Selon le président de l’Association Coiffure Québec, les clients peuvent s’attendre à une hausse de 10 % du prix habituel. Cette hausse s’explique en partie par la nouvelle réalité apportée par la COVID-19, mais également par la hausse du salaire minimum en mai dernier. Sur la photo: un salon de coiffure à Rome.
Selon le président de l’Association Coiffure Québec, les clients peuvent s’attendre à une hausse de 10 % du prix habituel. Cette hausse s’explique en partie par la nouvelle réalité apportée par la COVID-19, mais également par la hausse du salaire minimum en mai dernier. Sur la photo: un salon de coiffure à Rome.

Coiffure : la blouse surprise

«C’est un désastre», lance le président de l’Association Coiffure Québec (ACQ), Stéphane Roy, concernant l’obligation pour les coiffeurs de porter un «survêtement» en travaillant et de le changer entre chaque client. Selon lui, cette mesure ne figurait pas dans l’ébauche finale des mesures de réouverture des salons de coiffure qu’on lui avait transmise.

Stéphane Roy et l’ACQ ont participé aux échanges préparatoires à la reprise des activités des salons de coiffure, qui pourra se faire à partir du 1er juin, a annoncé le gouvernement, mercredi. À sa connaissance, le port de la blouse et des gants avait été écarté assez rapidement des discussions. «Ils n’en parlaient plus et voilà qu’ils nous arrivent avec une blouse», déplore M. Roy.

«Quand on a eu l’ébauche finale, on avait le droit de faire des commentaires», précise le président de l’ACQ dont le téléphone ne dérougit pas depuis l’annonce de la réouverture des salons et la mise en ligne de la trousse de la CNESST pour son domaine d’activité. Il faut dire que les coiffeurs et coiffeuses partagent ce guide avec les autres professions comprises dans les soins personnels et de l’esthétique. 

Cette mesure semble moins embêter la propriétaire du salon de coiffure Au deuxième à Québec. «Personnellement, je travaille toujours avec un tablier», déclare Evlynn Paré. «Pour moi, ça fait déjà partie du quotidien. La seule différence, c’est qu’on va faire plus de lavage, car on doit changer entre chaque client», explique-t-elle.

Dans la guide de la CNESST, on décrit le «survêtement» que devront porter les travailleurs des soins personnels et d’esthétique par les termes «sarrau ou blouse». «Il y a des petites choses sur lesquelles on n’est pas tout à fait certain», admet Evlynn Paré. Elle et ses collègues auraient aimé plus de précisions concernant le domaine de la coiffure lui-même. «La cape, c’est sûr qu’on va la changer entre chaque client, mais ça n’en parle pas», donne-t-elle en exemple.

Ces mesures s’accompagnent de défis financiers et logistiques importants. Selon le président de l’ACQ, les clients peuvent s’attendre à une hausse de 10 % du prix habituel. Cette hausse s’explique en partie par la nouvelle réalité apportée par la COVID-19, mais également par la hausse du salaire minimum en mai dernier.

Réouverture en deux temps

«On s’y attendait et on comprend», exprime Stéphane Roy qui pratique lui-même à Montréal et qui devra attendre avant de reprendre ses ciseaux comme ses collègues des autres régions. «Les gens de Montréal n’ont pas peur de perdre leur client. Les coiffeurs en région seront tellement débordés qu’ils n’auront pas le temps de prendre de nouveaux clients», précise-t-il.

Evlynn Paré espère aussi que la clientèle sera compréhensive à ce niveau. «On a quand même deux mois de rendez-vous à reprendre avant de pouvoir prendre de nouveaux clients», explique-t-elle.