Le maire de Shawinigan, Michel Angers.
Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

124 employés mis à pied à Shawinigan

Shawinigan — L’onde de la COVID-19 a été ressentie à l’hôtel de ville de Shawinigan jeudi, alors que l’administration municipale a annoncé la mise à pied temporaire de 124 employés. Le maire, Michel Angers, estime que cette décision difficile s’imposait dans le contexte actuel.

«Je ne vous cache pas que c’est une mauvaise journée pour moi», déclare-t-il. «On se conforme à ce que le gouvernement nous demande, c’est-à-dire de maintenir les services essentiels. Les autres employés doivent s’en aller chez eux. On répond aux attentes, mais prendre une décision comme celle-là, c’est extrêmement difficile.»

L’avis de mise à pied touche 35 employés cols blancs, en raison du ralentissement dans plusieurs services municipaux au moins jusqu’au 13 avril. Impossible toutefois de prédire à quel moment ils pourront être rappelés au travail.

«Tant qu’on sera en situation d’urgence sanitaire, nous devrons appliquer les règles», résume le maire. «C’est le gouvernement qui mène la barque et il le fait très bien.»

Styve Morand, président du syndicat des cols blancs, est lui-même touché par ces mises à pied temporaires. Il convient que les signaux ne mentaient pas. Le tiers de ses membres sont finalement touchés dans divers départements à l’hôtel de ville, en plus des brigadiers scolaires et du personnel des bibliothèques, notamment.

Des négociations ont tout de même permis aux cols blancs d’obtenir des mesures compensatoires équivalant à environ 25 % des avantages sociaux, qui s’ajouteront au programme d’aide fédéral.

«Je sais que beaucoup de cols blancs et beaucoup de cadres se demandaient pourquoi on tardait tant à prendre des mesures», reconnaît M. Morand. «Beaucoup de gens étaient craintifs qu’il y ait encore autant de personnes dans les bureaux alors qu’on demandait de limiter les rassemblements. Il y avait déjà des gens en télétravail, mais il y avait encore beaucoup de monde à l’hôtel de ville.»

Outre les 35 cols blancs réguliers, l’administration municipale a également annoncé la mise à pied de 89 employés temporaires, saisonniers, sur appel ou étudiants. Elle invite ces 124 personnes à se rendre disponibles pour faire du bénévolat dans leur communauté en cette période de crise.

La Ville n’est toutefois pas parvenue à s’entendre avec les cols bleus pour des coupes supplémentaires.

«Ils nous ont dit d’appliquer la convention collective et c’est ce que nous allons faire», commente M. Angers. «Nous allons les assigner à certaines tâches. Nous avons des besoins un peu partout. Nous allons nous organiser pour que nos employés soient occupés.»

M. Angers n’a pas voulu dire si le contexte de négociation pour le renouvellement de la convention collective a brouillé les discussions dans ce cas précis. Le contrat de travail des cols bleus venait à échéance le 31 décembre dernier.

«Nous avons présenté la même proposition aux cols bleus qu’aux cols blancs», indique M. Angers. «Le retour que nous avons eu, c’est non. On ne s’est pas obstiné plus que ça. Il faudrait leur poser la question.»

À la suite de cette annonce, environ 230 personnes demeurent en poste pour la Ville de Shawinigan, dont près d’une cinquantaine en télétravail.

Cadres et pompiers

Du côté des cadres, le personnel est surtout touché par la réorganisation de tâches, notamment pour superviser le télétravail, une nouvelle réalité.

L’administration municipale a également dû discuter avec l’Association des pompiers et pompières de Shawinigan, non pas pour procéder à des mises à pied, mais plutôt à certains réaménagements d’horaires.

M. Angers saluait d’ailleurs son ouverture, un propos qui tranchait avec la tension des dernières semaines entre ces deux parties.

«Le but est de garder les casernes opérationnelles pour toute éventualité», indique Benoit Ferland, président du syndicat. «Il faut bien nettoyer nos casernes pour ne pas affecter le service aux citoyens.»

«Nous sommes moins touchés par les mesures car en tant que service essentiel, tout le monde travaille», ajoute M. Ferland.

Cinq pompiers ont été placés en isolement depuis le début de la crise, parce qu’ils revenaient de voyage. Aucun d’entre eux n’a toutefois senti de symptômes associés à la COVID-19.

En ce qui concerne la cahoteuse négociation pour le renouvellement de la convention collective, le syndicat ne peut que réitérer son ouverture pour régler les quelques points qui bloquent une entente.

Évidemment, la Ville possède d’autres priorités à l’heure actuelle, mais M. Ferland aime la dynamique qui s’installe avec la nouvelle directrice des ressources humaines, Kim Dumais.

«Nous avons une très belle collaboration avec elle», glisse-t-il. «C’est apprécié et on espère que ça va continuer dans cette avenue.»