Le Conseil des Atikamekw de Wemotaci verse des primes de risque aux employés de la communauté.
Le Conseil des Atikamekw de Wemotaci verse des primes de risque aux employés de la communauté.

COVID-19: des primes de risque pour des travailleurs de Wemotaci

LA TUQUE — D’importants bonus seraient versés à des travailleurs dans la communauté atikamekw de Wemotaci en lien avec la pandémie qui sévit. Selon ce que Le Nouvelliste a appris, des travailleurs pourraient encaisser jusqu’à 300 $ supplémentaires par quart de travail dans certains cas. Le Conseil de bande n’a pas voulu dévoiler les montants de ces primes de risque invoquant la confidentialité.

«Des primes sont effectivement versées à nos employés de première ligne et ont été déterminées selon le degré de risque de contracter le virus de la COVID-19 et le type d’intervention qu’ils doivent assurer dans le respect des mesures sanitaires et de protection mises en place», précise par courriel Isabelle Wood, directrice générale du Conseil des Atikamekw de Wemotaci.

Cette dernière explique que les primes sont évaluées de façon régulière et qu’elles sont ajustées selon l’évolution de la situation. Actuellement, les gardiens de guérite, gardiens de sécurité des établissements publics, policiers, infirmières et concierges touchent des primes.

«La décision de verser des primes aux employés de première ligne a été motivée par les enjeux de santé et de sécurité pour les membres de la communauté et les travailleurs essentiels. Considérant la vulnérabilité de notre population (maladies chroniques sévères, surpopulation dans les foyers), ainsi que les effectifs de travailleurs essentiels très limités, le Conseil s’est vu dans l’obligation de mettre en place des mesures exceptionnelles, à l’instar de la grande majorité des communautés des Premières Nations», explique Mme Wood.

Actuellement, l’argent de ces primes est puisé dans le budget des mesures d’urgence transféré à la communauté par Services aux Autochtones Canada.

«Des demandes de financement ont été transmises ou sont en préparation à différentes instances pour assurer la poursuite des mesures d’urgence. La ventilation des coûts et l’analyse des données relatives aux mesures d’urgence seront rendues publiques une fois la situation rétablie», assure Mme Wood.

On refuse toutefois de dévoiler les montants exacts, le Conseil avance que la rémunération des employés est de nature confidentielle.

Actuellement, aucun cas positif à la COVID-19 n’a été signalé dans la communauté Atikamekw de Wemotaci.

À Services aux Autochtones Canada (SAC), on affirme que le Conseil des Atikamekw de Wemotaci détermine ses propres pratiques en matière de rémunération.

«SAC ne s’immisce pas dans la gestion des affaires internes de cette communauté», a indiqué Martine Stevens, porte-parole pour Services aux Autochtones Canada.

Par ailleurs, SAC assure qu’une reddition de comptes sur le financement accordé par rapport aux dépenses encourues se fera à la fin de l’exercice financier 2020-2021.

«La santé, la sécurité et le bien-être de tous les résidents du Canada, y compris les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis, sont une priorité absolue pour Services aux Autochtones Canada (SAC) et le demeureront», note la porte-parole par courriel.

Rappelons que le gouvernement fédéral a annoncé 380 millions de dollars pour un Fonds de soutien aux communautés autochtones «fondé sur les distinctions afin de répondre aux besoins immédiats des communautés autochtones reliés à la COVID-19».

SAC confirme que des fonds supplémentaires ont été fournis à la communauté de Wemotaci pour l’établissement d’un centre d’isolement, et de l’équipement non médical (entre autres des gants, masques, gel désinfectant, etc.).

«Toujours dans le contexte de la COVID-19, la communauté a reçu un financement pour une bonification de la prestation spéciale en aide au revenu pour la fin de l’année financière 2019-2020. Tout ce financement permet à la communauté atikamekw de Wemotaci de déterminer elle-même où un soutien essentiel doit être apporté en vue de remédier à cette urgence de santé publique», explique Martine Stevens.

SAC confirme également que la communauté a formulé une demande dans le cadre du Programme d’aide à la gestion des urgences et une autre pour de l’hébergement temporaire jusqu’en septembre.

«Ces deux demandes sont présentement à l’étude par le ministère et une décision sera rendue sous peu».

Rappelons également que le 29 mai, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé un financement supplémentaire en santé publique, «dont la majorité sera versée à SAC pour aider les collectivités des Premières Nations à répondre aux pressions auxquelles elles font face. Plus particulièrement, le financement comprend 285,1 millions de dollars pour appuyer les mesures continues de lutte contre la COVID-19 dans les collectivités autochtones».

SAC a fait savoir que les fonds serviront à financer les interventions menées par les collectivités «en réponse à la pandémie et à accroître de façon ciblée les ressources en soins de santé primaires des collectivités des Premières Nations».

SAC ajoute qu’en cas d’éclosion, le financement peut être utilisé afin de fournir «une capacité de pointe et un soutien supplémentaire pour les services communautaires dans les collectivités des Premières Nations, des Inuit et des Métis. Les collectivités des Premières Nations vivant dans une réserve qui ont besoin d’une aide doivent soumettre des demandes à leurs réseaux régionaux pour accéder aux fonds, qui seront distribués conformément aux conseils en matière de santé publique et en fonction des besoins».