L'UQTR fera du dépistage auprès de membres de son personnel.
L'UQTR fera du dépistage auprès de membres de son personnel.

COVID-19: une clinique de dépistage communautaire à l'UQTR

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — L’Université du Québec à Trois-Rivières lance un projet de recherche concernant la COVID-19. L'institution tiendra une clinique de dépistage auprès de son personnel pour trouver des personnes atteintes du virus, mais qui sont asymptomatiques. Les résultats de ce projet de recherche seront transmis à la santé publique afin de l'informer quant à la présence de ce virus dans la population et la guider dans les mesures à prendre à propos du prolongement ou de la modification des règles de confinement.

Lyne Cloutier, professeure titulaire au département des sciences infirmières de l’UQTR, est la chercheure principale du projet DÉCOPA. En compagnie d’Hugo Germain, professeur au département de chimie, biochimie et physique et directeur du groupe de recherche en biologie végétale de l’UQTR,  et d’Alexis Danylo, médecin microbiologiste-infectiologue au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Mme Cloutier a travaillé à élaborer rapidement ce projet de recherche, une première au Canada, précise-t-elle.

«On parle d’une population asymptomatique et en confinement. On veut répondre à la question suivante : est-ce que ces gens qui vont à l’épicerie ou à la pharmacie seraient porteurs de la COVID-19 sans en avoir développé les symptômes? On veut savoir si des gens porteurs du virus sont sains. Ce que ça signifierait, c’est qu’une immunité communautaire est en train de s’installer et ça pourrait orienter une décision quant au confinement. On sait qu’il y a une contagion communautaire. Ce n’est pas tout le monde atteint (de la COVID-19) qui présente des symptômes. C’est ce qu’on pense», déclare Lyne Cloutier, lors d’une entrevue accordée lundi après-midi au Nouvelliste.


Cette clinique de dépistage aura lieu du mardi 14 avril au vendredi 17 avril à la clinique multidisciplinaire du pavillon de la Santé. Des aménagements ont été réalisés en un temps record pour transformer les lieux en une véritable clinique de dépistage avec les règles de distanciation et les mesures de contrôle requises. Chaque test sera transmis en continu à la santé publique, alors que les personnes participant au dépistage recevront leur résultat en quelques jours.

L’UQTR assume les coûts de la clinique, alors que le CIUSSS fournit les ressources pour les analyses des tests de dépistage. Le budget réel de ce projet devrait être connu au cours des prochaines heures.

Lyne Cloutier

La mise en place d’un tel projet a nécessité la contribution de 11 chercheurs. Quelque 30 personnes ont participé à l’organisation de la clinique et 16 personnes seront sur place lors des activités de ladite clinique.

Mme Cloutier souligne que ce travail de recherche représente un véritable virage dans la façon de dépister le virus au sein de la population québécoise. Elle rappelle que les tests menés jusqu’à maintenant ont été effectués auprès de gens atteints du virus, auprès des employés de centres d’hébergement qui côtoient la maladie et de gens dont un membre de la famille est atteint.

«Pour la première fois, on teste une population. On est conscient que ce n’est pas seulement notre étude qui donnera des réponses. À titre de scientifiques, on veut participer à informer la santé publique et ceux qui prendront les bonnes décisions le moment venu. On est là pour informer, pas pour prendre les décisions», ajoute Mme Cloutier, très fière de la réalisation d’un tel projet à l’UQTR et heureuse de voir que la direction de l’université a embarqué rapidement dans l’aventure qui reçoit la collaboration du CIUSSS et du département de soins infirmiers du Cégep de Trois-Rivières.

Le projet DÉCOPA est réservé au personnel de l’UQTR. Sur les 2000 travailleurs de l’université, le groupe de recherche souhaite obtenir la participation de 300 personnes. Déjà lundi après-midi, l’intérêt pour ce projet de recherche s’est vivement manifesté. Moins de deux heures après avoir diffusé l’information à l’interne, le groupe de chercheurs a reçu une centaine d’inscriptions.

Selon Mme Cloutier, il y a quelques raisons qui expliquent que l’échantillonnage est restreint au personnel de l’UQTR.

«On sait à quel moment ils ont reçu les consignes. On savait qu’on avait une population sensible à l’importance de faire de la recherche et l’intérêt le démontre. Je sais que beaucoup de gens dans la population veulent être dépistés, mais on ne veut pas d’attroupement à notre clinique. Les rendez-vous sont prévus aux 15 minutes, on est à l’université et on peut sécuriser notre système. L’université est un microcosme, mais on représente monsieur et madame Tout-le-Monde.»