Les marchés boursiers de partout sur la planète ont connu une importante baisse lundi.

COVID-19: Pas de vent de panique chez les investisseurs

Trois-Rivières — Les grands comme les petits investisseurs ont connu une journée noire en bourse lundi. La chute des principaux indices boursiers ainsi que le cours du baril de pétrole sous fonds de pandémie mondiale ont entraîné une diminution marquée de la valeur des portefeuilles. Malgré tout, aucun vent de panique ne s’est fait sentir, selon les conseillers et analystes financiers interpellés par Le Nouvelliste.

«Il y a quand même de grosses fluctuations dans le marché. Les gens ont besoin d’être rassurés», lance d’emblée Patrick Charlebois, conseiller en placements vice-président et gestionnaire de portefeuilles à la Financière Banque Nationale, qui a dû écourter ses vacances d’une journée en raison du net recul des bourses de lundi.

Le conseiller à la Financière Banque Nationale ajoute que les investisseurs doivent garder la «tête froide» lorsque survient ce type de baisse. «C’est important de se rappeler du plan d’investissement qu’on avait établi. Car une chose est certaine, aujourd’hui (lundi) c’est une très mauvaise journée pour prendre une décision de placement», mentionne-t-il tout en avouant que les baisses des valeurs boursières des deux dernières semaines peuvent être difficiles à encaisser pour plusieurs investisseurs. «Perdre de l’argent sur papier, ce n’est jamais une expérience agréable. Il faut se rappeler que lorsqu’on investit dans des placements, on le fait toujours selon un profit de risque. Évidemment, on respecte ce profil et la tolérance des investisseurs au risque. La volatilité fait partie du monde des placements aujourd’hui.»

Vice-président et directeur général au Groupe Colbert, partenaire de Groupe Financier Banque Royale, Denis Colbert a aussi eu à répondre à davantage d’appels de ses clients que normalement. Il soutient toutefois qu’aucun d’entre eux ne se laisse emporter par la panique.

«Aucun client n’a paniqué et vendu quoi que ce soit. C’est quand même relativement calme», soutient Denis Colbert qui rappelle les vertus d’un portefeuille diversifié. «La crise de 2008 n’a pas été facile aussi, mais les actions, c’est du long terme.»

La chute du cours du pétrole devrait faire très mal au Canada, estime Denis Colbert. «Avec une baisse de 10 $ en une seule journée et un baril de pétrole à 31 $ alors que ça n’en coûte environ 70 $ à produire, ça va être encore plus tranquille dans ce secteur. Il va y avoir de grosses restructurations qui vont se faire où les compagnies les plus fortes vont ramasser les plus petites», ajoute-t-il.

Le conseiller en placements, vice-président et gestionnaire de portefeuilles à la Financière Banque Nationale, Patrick Charlebois.

Analyste principal Groupe conseil en portefeuilles chez Desjardins Valeurs mobilières, Jean-René Ouellet ne rapporte pas de panique du côté des investisseurs qui ont confié la gestion de leurs actifs à la coopérative financière.

«Les portefeuilles équilibrés baissent un peu, mais c’est nettement moins que ce que les grands indices ne peuvent le laisser présager», souligne M. Ouellet.

«Les gens qui sont avec nous depuis longtemps, quand ils voient des épisodes comme ça, ils sont souvent tentés de trouver et dénicher des opportunités dans des marchés difficiles, plutôt que d’être tentés de paniquer. C’est dans des journées comme ça où le conseil prend toute sa valeur. On revient à notre plan de match initial et on évite la panique.»

Ne pas sombrer dans la peur

La peur et l’insécurité qui gagnent actuellement la planète alors que se répand le coronavirus minent grandement la confiance de bien des investisseurs.

«Ce qui est pire que les répercussions économiques, c’est la peur. Les économistes craignent que les gens arrêtent de voyager et de dépenser. Mais la consommation est la base de notre économie. Tout part de la confiance des consommateurs», précise Patrick Charlebois.

«Personne ne peut actuellement connaître les répercussions exactes du coronavirus. On est encore dans l’incertitude, ce qui fait que les marchés sont très volatils.»

Denis Colbert, vice-président et directeur général au Groupe Colbert, un partenaire de Groupe Financier Banque Royale.

Denis Colbert abonde dans le même sens en affirmant que le coronavirus amène de l’incertitude sur les marchés. «Lorsque nous avons vécu le SRAS, c’était la même chose. Il y avait eu des réactions assez négatives sur les marchés. Un bon matin, ils trouvent un médicament et ça se replace», soutient-il.

Jean-René Ouellet de Valeurs mobilières Desjardins estime que plusieurs événements qui surviennent en même temps viennent miner les marchés, même si les données économiques depuis le début de l’année sont relativement bonnes. M. Ouellet rappelle qu’il s’est créé plus d’un demi-million d’emplois aux États-Unis. «Le marché regarde devant. Et clairement, il y aura des impacts négatifs du coronavirus sur les revenus des entreprises, des PIB et sur la confiance des ménages», dit-il. «Le marché réclame des interventions.»