Le pavillon des infirmières, au Complexe St-Vincent,  où travaille l'équipe de la Santé publique de l'Estrie.

187 cas en Estrie, dont 10 employés de la santé publique

Dix employés de l’équipe de la Direction de santé publique en Estrie affectés aux enquêtes et à la recherche de contacts sont atteints par le virus COVID-19. Le directeur lui-même, Dr Alain Poirier, est considéré comme un contact asymptomatique.

En tout, il y a maintenant 187 personnes qui ont été testées positives au coronavirus en Estrie. C’est un bond de 18 cas par rapport à mercredi. Le CIUSSS de l’Estrie — CHUS a également confirmé qu’un deuxième décès est survenu dans la région. Le premier décès d’un Estrien avait été confirmé mercredi par les autorités.

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Le personnel infecté de la santé publique a été retourné à la maison. En aucun cas ces personnes n’ont été en contact avec des usagers, soutient le CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Selon l’enquête de la santé publique, cette contamination ne serait pas en lien avec des voyages, mais originerait de la communauté. Les premiers symptômes de la maladie seraient apparus il y a quelques jours, mais le premier résultat positif est arrivé mardi. 

« Ce sont des gens qui ne savaient pas qu’ils étaient porteurs au moment où ils ont contaminé leurs collègues à leur tour. Il ne sera pas simple de trouver la filière des contacts puisque nous sommes très nombreux à travailler ici. Nous sommes une grosse usine qui a bougé beaucoup depuis deux semaines avec beaucoup de personnes qui sont venues nous prêter main-forte », souligne le Dr Alain Poirier. 

Lui-même considéré comme un contact, le directeur de la santé publique en Estrie n’accordera plus d’entrevue en présence aux médias. 

« Mais je vais très bien, précise-t-il. Toutefois, je dois prendre toutes les mesures de protection nécessaires comme le reste des employés ici. »

Le port du masque est dorénavant obligatoire pour le personnel de la santé publique ayant travaillé avec les personnes contaminées. Ces derniers travaillaient dans de grandes salles situées dans les CLSC sur King Est et Ouest.

« Nous avons maintenant installé des isoloirs et nous avons même installé du tape au plancher pour que le monde respecte les bonnes distances. D’une certaine façon, nous avons précisé que nous faisions déjà implicitement », assure le Dr Poirier.  

Cette situation n’entraînera aucun bris de service, insiste le directeur.

« Nos enquêtes vont bien en ce moment. Le travail d’enquête que nous faisons maintenant doit évoluer et tenir compte de nos capacités. Et plus la pandémie avance, plus les enquêtes changeront. À un certain point, appeler tout le monde un par un ça deviendra moins utile et avoir le plus d’information possible sur tous les cas, ce ne sera pas nécessairement utile. À un moment, on va commencer à se servir d’une série d’autres données comme pour toutes les autres maladies infectieuses », explique Dr Poirier.

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4018 tests de dépistage

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a également dévoilé jeudi matin avoir réalisé 4018 tests de dépistage de la COVID-19 entre le 14 et le 25 mars. 

Plus précisément en Estrie, 1932 personnes ont été testées à Granby et 2086 à Sherbrooke. 

Le Dr Poirier estime que les tests se font à un bon rythme en Estrie. Toutefois, comme pour les enquêtes effectuées par son équipe, le dépistage devra évoluer avec la pandémie. 

Déjà, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a changé son approche en matière de dépistage.

Les malades, les professionnels de la santé et les résidents des CHSLD seront dorénavant testés en premier, et dans cet ordre, selon une nouvelle directive du ministère. 

« On n’exclut pas les autres, mais on a rajouté des personnes. L’épidémiologie change donc on fait évoluer aussi les gens qui seront testés », résume le Dr Poirier.

Dr Alain Poirier