La Mauricie et le Centre-du-Québec demeurent en zone rouge encore pour un certain temps.
La Mauricie et le Centre-du-Québec demeurent en zone rouge encore pour un certain temps.

COVID-19: en rouge encore pour un bout

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Avec un nombre de nouveaux cas de COVID-19 qui flirte avec la centaine par jour, il est hors de question pour l’instant d’alléger les contraintes sanitaires imposées en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Toujours au plus haut niveau d’alerte, la région affiche une hausse de 90 personnes nouvellement contaminées, vendredi, selon le bilan quotidien fourni par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec. C’est trois de moins que la veille, mais il faudrait couper de moitié le nombre quotidien de nouveaux cas avant de penser à desserrer la vis.

«On a un plateau stable, mais le nombre de cas est élevé. Il y a une transmission communautaire très présente. C’est une stabilité fragile. Dans quelques semaines, on verra le résultat des efforts», a commenté vendredi la docteure Marie-Josée Godi, directrice régionale de la santé publique.

Pour amener la santé publique à recommander un retour vers le palier orange, il faut contrôler la transmission communautaire et limiter le nombre d’éclosions. Celles-ci baissent graduellement depuis les dernières semaines.

Le nombre de nouveaux cas au Centre-du-Québec suit la même tendance. C’est du côté de la Mauricie que la progression est constante. Sur les 90 nouveaux cas répertoriés vendredi, 59 proviennent de la Mauricie. De ce nombre, 45 sont à Trois-Rivières.

«Ça reflète la contamination et les éclosions dans les écoles et les différents secteurs dans le milieu de travail pour Trois-Rivières», continue la docteure Godi, qui rappelle l’importance de respecter les mesures sanitaires.

Aucun décès ne s’est ajouté vendredi. Deux personnes de plus sont hospitalisées.

Nouvelle éclosion

Parlant d’hôpital, le CHAUR compte une nouvelle unité en éclosion. L’unité de cardiologie a maintenant quatre patients et trois employés infectés à la COVID-19. Contrairement à ce qu’affirmait jeudi le CIUSSS, une personne qui provenait de l’unité coronarienne aux prises avec une éclosion n’a pas été mise immédiatement en isolement à son arrivée à l’unité de cardiologie, ce qui a causé l’éclosion dans cette dernière unité.

La docteure Marie-Josée Godi.

«Le transfert vers l’unité de cardiologie de cette personne provenant de l’unité coronarienne a eu lieu avant qu’on apprenne qu’il y avait une éclosion à l’unité coronarienne. Cette personne a été en contact avec une autre personne dans une chambre à deux. On a ensuite mis la première personne en isolement», explique Guillaume Cliche, agent d’information du CIUSSS régional.

L’éclosion a entraîné un dépistage systématique de tous les usagers et du personnel de l’unité de cardiologie, jeudi et vendredi.

La résidence intermédiaire de l’Amitié de Plessisville compte deux usagers et deux employés nouvellement contaminés.

Du côté de l’usine Olymel de Princeville, le nombre de cas a grimpé de quatre pour s’établir à 75 travailleurs contaminés.

Absentéisme au travail

Par ailleurs, le CIUSSS affirme prendre les moyens pour contrer les départs et les congés de maladie provenant de ses travailleurs.

Selon Radio-Canada Mauricie, le CIUSSS paie mensuellement 3,5 millions de dollars en assurance salaire pour des employés en arrêt de travail. Près de 1000 travailleurs ont quitté le réseau entre mars et septembre.

D’après Jean-François Equilbec, la pandémie de COVID-19 est une des raisons qui expliquent cette situation. Mais le nouveau directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques assure que le CIUSSS veut améliorer les choses.

«On a mis en place une équipe dédiée pour un plan d’action. On veut documenter les motifs de départ et on veut voir quel type de mesure on peut mettre en place pour ne pas que les gens quittent. On veut s’assurer d’intervenir avant le départ des gens en maladie. Il faut mettre l’emphase sur le capital humain.»

Les syndicats représentant les différents métiers du réseau de la santé continuent de dénoncer les nombreux départs et le haut taux d’absentéisme. Ils réclament de meilleures conditions salariales et de travail pour régler le problème.