La chaîne de restauration rapide McDonald’s a publié un avis sur son site web dans lequel l’entreprise affirme mettre «tout en œuvre pour assurer la sécurité et maintenir la santé de tous ceux qui fréquentent» leurs restaurants.
La chaîne de restauration rapide McDonald’s a publié un avis sur son site web dans lequel l’entreprise affirme mettre «tout en œuvre pour assurer la sécurité et maintenir la santé de tous ceux qui fréquentent» leurs restaurants.

COVID-19: impacts sur l’industrie de la restauration

Valérie Marcoux
Valérie Marcoux
Le Soleil
La menace que représente maintenant la COVID-19 amène plusieurs personnes à s’isoler, ce qui n’est pas sans conséquence pour l’industrie de la restauration. Vendredi, plusieurs acteurs du milieu ont fait connaître leurs lignes directrices au public.

La chaîne de restauration rapide McDonald’s a publié un avis sur son site web dans lequel l’entreprise affirme mettre «tout en œuvre pour assurer la sécurité et maintenir la santé de tous ceux qui fréquentent» leurs restaurants. Parmi les mesures instaurées, «les restaurants détenus par l’entreprise au Canada et la plupart des franchisés ont déjà mis en place des politiques de congés rémunérés», communique John Betts, président et chef de la direction pour les restaurants McDonald’s du Canada.

En plus d’augmenter la fréquence des mesures d’hygiène habituelles, la chaîne annonce la fermeture temporaire des aires de jeux dans les restaurants du Canada. À l’instar d’autres chaînes de restauration telle Tim Hortons, McDonald’s refuse temporairement les contenants réutilisables.

À l’échelle provinciale, l’Association Restauration Québec (ARQ) a également produit un communiqué sur son site vendredi afin de confirmer que l’interdiction de se réunir à plus de 250 personnes concernait effectivement les restaurants, bars et autres établissements semblables, et ce, peu importe le nombre d’étages ou de pièces de l’établissement. 

L’ARQ soutient la recommandation des 14 jours d’isolement pour les personnes revenant de l’étranger ou présentant des symptômes associés à la COVID-19 et rappelle aux travailleurs du milieu «que le gouvernement de Canada a annoncé, dès hier, la suppression de la semaine d’attente pour des prestations de maladie de l’assurance-emploi.»

Du côté de la Capitale-Nationale, les Restos Plaisirs de Québec restent ouverts selon l’horaire habituel, peut-on lire depuis vendredi sur le site web des 7 restaurants basés dans Québec. Dans son communiqué, Pierre Moreau, président-directeur général des Restos Plaisirs, assure suivre les recommandations de l’Agence de la santé publique du Canada et des autorités provinciales, tout en prenant eux-mêmes des mesures. «Nos standards habituels quant à la salubrité et l’hygiène de nos restaurants sont observés avec diligence, voire même rehaussés». Pierre Moreau conclut ce message de manière rassurante en partageant sa conviction que leurs restaurants «sont sûrs et continueront de fonctionner normalement.»

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Le cochon dingue

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Diminution de l’achalandage

Malgré ce discours rassurant, certains restaurants étaient moins achalandés qu’à l’habitude samedi matin à Québec. La gérante du Cochon Dingue sur René-Lévesque, Martine Caron, croit avoir reçu 60% de son achalandage habituel. La gérante du restaurant O Ciel note aussi une baisse de son achalandage ce matin-là.

«Pour ce soir, j’ai des petites diminutions un peu partout, mais c’est quasiment positif je m’attendais à plus d’annulations», relativise Marc-Antoine Beauchesne, du groupe Top Resto qui détient 7 restaurants à Québec. «C’est sûr que dans les restos touristiques je m’attends à avoir une baisse plus marquée», ajoute-t-il.

«Quand il fait beau comme ça habituellement les gens sortent beaucoup plus dans le Vieux-Québec», remarque Marie-Ève Lacroix, propriétaire du Casse-Crêpe Breton sur la rue Saint-Jean. Elle note aussi une baisse de son achalandage ce matin-là. «À ce temps-ci de l’année, après la semaine de relâche, c’est difficile à mesurer», précise toutefois Marie-Ève Lacroix.

Les restaurants autour de l’aéroport qui desservent aussi leur lot de touristes ressentent l’impact de la COVID-19. «Il y a une grosse baisse de l’achalandage», informe Jean Simard, propriétaire de la rôtisserie Scores sur l’autoroute Duplessis. «À cause de l’aéroport, on est plus touché qu’ailleurs. On a une grosse clientèle qui vient de là», soutient le propriétaire qui a pourtant augmenté ses mesures d’assainissement. La diminution est telle que la rôtisserie pouvant accueillir 250 personnes ne prend aucune mesure pour restreindre l’accès aux clients qui lui restent puisqu’il n’a pas peur de remplir sa salle. 

De son côté, le Buffet des Continents de Québec qui a normalement une capacité de 650 personnes n’accepte pas plus de 200 clients afin de se conformer aux directives du gouvernement provincial. «C’est 250 incluant les employés, donc je peux prendre 200 clients seulement en même temps depuis hier», annonce Diane Caron, gérante du Buffet des Continents de Québec. 

Le buffet a mis en place des mesures pour assurer la sécurité des clients et employés. «Les gens se désinfectent les mains avant d’entrer. On a mis des napkins pour que les gens ne touchent pas directement les ustensiles du buffet. Il y a du nettoyage qui est fait régulièrement par les employés à ce niveau-là, je ne crois pas qu’on ait un problème.» 

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PÉNURIE RENVERSÉE? 

Toutefois, cette diminution de l’achalandage affecte les horaires du personnel de certains restaurants. «On ne peut pas avoir plus que 5 serveurs étant donné qu’on ne peut pas prendre plus que 200 clients à la fois», explique Diane Caron, gérante du Buffet des Continents de Québec qui admet avoir dû diminuer son effectif.

Les gérantes des restaurants O Ciel et du Cochon Dingue sur René-Lévesque avaient toutes deux réduit leur personnel du samedi matin en prévision d’une diminution de l’achalandage causée par la menace du coronavirus.

«Tout tient la route pour l’instant», soutient pour sa part Marc- Antoine Beauchesne du groupe Top Resto. «Si cette fin de semaine est le présage des prochaines semaines, je n’aurai pas besoin de couper rien.» Valérie Marcoux