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Les audiences publiques dans le cadre de l’enquête du coroner sur les décès de résidents au CHSLD Laflèche dans les premiers mois de la pandémie de COVID-19 se dérouleront la semaine prochaine au palais de justice de Shawinigan.
Les audiences publiques dans le cadre de l’enquête du coroner sur les décès de résidents au CHSLD Laflèche dans les premiers mois de la pandémie de COVID-19 se dérouleront la semaine prochaine au palais de justice de Shawinigan.

CHSLD Laflèche: des audiences pour aller chercher «le bout manquant»

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
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Les quatre jours d’audiences publiques, qui se tiendront à Shawinigan cette semaine dans le cadre de l’enquête du Bureau du coroner sur les décès de personnes âgées ou vulnérables survenus dans des milieux d’hébergement au cours de la pandémie de COVID-19, raviveront de tristes souvenirs pour les personnes touchées, de près ou de loin, par la grave éclosion au CHSLD Laflèche, qui a coûté la vie à 44 de ses résidents le printemps dernier.

De lundi à jeudi inclusivement, plusieurs témoins seront en effet entendus au palais de justice de Shawinigan afin de faire la lumière spécifiquement sur un décès survenu en avril 2020 à l’intérieur des murs du milieu de vie du secteur Grand-Mère. Des dirigeants du CIUSSS Mauricie – Centre-du-Québec, des représentants syndicaux, des proches de la résidente dont le décès a été ciblé, des médecins, des employés ainsi qu’un enquêteur de la Sûreté du Québec défileront entre autres devant la coroner mandatée pour diriger cette enquête, Me Géhane Kamel, afin de raconter leurs versions des faits.

Parmi ces personnes, on retrouve Sofie Réunis, dont la mère est décédée au CHSLD Laflèche. Même si elle doit réserver ses commentaires pour plus tard en raison des audiences prévues au cours des jours à venir, elle précise que ce qui est primordial, «c’est de faire la lumière sur les circonstances du décès de ma mère. Parce que depuis un an, on soupconne, on s’imagine, on essaie de rassembler les morceaux pour se créer une histoire. Dans mon cas, les portes de Laflèche se sont fermées le 14 mars 2020 et ma mère y est décédée le 6 avril 2020 (82 ans), sans aucune nouvelle d’elle, ni de son état de santé, sans qu’on retourne mes multiples appels. Rien. Jamais. Alors, je m’en vais chercher le bout manquant…. ces trois semaines de cachotteries m’appartiennent. Je travaille le dossier de 10 à 12 heures par jour, depuis 1 an, sans relâche ou presque. Alors j’attends cette première étape avec impatience.»

On se rappellera que 107 des 138 résidents et 84 membres du personnel de l’établissement de soins de longue durée shawiniganais ont été infectés par le coronavirus causant la COVID-19 au cours des premiers mois de la pandémie.

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), Nathalie Perron, espère que ces audiences, ainsi que le rapport qui découlera de l’enquête, mettront en lumière les lacunes du système de santé que dénoncent ses membres depuis un bon moment et qui, selon elle, ont été grandement amplifiées en raison de la pandémie. De plus, elle considère que l’importance de la crise qui a frappé le CHSLD Laflèche justifie que le coroner s’y intéresse plus particulièrement.

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), Nathalie Perron.

«C’est extrême ce qui s’est passé là-bas. À ce moment-là, nous travaillions pour qu’il y ait des vestiaires, plus de désinfection et que les zones [touchées] soient mieux fermées pour protéger le personnel ainsi que la population. On veut que les constats servent, notamment ici en Mauricie et au Centre-du-Québec, pour que ça ne se reproduise plus jamais des situations comme celle-là», mentionne la dirigeante syndicale.

Cette dernière tient aussi à rappeler que cette éclosion, tout comme celles qui ont touché d’autres établissements tombant sous la juridiction du CIUSSS – MCQ, a eu des conséquences graves pour des membres du syndicat qu’elle préside et d’autres acteurs du milieu de la santé. Certains de ceux ayant été infectés ont notamment été gravement malades tandis que d’autres, n’ayant pas contracté le virus, ont tout de même dû prendre une pause prolongée pour se refaire une santé mentale.

«Il y a des gens qui ne sont pas encore revenus au travail», mentionne-t-elle.

Fait à noter, il est prévu que la vice-présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), Chantal Boucher, témoigne lors de la dernière journée des audiences, le jeudi 29 avril.

Pas de chasse aux sorcières, espère Michel Angers

Ayant déclaré plus d’une fois au cours de la dernière année que l’éclosion au CHSLD Laflèche a été l’une des crises les plus difficiles qu’il a dû traverser depuis le début de sa carrière politique, le maire de Shawinigan, Michel Angers, souhaite également que ce processus permette de trouver des solutions afin que ne soient pas répétées les erreurs du passé. Il tient cependant à ce que l’enquête ne se transforme pas en chasse aux sorcières.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers. ­

«Je ne veux pas que l’on se mette à la recherche de coupables. Je ne veux pas qu’on essaie de savoir qui des infirmières, des préposés ou de la direction du CIUSSS ont manqué leur coup. On s’est retrouvé dans une pandémie que personne ne connaissait. On n’avait jamais vu ça. Tout le monde a fait son possible», fait-il valoir.

Précisons qu’en raison de la situation sanitaire actuelle, les personnes qui voudront assister aux audiences devront le faire par vidéoconférence ou par téléphone.


- En collaboration avec Marc-André Pelletier