Le voyageur de Granby et sa conjointe sont dans la région de Sosua, une péninsule de la République dominicaine jusqu’ici à l’abri de la COVID-19.
Le voyageur de Granby et sa conjointe sont dans la région de Sosua, une péninsule de la République dominicaine jusqu’ici à l’abri de la COVID-19.

Confiné au paradis

À l’instar de plusieurs milliers de Canadiens coincés à l’étranger pendant la pandémie de coronavirus, un homme de Granby se trouve en République Dominicaine. Actuellement à l’abri de la COVID-19, celui qui s’estime privilégié d’être confiné «au paradis» y est témoin d’une réalité tout autre pendant la pandémie.

Le Granbyen, qui n’a pas souhaité être identifié dans le cadre de ce reportage, est arrivé en République dominicaine à la mi-février pour rejoindre sa compagne des 17 derniers mois, qui ne peut pas rentrer dans son pays d’origine en Amérique du Sud puisque celui-ci a fermé hermétiquement ses frontières.

Elle ne pourrait pas non plus venir au Canada avec lui puisqu’elle y est considérée comme une étrangère. Ce faisant, tous deux demeurent dans l’appartement de Sosua où ils avaient de toute manière prévu séjourner jusqu’à la fin avril.

«Ici c’est comme une enclave, témoigne l’homme via Messenger. Autour, il y a beaucoup de tout-inclus, tous fermés. Mais aussi quelques complexes résidentiels de maisons et d’appartements. Les chances de le contracter sont minimes, mais je demeure confiné pour limiter les risques.»

La République dominicaine, comme plusieurs autres pays d’Amérique latine, a décrété un couvre-feu à 17 heures chaque jour, mentionne le touriste. «Si tu es encore dans la rue après 17 heures, la police et l’armée peuvent t’envoyer en prison, où tu pourras rencontrer plein de nouveaux amis, peut-être contagieux», ironise-t-il.

«S’ils ont mis le couvre-feu, c’est pour une raison, poursuit-il. Les gens sortaient...»

Rationnement et approvisionnement

Notre source était entrée en contact avec l’auteure de ces lignes après avoir lu un article portant sur une solution implantée par le Granbyen Philippe Lusignan dans des supermarchés de la région, qui permet de passer une commande d’épicerie via un chatbot sur Facebook, diminuant du même coup le temps d’attente sur les sites transactionnels des commerces, de même que les délais de livraison.

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«Ici, on est encore à l’âge de pierre pour les commandes d’épicerie. Une sur trois offre la livraison, mais il faut envoyer notre liste par courriel parce qu’elle n’a pas de site Web», explique le voyageur qui, vendredi midi, attendait toujours une réponse à sa commande placée jeudi.

«J’ai essayé de planifier tout ce que j’ai pu, ajoute-t-il. Je rationne, tant que je n’ai pas de nouvelles d’un approvisionnement fiable.»

Le Granbyen s’estime néanmoins chanceux d’être dans sa situation privilégiée. «J’ai tout ce qu’il me faut, je suis en sécurité. J’ai le ventre plein. Je suis un chanceux poigné au paradis dans une enclave où il n’y a pas encore de COVID...», allègue-t-il.

«La réalité d’ici, c’est du pauvre monde qui n’a pas une cenne et qui fait la file au supermarché pour ne s’acheter presque rien tous les jours», renchérit-il.

Le ministère de la Santé de la République dominicaine avait recensé 1284 cas positifs et 57 décès en date du 31 mars.