L'utilisation d'un ventilateur en classe et une rotation dans une aire commune climatisée dans l'école ne sont plus possibles dans le contexte de la COVID-19.
L'utilisation d'un ventilateur en classe et une rotation dans une aire commune climatisée dans l'école ne sont plus possibles dans le contexte de la COVID-19.

Chaleur dans les écoles en temps de COVID-19: des inquiétudes en Outaouais

Prétextant que les «solutions du passé» telles que l'utilisation d'un ventilateur en classe et une rotation dans une aire commune climatisée dans l'école ne sont plus possibles dans le contexte de la COVID-19, un syndicat presse les commissions scolaires de la région d'établir un plan de match concret en cas de vague de chaleur comme celle prévue cette semaine.

Dans une lettre dont Le Droit a obtenu copie acheminée lundi aux directions générales des commissions scolaires des Draveurs (CSD), des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) et au Coeur-des-Vallées (CSCV) ainsi qu'aux directions d'écoles, le Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO) affirme qu'il «cela fait des années que le sujet revient dans (les) comités de relations de travail» et que des solutions doivent être trouvées dans les plus brefs délais, sachant que les établissements ne sont pas climatisés.

Le syndicat soutient que les commissions scolaires refusent que les enseignants des écoles primaires rouvertes depuis le 11 mai installent un ventilateur dans leur salle de classe puisque la Santé publique aurait indiqué que ceux-ci peuvent «contribuer à la dispersion de gouttelettes contenant le virus en présence de personnes infectées, que celle-ci soient symptomatiques ou non». Comme les enfants demeurent confinés dans un seul local toute la journée excluant lors des récréations afin de respecter les consignes de distanciation sociale et de limiter les déplacements, il serait aussi impossible pour les enseignants de circuler pour se rendre dans une zone d'air conditionné, par exemple une salle polyvalente, une bibliothèque ou encore un gymnase. 


« Par le passé, il n'est pas dans certaines salles de classe la température pouvait atteindre 40 degrés Celsius. Il peut y avoir différentes raisons, le problème n'est pas tant que le bâtiment soit vieux ou pas. »
Suzanne Tremblay

Compte tenu de ces nouvelles restrictions et que d'autres canicules pourraient survenir d'ici à la fin de l'année scolaire à la fin juin, le SEO demande à l'employeur de trouver des alternatives. 

Se basant sur un document gouvernemental publié lors de la réouverture des écoles qui indique que «les établissements ont la marge de manœuvre pour adapter l’horaire (entrée et sortie des élèves à des heures différentes)», le syndicat propose par exemple que l'on prévoit la fin des classes à midi ou encore que l'on donne des pauses plus fréquentes (15 minutes après chaque heure d'enseignement) lors d'épisodes de chaleur excessive. 

«Dans le contexte actuel, cela pourrait se faire en utilisant toutes les ressources disponibles, et ce, sans coût supplémentaire et ainsi être conforme aux normes de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et reconnaître l’importance de maintenir des conditions de travail qui respectent la santé, la sécurité et l’intégrité physique des enseignants. Si les pistes de solutions ne conviennent pas, le syndicat, au nom de ses membres, demande à la direction générale quelles solutions elle entend mettre sur pied pour fournir des conditions de travail et/ou une aération convenable. Va-t-on attendre que des absences massives surviennent, comme dans le réseau de la santé, avant d’agir», peut-on lire dans la missive.

La présidente du SEO, Suzanne Tremblay, affirme que l'organisation a été «inondée de courriels d'inquiétudes d'enseignants» depuis vendredi dernier face au contexte actuel et aux prévisions météo.

«C'est pour cela qu'on demande aux commissions scolaires de poser des actions dès maintenant. J'espère qu'ils réfléchissent à un plan. Ça fait longtemps qu'on se questionne là-dessus. Le problème, c'est que plus les années avancent, plus on connaît de grandes périodes de chaleur. On espère que la situation actuelle les amènera à penser au futur. On ne voudrait pas non plus que l'inquiétude actuelle se transforme en un sentiment de colère», lance-t-elle, rappelant du même coup que les buvettes dans les écoles ont été condamnées pour le reste de l'année scolaire.

Suzanne Tremblay, présidente du SEO

Selon le syndicat, l'ouverture très tôt en journée des fenêtres des établissements pour faire circuler l'air n'est pas une mesure suffisante lors de vagues de chaleur. 

«Par le passé, il n'est pas dans certaines salles de classe la température pouvait atteindre 40 degrés Celsius. Il peut y avoir différentes raisons, le problème n'est pas tant que le bâtiment soit vieux ou pas. Il y a par exemple des classes orientées plein sud. [...] Dans le passé, les enseignants se procuraient souvent à leurs propres frais des ventilateurs pour permettre la circulation de l'air. Depuis plusieurs années, on demande qu'un protocole clair soit mis en place pour savoir quoi faire en cas de grande chaleur. Dans le contexte actuel de pandémie, il faut agir», poursuit Mme Tremblay.

Le SEO pousse même la réflexion un peu plus loin en se questionnant à savoir s'il n'y aurait lieu d'établir un seuil de température maximal qui, lorsqu'atteint ou dépassé, signifierait qu'on envisage la fermeture des écoles. Le syndicat prétend d'ailleurs qu'un inspecteur de la CNESST aurait recommandé une telle solution lors d'une récente réunion avec la CSCV, ajoutant cependant que la décision finale revenait à l'employeur puisque les normes liées à la chaleur s'appliquent à d'autres types d'industries.

Invitée à réagir, la CSD a répondu en fin de journée lundi qu'elle avait actuellement des pourparlers avec les instances syndicales à ce sujet et qu'elle ne souhaitait pas négocier sur la place publique.

Le ministère de l'Éducation n'avait pas rappelé Le Droit au moment d'écrire ces lignes pour confirmer si des directives liées à l'utilisation de ventilateurs dans les écoles avaient été données aux commissions scolaires. 

De son côté, l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) affirme qu'il n'a pas émis de consigne à ce sujet pour le réseau scolaire.