COVID-19: inquiétudes pour les enseignants de plus de 60 ans

Trois-Rivières — Ils avaient reçu une exemption de rentrer au travail à cause de leur âge, mais voici que les enseignants du préscolaire et du primaire de 60 à 69 ans ne sont maintenant plus considérés assez à risque, selon le gouvernement, pour devoir poursuivre leur confinement.

Ce revirement n’est pas sans inquiéter la présidente du Syndicat de l’enseignement de la Mauricie, Chantal Légaré.

Pas plus tard que la semaine dernière, «on leur disait qu’ils faisaient partie de la population à risque. Par un drôle de hasard, on est en pénurie d’enseignants et ils ne sont plus considérés comme à risque», constate-t-elle avec stupéfaction.

À la Commission scolaire de l’Énergie, ce n’est que demain après-midi qu’on saura s’ils seront obligés de faire la classe en présentiel à partir de lundi ou pas ou si on les assignera à des tâches en télétravail. «On est encore en train d’identifier nos besoins» en ressources humaines, a indiqué, jeudi après-midi, la porte-parole de la Commission scolaire de l’Énergie, Amélie Germain-Bergeron.

Cette dernière ajoute que la Commission scolaire suit les recommandations de la Santé publique, ce qui devrait probablement être le cas aussi pour le retour au travail de ces enseignants.

Ce genre de revirement de situation de dernière minute est essoufflant pour le personnel des écoles. «C’est beaucoup d’énergie pour six semaines de classes», indique la présidente du Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges, Claudia Cousin.

Selon elle, du côté de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, on n’obligera pas ces enseignants plus âgés à revenir en classe, à moins qu’ils souhaitent le faire.

C’est que les enseignants de plus de 60 ans sont déjà remplacés, pour le retour à l’école de lundi et on les avait affectés en télétravail pour les élèves qui ne sortiront pas du confinement tout de suite. Les choses changeront-elles à nouveau sous peu? C’est le grand point d’interrogation que pose cette nouvelle directive gouvernementale.

Chantal Légaré, de son côté, ne cache pas son mécontentement. Ces enseignants sont inquiets, dit-elle. «On se fait dire qu’on fait partie de la population à risque, à cause de notre âge et du jour au lendemain, on n’est plus à risque et l’école commence lundi matin», résume-t-elle.

«Les autres enseignants ont eu la semaine pour se préparer, mais eux ont reçu un message jeudi de la Commission scolaire pour leur dire qu’ils doivent être à l’école lundi. Ils ont quoi comme préparation? La journée de vendredi?» questionne Mme Légaré. «Ils ne se sentent pas prêts, bien évidemment.»

Fort heureusement, dans tout ce brouhaha, les mesures de protection personnelle promises par le gouvernement «sécurisent beaucoup les enseignants», signale Mme Légaré. Ils auront un masque lavable par demi-journée, donc deux par jour.

Claudia Cousin indique que tous les équipements sanitaires et de protection doivent avoir été distribués dans les établissements à temps pour la rentrée à défaut de quoi, il faudra reporter la rentrée d’une journée là où il n’y en aura pas. Cette dernière croit que la Commission scolaire réussira bien les choses de ce côté.

Les Syndicats ont l’intention de surveiller de près le retour progressif à l’école. C’est que cette rentrée, la deuxième de l’année, rappelle Mme Cousin, se fait sous le signe d’une bonne fatigue, au sein du corps enseignant alors qu’en mai, on pense plutôt à finir l’école plutôt qu’à la recommencer.