Une clinique mobile au Carrefour de Trois-Rivières-Ouest.
Une clinique mobile au Carrefour de Trois-Rivières-Ouest.

COVID-19: le Centre-du-Québec atteint le palier jaune

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le Centre-du-Québec a atteint mardi le palier jaune, a annoncé le ministre de la Santé, Christian Dubé, plaçant cette région en mode préalerte. La Mauricie demeure quant à elle dans le vert, en mode vigilance. La Santé publique met toutefois en garde vers une tendance à la hausse du nombre de cas de COVID-19 partout en Mauricie et au Centre-du-Québec.

La Santé publique explique ce changement de palier pour le Centre-du-Québec par une «augmentation du nombre de nouveaux cas au fil des dernières semaines», une «transmission communautaire modérée présente à quelques endroits sur le territoire», une «augmentation du nombre d’éclosions avec un grand nombre de contacts», ainsi que des «déplacements vers des territoires limitrophes».

Les MRC d’Arthabaska et de Drummond, où se trouvent Victoriaville et Drummondville, sont les plus touchées actuellement par la recrudescence des cas de COVID-19.

«Les enquêtes épidémiologiques ont démontré que les éclosions sont plus particulièrement liées à des activités sociales, de la transmission dans les aires de pause des milieux de travail, ou encore au fait d’aller travailler, d’aller à l’école ou de prendre part à des activités sociales en minimisant ses symptômes», soutient la Dre Marie Josée Godi, directrice régionale de la Santé publique.

«Il est important de faire sa part comme citoyen dans ces actions que nous posons puisque nous observons que certaines personnes atteintes et leurs contacts ne respectent pas les consignes d’isolement.»

Bien que la Mauricie soit demeurée dans le vert, la Santé publique met en garde contre une récente augmentation des cas à Trois-Rivières, Shawinigan et dans la MRC de Maskinongé. Ces secteurs «nécessitent une vigilance accrue par tous», affirme la Santé publique.

Les grandes mesures sanitaires et de restriction du nombre de personnes dans des rassemblements privés ou publics sont les mêmes aux paliers vert et jaune. Toutefois, la Santé publique entend déployer davantage d’actions dans une région en préalerte.

«Un choc»

La mairesse de Nicolet et présidente de la table des MRC du Centre-du-Québec, Geneviève Dubois, avoue que le changement du vert au jaune pour sa région est «un choc». 

«C’est une déception de voir certains secteurs en éclosion», mentionne celle qui est aussi préfète de la MRC de Nicolet-Yamaska. 

«C’est sérieux et il faut le prendre comme tel».

La mairesse Dubois souhaite que tout le Centre-du-Québec se mobilise pour que la population rehausse la garde. «On cherche des leaders présents dans les milieux pour motiver la population à bien appliquer les mesures sanitaires», explique celle qui doit d’ailleurs enregistrer une vidéo mercredi pour inciter la population à bien appliquer les mesures de la Santé publique.  

Dans un message publié sur la page Facebook de la Ville de Bécancour, le maire Jean-Guy Dubois, exhorte de son côté ses concitoyens du Centre-du-Québec à élever la garde face à la COVID-19.

«Je supplie, très humblement et très simplement, nos concitoyens de pratiquer la plus grande vigilance… en souhaitant que le code jaune soit, finalement, un mal pour un bien», a-t-il écrit.

Douze nouveaux cas, dont dix au Centre-du-Québec

La Direction régionale de la Santé publique a rapporté mardi douze nouveaux cas de COVID-19 dans la région, dont dix au Centre-du-Québec.

La MRC d’Arthabaska enregistre sept nouveaux cas, dont quatre à Victoriaville. La Santé publique déclare aussi deux nouveaux cas à Drummondville ainsi que deux autres à Trois-Rivières, seule ville de la Mauricie qui a connu une hausse depuis lundi.

Aucune personne de la région n’est actuellement hospitalisée en raison de la COVID-19.

Des messages perdus dans une boîte vocale inutilisée

Au cours des derniers jours, de nombreuses personnes de la région voulant obtenir un rendez-vous pour un dépistage ont rapporté ne jamais avoir eu de retour d’appel après avoir laissé un message sur une boîte vocale. N’ayant pas de nouvelle après quelques jours, ces personnes se sont rendues dans les cliniques sans rendez-vous, augmentant bien sûr l’affluence et le temps d’attente.

Cette boîte vocale où les appels étaient automatiquement envoyés en dehors des heures d’ouverture contenait plus de messages de personnes voulant prendre un rendez-vous.

«Les messages étaient envoyés par le système dans une boîte secondaire. Nous n’avions pas connaissance que ces messages étaient déposés», explique Guillaume Cliche, agent d’information du CIUSSS MCQ, qui mentionne que les usagers sont rappelés quotidiennement pour prendre des rendez-vous de dépistage.

«On ne comprenait pas pourquoi les gens disaient qu’on ne les rappelait pas, alors qu’on vide nos boîtes vocales. On a mis la main sur ces messages mardi matin. Une équipe est dédiée au rappel de toutes ces personnes.»

Afin de limiter le temps d’attente dans les cliniques mobiles sans rendez-vous, des coupons donnant l’heure approximative du dépistage sont distribués depuis mardi matin. «Ça permet d’éviter d’attendre dehors toute la journée», précise Guillaume Cliche.

Très efficaces pour des dépistages ciblés, les cliniques mobiles sont un modèle appelé à changer. Le CIUSSS MCQ envisage de créer une vaste clinique de dépistage à la Bâtisse industrielle de Trois-Rivières, à l’image des cliniques de vaccination contre la grippe aménagées dans le passé. Aucun plan de match précis n’a toutefois été défini.

Malgré la présence de cliniques sans rendez-vous et les problématiques du système téléphonique, le CIUSSS MCQ incite la population à prendre un rendez-vous pour un dépistage de COVID-19.

«On veut pourtant que les gens aient plus le réflexe d’aller vers le rendez-vous», note Guillaume Cliche. «Nous voulons aussi augmenter les capacités de ces cliniques avec rendez-vous.»