Les chirurgies reportées en raison de la COVID-19, dont celles planifiées au CHAUR de Trois-Rivières, reprendront graduellement.
Les chirurgies reportées en raison de la COVID-19, dont celles planifiées au CHAUR de Trois-Rivières, reprendront graduellement.

COVID-19: les chirurgies reportées pourront reprendre au CIUSSS-MCQ

Trois-Rivières — Le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec pourra reprendre graduellement ses activités de chirurgies au cours des prochains jours, puisque Québec a approuvé jeudi son plan de reprise des activités. Alors que depuis le début de la pandémie de coronavirus, les chirurgies avaient chuté à près de 30 % des activités normales, la reprise permettra de passer à un niveau allant jusqu’à 70 % de la normalité. Toutefois, pour certains types de chirurgies, le retard pourrait mettre des mois à être rattrapé, prévient-on.

Selon les chiffres fournis par le CIUSSS-MCQ le 15 mai dernier, 5953 demandes de chirurgies sont présentement en attente. Bien que moins de demandes de chirurgies aient été enregistrées durant cette période (1398 de moins en avril comparativement à l’an dernier), l’annulation des chirurgies non urgentes déjà planifiées a quand même causé un important retard pour plusieurs départements, un retard qu’on s’affaire présentement à évaluer pour planifier un rattrapage efficace.

Lors de l’arrivée de la pandémie, les activités chirurgicales ont été abaissées à 30 % à 40 % de leur capacité habituelle, soit le niveau orange, explique la Dre Anne-Marie Grenier, directrice des services professionnels et de la pertinence clinique au CIUSSS-MCQ. Un ralentissement qui avait évidemment pour but de libérer des lits destinés aux patients atteints de la COVID-19 de même que de respecter les mesures de distanciation sociale dans les salles d’attente.

L’autorisation de Québec de la reprise des activités fera passer l’établissement au niveau jaune, soit une capacité de 40 % à 70 % des activités normales. Seules les activités de radio-oncologie, hémato-oncologie et de chirurgie oncologique n’ont pas été affectées durant la pandémie.

Au cours des prochains jours, on s’attend ainsi à pouvoir reprendre graduellement les activités de radiologie, d’endoscopie, de cliniques externes et spécialisées de même que d’oncologie. «Ce ne sera peut-être pas égal d’un établissement à l’autre, en fonction des types de chirurgies offertes», précise la Dre Grenier.

Évidemment, chaque cas sera réévalué selon l’évolution de l’état de santé du patient en attente de son intervention. Au besoin, la collaboration du médecin requérant sera demandée pour refaire l’évaluation. Toutefois, impossible pour le moment de songer à une reprise à 100 % des activités, prévient la Dre Grenier.

«Il faut d’abord s’assurer que le personnel dédié aux patients atteints de COVID demeure disponible, ce qui est le cas avec un plan de reprise au niveau jaune. Mais il faut aussi voir comment la situation va évoluer. Le déconfinement a tranquillement commencé depuis les derniers jours, et nous ne savons pas encore si ça aura des impacts importants sur la demande», explique-t-elle.

Par ailleurs, les différents départements demeurent limités dans la capacité d’accueil en raison des mesures de distanciation sociale, qui continuent de rendre inaccessibles deux tiers des locaux d’attente.

«Dans la prochaine année, il n’y aura presque plus de sans rendez-vous, car ce n’est pas une pratique qui nous permet de gérer l’achalandage d’une salle d’attente. Par ailleurs, la productivité ne peut pas non plus être à son maximum, car il y a toujours une désinfection à faire entre chaque patient, ce qui demande du temps», énumère Anne-Marie Grenier.

Cette dernière indique que le temps de rattrapage des chirurgies en attente variera d’un département à l’autre. «Pour les chirurgies non oncologiques qui nécessitent une hospitalisation, ça risque de prendre des mois. Par contre, pour l’endoscopie et les rendez-vous spécialisés, ce sera moins long. Quant aux chirurgies d’un jour, nous sommes déjà bien avancés. Mais tout ce qui requiert un lit en hospitalisation, ça peut être plus long», considère-t-elle, ajoutant que d’autres facteurs encore inconnus peuvent aussi venir influencer l’estimation du temps de rattrapage. Par exemple, les gens qui n’auront pas consulté leur médecin durant la pandémie et qui présenteront un problème urgent à régler.

«C’est une variable qu’on ne connaît pas encore, mais qu’on peut estimer quand on regarde la moyenne des demandes qui sont entrées dans cette période-ci durant les années précédentes. On entre ça dans nos prévisions», mentionne-t-elle.