COVID-19: un casse-tête pour les établissements d’enseignement

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Des voyages éducatifs et des congrès de recherche annulés, des problèmes de remboursements de billets d’avion, le COVID-19 crée tout un casse-tête dans les milieux éducatifs de la région depuis quelques jours.

Le professeur Martin Descarreaux du département des sciences de l'activité physique de l’UQTR devait partir avec des collègues et des étudiants à la maîtrise et au doctorat pour un congrès organisé par l’Association of Chiropractic Colleges à San Diego, aux États-Unis. L’activité a été annulée lundi en raison du fameux virus hissé mercredi au titre de pandémie par l’Organisation mondiale de la santé.

Depuis, c’est le branle-bas de combat pour essayer d’obtenir des remboursements de la part des compagnies aériennes. «On ne prend pas toujours la couverture», reconnaît-il. De toute façon, les compagnies aériennes n’offrent que de très petits remboursements ou des crédits à des conditions peu intéressantes, fait-il valoir.

«Les étudiants sont très déçus», ajoute-t-il. C’est que ce congrès formateur représente «une ligne importante dans leur CV de recherche», fait-il valoir.

Pour les chercheurs universitaires, la fin de la session d’hiver, en mai prochain, sonne le début de périodes de recherche et souvent de formations dans divers pays. Certains ne savent toujours pas s’ils pourront partir ou pas.

C’est le cas de la professeure Lyne Cloutier du département des sciences infirmières de l’UQTR qui prévoit une visite à Glasgow, en Écosse, avec deux chercheurs et un étudiant, en mai. Pour l’instant, dit-elle, il n’y a pas de contre-indication pour ce pays, mais Mme Cloutier demeure à l’affût des recommandations puisque le congrès regroupe de 5000 à 7000 chercheurs des quatre coins du monde. «C’est trop tôt pour annuler quoi que ce soit», estime-t-elle toutefois.

Au Cégep de Trois-Rivières, par contre, on suit les directives émises mardi par le premier ministre François Legault qui demande l’annulation des voyages scolaires dans les pays reconnus comme étant à risque.

Mardi soir, 11 étudiants en architecture devaient partir pour Barcelone, en Espagne, avec escale à Paris. Leur séjour pédagogique a été annulé.

Chaque année, une quinzaine de séjours à l’étranger sont organisés au Cégep de Trois-Rivières. La semaine dernière, deux d’entre eux, un en Italie et l’autre en France, ont aussi été annulés. Dans le cas de l’Italie, l’école où devaient se rendre les étudiants était tout simplement fermée.

Il reste encore huit voyages à l’étranger de prévus d’ici la fin de la session, indique Janie Trudel-Bellefeuille, coordonnatrice du Bureau de l’international. Ils risquent de ne pas avoir lieu.

Les collèges suivent de très près les directives émises par l’OMS et la Fédération des Cégeps, dit-elle.

L’UQTR, pour sa part, a décidé de rendre obligatoire, pour tous les membres de la communauté universitaire ayant à voyager pour leurs études ou pour le travail, la déclaration au registre du voyageur. Les unités responsables de la mobilité des employés doivent en effet pouvoir être en mesure de répertorier les membres de la communauté universitaire en cas de besoin.

L’UQTR recommande également aux membres de sa communauté d’éviter les déplacements professionnels ou personnels en Iran, en Chine, en Corée et en Italie ou dans tout autre pays qui pourraient se rajouter à cette liste qui fait partie des directives du gouvernement du Canada.

Du côté du Collège Laflèche, un rehaussement en matière de prévention et de détection du COVID-19 a été fait mardi. On demande la mise en quarantaine préventive des personnes ayant séjourné dans des pays jugés à risque avant leur retour au Collège. Dans certains cas, le travail à la maison est valorisé.

On demande aussi le suivi et l’observation des symptômes des personnes qui sont déjà de retour au Collège et qui ont séjourné dans des pays jugés à risque. En cas de symptômes, ces personnes sont invitées à contacter les autorités de la santé et à quitter le Collège jusqu’à ce que les résultats médicaux soient connus et permettent de réintégrer l’établissement.

«Certains étudiants devant amorcer des stages à l’international, comme au Québec, se voient imposer une période de mise en quarantaine préventive, ou voient carrément leur stage prévu compromis», indique la responsable des communications au Collège Laflèche, Anne-Laurence Jacob.

Au Cégep de Trois-Rivières, on ne va pas au-delà de consigne des autorités de la santé, indique Isabelle Bourque du service des communications.

Au Collège Shawinigan, un voyage éducatif est prévu au Guatemala en mai. Pour l’instant, il n’est pas annulé, indique le responsable des communications, Étienne Dubois tout en précisant que les recommandations des autorités sanitaires seront respectées.

L’UQTR suit à la lettre les recommandations de la santé publique, indique le porte-parole, Jean-François Hinse. L’institution a envoyé un message à tout le personnel et les étudiants, mardi, afin d’inciter la population du campus à appliquer les mesures préventives d’usage, dont le lavage des mains.

Mercredi, la Commission scolaire du Chemin-du-Roy a annulé un voyage en Italie que prévoyaient faire 24 élèves du secondaire en avril et trois accompagnateurs afin de prendre part au Festival de Catane du 12 au 24 avril.

D’autres voyages sont prévus par d’autres écoles de la Commission scolaire d’ici la fin de l’année, dont un au Costa Rica et l’autre à Washington, indique la responsable des communications, Anne-Marie Bellerose. La commission scolaire reste donc à l’affût des directives concernant les zones à risque, dit-elle.

Rappelons que la semaine dernière, 48 jeunes qui revenaient d’un séjour en Grèce et en Italie ont reçu une directive d’isolement volontaire à leur retour. La Commission scolaire de l’Énergie s’est tournée vers les autorités de la Santé afin de savoir comment gérer le retour de ces voyageurs.