Tout le territoire de la Mauricie est maintenant une zone rouge.
Tout le territoire de la Mauricie est maintenant une zone rouge.

COVID-19: toute la Mauricie passe au rouge

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
Shawinigan — Le scénario que plusieurs redoutaient depuis quelques jours s’est concrétisé, mercredi, alors que la Santé publique a annoncé que l’ensemble de la Mauricie passera en zone rouge à compter de samedi. 

Toutefois, certaines mesures, telles que celles concernant les milieux scolaire et sportif, entreront en vigueur le lundi 26 octobre.

Les mesures en place à Trois-Rivières depuis près de deux semaines s’étendront donc aux territoires de Shawinigan, de la Haute-Mauricie ainsi que des MRC des Chenaux, Mékinac et de Maskinongé.

«On observe une hausse préoccupante des cas et de la transmission communautaire dans les autres secteurs de la région de la Mauricie, et c’est pourquoi les autorités de la Santé publique ont recommandé ce changement pour l’ensemble des MRC. J’en profite pour rappeler que même si votre région se trouve toujours à un palier inférieur, soit jaune ou orange, nous vous demandons de faire aussi un effort et de limiter vos contacts», précise le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

Pour sa part, la directrice régionale de la Santé publique, Dre Marie-Josée Godi, soutient que la décision de passer au palier rouge pour l’ensemble de la Mauricie s’appuie sur une analyse des 14 derniers jours.

«Nous constatons une hausse des nouveaux cas et une multiplication du nombre d’éclosions dans différents milieux. La situation des derniers jours nous confirme également que le virus se transmet activement et de façon marquée, notamment par les rassemblements», indique Dre Godi.

La mobilité de la population entre les différents secteurs a également incité la Santé publique à étendre l’alerte maximale à l’ensemble de la région, et ce, même si les cas sont beaucoup moins nombreux dans certaines villes, notamment à La Tuque.

État de la situation

Pendant ce temps, 67 nouveaux cas ont été comptabilisés dans la région, soit 36 en Mauricie et 31 au Centre-du-Québec. De plus, un décès supplémentaire a été ajouté au bilan du 19 octobre, portant le total à 219. La situation est par contre demeurée stable au niveau des hospitalisations (24), de même qu’aux soins intensifs (4). Par ailleurs, 63 personnes se sont rétablies de la COVID-19 depuis mardi.

En Mauricie, 20 nouveaux cas ont été rapportés à Trois-Rivières, quatre à Shawinigan, neuf dans la MRC de Maskinongé, un dans la MRC de Mékinac et un à La Tuque. Au Centre-du-Québec, cinq cas supplémentaires ont été enregistrés dans la MRC de Nicolet-Yamaska.

Au Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières, le nombre de cas est passé à 71, alors qu’il était de 66 la veille. La situation est demeurée stable à neuf cas à la prison de Trois-Rivières.

Ailleurs dans le milieu scolaire, quatre établissements de Shawinigan et de Trois-Rivières, soit les écoles Dominic-Savio, Saint-Jacques, Beau-Soleil et des Bâtisseurs (pavillon Notre-Dame-des-Prairies), ont fait leur apparition sur la liste des écoles ayant enregistré au moins un cas. Une communication a également été envoyée aux parents des élèves de l’école secondaire L’Escale de Louiseville concernant un élève qui a reçu un résultat positif.

Le risque zéro n’existe pas

La direction du CIUSSS Mauricie – Centre-du-Québec considère que sa gestion des éclosions dans trois unités du CHAUR de Trois-Rivières a été adéquate et que les mesures mises en place afin de les contrôler sont efficaces.

C’est essentiellement ce qui ressort des propos tenus par la Dre Lise-Andrée Galarneau, infectiologue et officière en prévention et contrôle des infections au CIUSSS Mauricie – Centre-du-Québec, lors d’un point de presse qui s’est tenu en visioconférence, mercredi avant-midi. Cette dernière a également répété à plusieurs reprises qu’il n’était pas possible de complètement empêcher que des éclosions se produisent.

«Le risque zéro n’existe pas. Par contre, tous les moyens sont pris pour le minimiser. Jusqu’à maintenant, nous avons toujours réussi à contrôler les éclosions avec la stratégie que l’on utilise», a-t-elle indiqué.

Rappelons que des éclosions ont frappé les unités de neurologie et de chirurgie ainsi que celle réservée aux patients atteints de la COVID-19.

Selon les plus récentes données, 44 employés, dont sept attitrés à l’unité COVID, ainsi que 27 patients ont été infectés en raison de ces foyers d’éclosion.

Dre Galarneau a de plus mentionné que des quelque 110 employés du CHAUR ayant été infectés par le virus au cours du dernier mois, environ 70 l’ont été en dehors de leur lieu de travail. Le fait qu’une faible portion de ces cas de contamination communautaire ait entraîné une éclosion constitue aussi une preuve que les mesures mises en place ont les effets escomptés.

Par ailleurs, l’infectiologue a tenu à préciser que les personnes dont l’état de santé requiert une visite à l’hôpital n’ont aucune raison d’avoir peur de s’y rendre.

«Nos lieux demeurent sécuritaires. À mon avis, il y a plus de risques pour un usager d’éviter de consulter pour sa condition médicale que de risques d’y attraper la COVID», a-t-elle indiqué.

En ce qui concerne les équipements de protection mis à la disposition des employés, Dre Galarneau estime qu’ils sont suffisants et bien adaptés aux réalités dans les différentes unités. Les syndicats représentant les travailleurs du milieu de la santé croient quant à eux que des améliorations devraient être apportées à ce niveau. C’est notamment le cas du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ). En ce sens, sa présidente, Nathalie Perron, aimerait bien que les dirigeants du réseau de la santé étudient notamment la possibilité de mettre des masques de type N95 à la disposition d’un plus grand nombre d’employés.

Pour ce qui est de la gestion des trois éclosions qui touchent le CHAUR, Mme Perron déplore un certain manque de transparence de la part de la direction CIUSSS Mauricie – Centre-du-Québec.

«On pose des questions, mais c’est difficile de savoir exactement ce qui se passe. On veut s’assurer que nos membres soient bien protégés», affirme la dirigeante syndicale.