses ponctions lombaires. » La famille se réjouit de ne constater aucun cas de COVID-19 au CHEO.

« Les gens savent maintenant ce que c’est que d’être confiné. Ça fait six semaines. Loïc, ça va bientôt faire un an. »

Un an à se laver les mains deux fois plutôt qu’une, à porter un masque pour aller à l’épicerie, et à désinfecter emballages et denrées au retour à la maison.

« Le coronavirus ajoute du stress. On n’a plus la même routine lorsqu’on va au CHEO. Je ne peux plus être avec lui lorsqu’il faut faire des traitements. »

Il leur reste un petit plaisir de la vie. La famille, qui possède un bateau, espère avoir le droit d’accéder à cette autre « bulle » familiale dans les prochaines semaines. Pas d’amis ni d’invités. La navigation restera une affaire de famille, qui, espèrent-ils, leur permettra de changer d’air et de garder le moral.