La présidente du Syndicat des professionnels en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), Nathalie Perron.
La présidente du Syndicat des professionnels en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), Nathalie Perron.

Covid-19: des vêtements pour le personnel de première ligne?

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Alors que le nombre de cas de personnes infectées par la COVID-19 est en constante augmentation, les professionnels de la santé de première ligne vivent des moments d’angoisse. Le Syndicat des professionnels en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ) demande que des vêtements de travail soient fournis par le CIUSSS MCQ au personnel soignant qui s’occupera des personnes atteintes par le COVID-19.

«Les travailleurs ont raison d’être inquiets. Tout ce qu’on veut, c’est qu’ils aient les outils pour se protéger et aussi protéger la population», affirme Nathalie Perron, la présidente du syndicat qui représente 5000 infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes dans la région.

«Ce qu’on sait, c’est qu’il y a des cas de transmission communautaire. Il n’y a pas que les gens qui ont voyagé et qui ont été déclarés positif. Et il y a aussi des gens sans symptômes qui sont testés positif. Si on veut se protéger, ça prend le matériel nécessaire.»

Les membres du personnel du bloc opératoire et des soins intensifs, deux endroits qui se doivent d’être stériles, ainsi que des cliniques désignées pour la COVID-19 travaillent déjà avec des uniformes fournis par le CIUSSS MCQ. Les travailleurs des urgences et autres services doivent normalement avoir leurs propres vêtements de travail. En situation de pandémie, le personnel de première ligne souhaite aussi qu’on leur fournisse des vêtements de travail, soutient leur syndicat. L’objectif est de diminuer les risques de propagation du coronavirus en laissant les vêtements sur le lieu de travail pour qu’ils soient lavés sur place.

«Nous avons fait la demande pour tous les secteurs qui auront des cas de COVID-19», explique Nathalie Perron. «Nous n’avons pas encore eu de réponse de l’employeur. Mais, on pense qu’on peut en prendre dans les blocs opératoires qui ne fonctionnent pas à plein rendement, en raison de plusieurs salles qui sont fermées.»

Depuis lundi, le Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) de Trois-Rivières a été désigné pour l’hospitalisation de tous les cas de la Mauricie, du Centre-du-Québec et des régions limitrophes. Nathalie Perron précise aussi que l’unité des soins intensifs doit être dédiée uniquement aux patients infectés par le coronavirus. Le syndicat veut s’assurer que ses membres qui doivent soigner les patients atteints puissent le faire sans risque pour leur santé.

«On ne veut pas non plus contaminer nos proches», mentionne Nathalie Perron.

«Il faut que les secteurs dédiés au traitement des cas de COVID-19 soient priorisés par l’employeur.»

Selon nos informations, le personnel de l’urgence du CHAUR bénéficiait d’une réserve limitée de masques. Or, la situation a été corrigée, assure la présidente du Syndicat des professionnels en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Le CIUSSS MCQ mentionne que les besoins pour l’ensemble des établissements sont révisés quotidiennement et que la sécurité des employés est prise très au sérieux. «Avec un nombre de cas restreints, il y a encore lieu de contrôler où sont les cas dans l’hôpital. Mais si ça devient généralisé, on va réévaluer les risques pour les employés et les moyens pour les protéger», explique Kellie Forand, agente d’information au CIUSSS MCQ.