Alors qu’aucun pays des Caraïbes, ni même les États-Unis, ne voulaient laisser accoster le navire de croisière britannique MS Braemar, avec ses cinq malades contaminés à la COVID-19 et ses 50 personnes en quarantaine, Cuba lui a ouvert son port au nom de la nécessaire solidarité médicale le 18 mars dernier.

COVID-19: l’expertise sanitaire cubaine sollicitée

COLLABORATION SPÉCIALE / En matière de santé publique, Cuba est une référence mondiale selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Malgré bien des critiques, venant surtout des États-Unis, force est de constater que ce petit pays des Caraïbes place la solidarité sociale et internationale devant bien d’autres considérations. On n’a qu’à penser à titre d’exemple au navire de croisière britannique MS Braemar, dont personne, même les États-Unis, ne voulait depuis quelques jours et que les autorités cubaines ont accepté d’accueillir le 18 mars dernier. En ces temps de pandémie, où le monde redécouvre les nécessaires vertus de l’entraide et de la solidarité, jetons un coup d’œil sur une réussite cubaine en lien avec le traitement de la COVID-19.

Un médicament antiviral développé à Cuba sous le nom Heberon® Alfa R, auquel ont eu recours les autorités sanitaires chinoises pour combattre le virus COVID-19, s’est révélé particulièrement efficace. Un nombre croissant de pays, confrontés à la menace de la propagation du virus, souhaitent donc pouvoir en faire usage.

Ce médicament ne guérit pas la maladie, affirme Dr Luis Herrera Martinez, spécialiste cubain en biotechnologie, mais il «prévient l’aggravation et les complications chez les patients» en renforçant leur système immunitaire, ce qui aide à combattre le nouveau coronavirus. Cette innovation cubaine démontre aussi le haut niveau d’avancement qu’ont atteint les secteurs pharmaceutique et biotechnologique à Cuba.

Alors que la plupart des pays en développement avaient peu accès aux nouvelles technologies, la biotechnologie cubaine s’est développée et a joué un rôle de plus en plus stratégique dans le secteur de la santé publique, en raison notamment de l’embargo américain et de la nécessité de développer une industrie pharmaceutique forte en mesure d’assurer la sécurité sanitaire à la population.

L’entrée précoce de Cuba dans l’industrie biotechnologique en dépit du blocus américain et de ses entraves pour l’accès aux technologies, aux équipements, à l’échange de connaissances, a permis au pays de tirer parti de l’expertise internationale et de développer des médicaments destinés à combattre tout un faisceau de maladies infectieuses et autres. Notamment le VIH/sida, l’hépatite B et C, le zona, différents types de cancers et d’épidémies, telle la dengue, une maladie fréquente en pays tropicaux propagée par les moustiques.

Un choix salué, en 2013, par le chef du Bureau de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Cuba, lequel soulignait qu’«en dépit de difficultés économiques majeures, le gouvernement cubain a toujours accordé un grand intérêt à la biotechnologie».

Doté d’un médicament performant, utilisé avec succès en Chine et en Corée du Sud, d’un personnel médical cubain rompu aux missions internationales dans des pays aux prises avec des crises sanitaires sévères et d’une industrie biotechnologique de pointe, Cuba constitue une ressource de choix pour un nombre croissant de pays de l’hémisphère sud en quête de soutien pour combattre la pandémie en cours.

Dans la région des Caraïbes, la Jamaïque, la République dominicaine, Saint-Kitts-et-Nevis et Saint-Vincent-et-les Grenadines ont annoncé qu’ils demanderaient ou ont déjà demandé une assistance médicale à leurs homologues cubains. Alors que Le Salvador, le Nicaragua et le Venezuela souhaitent pouvoir rendre disponible l’antiviral Heberon® Alfa R à leur population, la liste des pays candidats s’allonge au fil de la progression de la pandémie.

Toujours en 2013, le chef du Bureau de l’OMS à Cuba, le Dr José Luis Di Fabio, déclarait: «Privilégier les biotechnologies de la santé présente l’énorme avantage de pouvoir produire des médicaments plus abordables contre les maladies qui sévissent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire».

En ces temps de pandémie, voilà l’occasion rêvée d’en faire, une fois de plus, une éclatante démonstration puisque les populations des pays les moins nantis sont celles qui risquent de subir le plus durement l’impact de la COVID-19.

Pour en savoir plus: www.cs3r.org


Jean-Claude Landry et Jean-Marc Lord,

Comité de solidarité/Trois-Rivières