Même si sa condition s’améliore de jour en jour, la pratique d’activités plus exigeantes physiquement, comme faire de l’unicycle, est difficile pour Guillaume Vermette.
Même si sa condition s’améliore de jour en jour, la pratique d’activités plus exigeantes physiquement, comme faire de l’unicycle, est difficile pour Guillaume Vermette.

COVID-19: lent rétablissement pour Guillaume Vermette

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — C’est petit à petit que le clown humanitaire Guillaume Vermette se remet des séquelles de la COVID-19, qu’il a contractée le mois dernier. Après avoir passé plusieurs semaines très affaibli, l’artiste se remet progressivement à pratiquer ses activités, non sans difficulté.

«Je progresse beaucoup. La semaine passée, je pouvais difficilement rester debout longtemps ou avoir une conversation soutenue sans m’essouffler. Là, il faut que je parle vraiment beaucoup ou que je fasse du sport pour m’épuiser. Mais ce n’est pas encore revenu complètement. Pour un artiste du cirque, la forme physique c’est important, alors j’espère que les séquelles vont finir par disparaître complètement», confie le globe-trotter trifluvien.

Après avoir appris qu’il avait contracté la COVID-19, de nombreux internautes l’ont contacté, par courriel ou par l’application Messenger. Si la grande majorité d’entre eux l’ont fait pour lui souhaiter un rapide rétablissement, d’autres l’ont fait pour des raisons moins louables.

«Il y a une minorité, mais quand même assez importante, de gens qui m’insultaient, qui me disaient que j’avais été payé par le gouvernement pour dire que j’avais attrapé la COVID-19. Mais je constate aussi que beaucoup de gens m’ont contacté parce qu’ils avaient peur. Ils me demandaient où je l’ai attrapée, comment faire pour que ça ne leur arrive pas», souligne Guillaume Vermette.

Fidèle à son habitude de pacifiste, le clown humanitaire dit vouloir appeler les gens à privilégier le dialogue calme plutôt que de s’enflammer et de s’insulter sur les réseaux sociaux. Il souhaite également passer un autre message, celui de prendre au sérieux les conséquences que peut avoir la maladie.

«La COVID, ça existe. Encore beaucoup de gens en doutent, mais je l’ai eue, je l’ai vécue: c’est vrai», affirme-t-il.

Après qu’il ait reçu un résultat positif à son test de dépistage, tous les collaborateurs de Guillaume Vermette avec qui il avait été en contact, même de loin, ont eu aussi dû passer le même test. Heureusement, seul l’un d’entre eux a lui aussi contracté la COVID-19. Ses symptômes ont toutefois été moins sévères que ceux vécus par le clown trifluvien.

Activités en CHSLD toujours sur pause

Parlant des CHSLD, bien qu’il ne soit plus contagieux, ce n’est pas pour tout de suite que le clown humanitaire remettra les pieds dans ces établissements. En effet, dès que des zones passent au palier d’alerte orange, les visites dans les centres d’hébergement de longue durée sont très restreintes. La Caravane philanthrope, le regroupement d’artistes mis sur pied par Guillaume Vermette le printemps dernier, a donc dû mettre fin à ses visites. À savoir s’il compte reprendre ses visites, mais en mode virtuel, comme il les faisait avant le déconfinement, il dit y songer.

Le passage de nombreuses régions, dont Trois-Rivières, en zone rouge, a également forcé la Caravane à cesser ses spectacles destinés à une clientèle plus vulnérable socialement.

«J’ai hâte que ça reprenne. On est en train d’étudier comment faire une deuxième vague de spectacles de confinement chez les gens à voir à travers les fenêtres ou depuis les balcons. Mais la situation est complexe avec la température, il y a des instruments de musique qu’on ne peut pas sortir dehors et au niveau du cirque, tout n’est pas possible à faire non plus», confie le clown humanitaire.

Malgré tout, il y a fort à parier que Guillaume Vermette et les membres de sa Caravane philanthrope trouveront une façon de déjouer la COVID-19, comme ils ont su le faire au printemps dernier.