Installé derrière le lanceur des Diamants Jonathan Landry, l'arbitre Marc Genest appelle une prise à distance.
Installé derrière le lanceur des Diamants Jonathan Landry, l'arbitre Marc Genest appelle une prise à distance.

Baseball junior: une ouverture (presque) normale pour les Diamants [PHOTOS] 

On aurait pu croire qu’il s’agissait d’un match de la mi-juillet, mais un élément de curiosité pimentait le duel entre les Aigles de Trois-Rivières et les Diamants de Québec, samedi après-midi, au Stade Canac puisqu’il s’agissait de l’ouverture locale des champions en titre de la Ligue de baseball junior élite du Québec.

Le Stade reprenait donc vie après une longue pause hivernale, printanière et estivale. Les Diamants y disputaient le premier match de cette saison écourtée devant leurs partisans et ils y ont signé leur première victoire en 2020 en l’emportant 4-3 devant 165 amateurs.

Au-delà du résultat, c’est tout ce entourait ce premier rendez-vous qui retenait l’attention. Les mesures de distanciation étaient respectées, autant sur le terrain que dans les gradins; la limite permise de 200 spectateurs n’a pas été dépassée; le port du masque (obligatoire en déplacement à l’intérieur du stade) était visible; l’arbitre du marbre posté derrière le lanceur a fait bien son possible, au point où les deux entraîneurs lui levaient leur chapeau; le président des Capitales Michel Laplante agissait comme vendeur de «bière froide, cold beer»…

À leur arrivée au Stade Canac, les amateurs étaient avisés des consignes à respecter.

«Depuis le mois de mars qu’on attendait ce moment. On avait hâte de revenir au stade, c’est le fun de jouer sur notre terrain. Il faut s’habituer aux consignes, mais comme athlètes de haut niveau, on va s’adapter rapidement. Tout ce qui m’a manqué, c’est de ne pas avoir pu frapper dans la main des gars après mon double», racontait Olivier Bovet, auteur du coup sûr victorieux frappé au champ opposé sur la ligne du troisième but en fin de sixième manche.

Il permettait ainsi aux Diamants de reprendre les devants, eux qui venaient de bousiller une avance de 3-1 au tour précédent au bâton des Aigles, qui avaient réussi à créer l’égalité.

«Je suis dans ma zone avec un compte complet, je voulais juste placer la balle en jeu, provoquer quelque chose. Le vent avait tourné de leur bord avec leurs deux points, mais je pense que notre point tout de suite après les a mis terre. Cette victoire donne un élan à notre saison», ajoutait celui qui agissait comme frappeur de choix pour l’occasion.

Les détails

L’entraîneur-chef des Diamants Dominik Walsh ne trouve pas une grande différence entre le baseball de 2020 et celui des années précédentes.

«J’avais peur que ça ait l’air de matchs hors-concours avec les joueurs qui sont assis dans les gradins, près de l’abri. Mais honnêtement, je trouve que ça va mieux que ce à quoi je m’attendais, même si jusqu’à présent, je passe autant de temps à rappeler aux joueurs les règles de distanciation que ce qu’ils font sur le terrain.»

Sur ce point, il a pu prendre des notes, par contre. Dans son discours d’après-match, on le soupçonne d’avoir abordé ces occasions où ses protégés n’ont pas fait avancer un coéquipier sur les sentiers ou encore celle d’un joueur aguerri, qui au lieu de courir, a préféré regarder un long ballon frappé au champ droit en pensant qu’il s’agissait d’un circuit pour se contenter d’un simple… «Je te laisse l’écrire», admettait Walsh, sans ressentir le besoin de l’identifier publiquement.

Les Diamants (bas de la photo) disputaient le premier match de cette saison écourtée devant leurs partisans et ont signé leur première victoire en 2020 en l’emportant 4-3 face aux Aigles de Trois-Rivières.

«Notre force est de réussir les petits détails, ce qu’on n’a pas fait [samedi]. Je trouve qu’on leur a donné un petit peu trop de chances de revenir, on ne peut pas ouvrir la porte comme ça avec une telle avance», notait celui dont l’équipe a remporté trois championnats lors des six dernières saisons.

En relève à Jonathan Landry, qui n’a donné qu’un point sur deux coups sûrs en quatre manches, le releveur Christophe Dubé a obtenu la victoire même s’il a cédé deux points aux visiteurs, en sixième. Samuel Girard a fermé la porte en septième pour préserver la victoire. Les lanceurs des Diamants n’ont donné que trois coups sûrs, ceux des Aigles en cédant cinq aux locaux. Mais deux buts sur balles, en sixième manche, ont gaspillé la remontée de deux points effectuée quelques minutes plus tôt.

«Dans cette ligue, on ne peut pas ouvrir la porte avec des buts sur balles. Mais en retard par 3-1, l’idée était de s’accrocher et je retiens surtout qu’on est revenu de l’arrière. Nous avons une équipe jeune, il faut bâtir là-dessus», soulignait l’entraîneur-chef des Aigles, Rémi Doucet.

Afin de respecter la distanciation de deux mètres dans l'abri, quelques joueurs doivent prendre place dans les gradins.

William Verville a frappé un triple productif dans cette sixième manche et il a croisé le marbre pour provoquer l’égalité. Mais à son retour sur le monticule, Tristan Guilbert a été un peu trop généreux, ce qui a permis aux Diamants de rebondir.

«On a gagné à domicile, jeudi, ils le font chez eux à leur tour. On a eu droit à deux matchs serrés, une belle saison s’annonce parce qu’on jouera souvent un contre l’autre. Ce qui peut faire la différence, c’est un appel le long des lignes, comme en deuxième manche, mais je ne blâme pas les arbitres, parce qu’ils doivent aussi s’adapter à une nouvelle façon de faire», notait celui dont le club aurait pu créer l’égalité dès la deuxième manche si un coup frappé au champ droit n’avait pas été jugé hors-ligne…

Semaine chargée

Les Diamants ont un début de saison chargée avec huit matchs en 10 jours, dont quatre contre les Alouettes de Charlesbourg. Leurs rivaux régionaux seront d’ailleurs au Stade Canac, dimanche (17h), alors que l’ouverture locale des Alouettes aura lieu mardi (19h30), au parc Henri-Casault, contre Québec.

«Une semaine comme ça, on serait passé à travers facilement si elle avait eu lieu au deuxième mois de la saison. Mais dès le départ, avec un nombre de lancers limités pour nos lanceurs, tant mieux si on s’en sort avec une fiche positif, mais le gros défi est d’éviter les blessures», précisait Walsh.