De très nombreuses mesures sanitaires ont été mises en place dès le retour du primaire en classe, le printemps dernier.
De très nombreuses mesures sanitaires ont été mises en place dès le retour du primaire en classe, le printemps dernier.

COVID-19: des millions $ dépensés dans les écoles

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — La gestion de la COVID-19 coûtera très cher aux finances publiques, on le sait. Strictement sur le plan scolaire régional, le coût des mesures appliquées jusqu’à présent dans les écoles, depuis le mois de mars, pour faire face à la pandémie donne un avant-goût de l’ampleur des dépenses qui seront engendrées au fil des prochains mois. Ce sont des millions $ qui sont au front contre le virus.

Le ministère de l’Éducation a demandé aux Centres de services scolaires de traiter à part toutes les dépenses liées à la COVID. Les CSS savent donc où ils en sont à ce chapitre en date d’aujourd’hui.

Au Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy, les pertes de revenus et de dépenses supplémentaires (donc non budgétisées) totalisaient 6,9 M$ en date du 30 juin dernier, précise la responsable des communications, Anne-Marie Bellerose.

On parle notamment de 1,2 M$ en salaires additionnels, de 375 000 $ en équipements de protection et de 325 000 $ en frais associés à l’entretien ménager.

Mme Bellerose souligne toutefois que la pandémie, qui avait occasionné la fermeture temporaire des écoles, a aussi généré certaines économies, notamment les frais d’utilisation de l’électricité, pour ne citer qu’un exemple.

À l’heure du bilan final des dépenses et des revenus, il sera donc intéressant de voir de quel côté, le noir ou le rouge, penchera la balance, fait-elle valoir.

Au Centre de services scolaire de l’Énergie, 1 863 255 M$ ont été dépensés pour respecter les mesures sanitaires et faire face aux conséquences de la pandémie. Pour donner une idée de l’ampleur de ces dépenses, le budget régulier (donc sans COVID) du CSS de l’Énergie adopté le 22 septembre pour 2020-2021 est de 175 236 536 $. Les dépenses COVID représentent donc près de 10 % du montant de ce budget alors que l’année scolaire vient à peine de commencer et que la pandémie semble loin d’être résolue.

Le CSS de l’Énergie calcule 300 000 $ de coûts supplémentaires pour le transport scolaire.

De mars à fin juin 2020, 181 941 $ ont été dépensés de plus pour l’entretien ménager et la désinfection des locaux. À ce chapitre, depuis la rentrée scolaire, il en coûte chaque mois la modique somme de 139 000 $.

Les fournitures pour l’entretien ménager comme les produits de nettoyage et de désinfection pour les établissements de même que les désinfectants pour les mains s’élèvent jusqu’à maintenant à 282 222 $. «Les coûts à venir sont plus difficiles à évaluer pour l’année selon le volume de produits qui sera utilisé», indique la responsable des communications au CSS de l’Énergie, Amélie Germain-Bergeron.

Et ce n’est pas tout. Ce CSS a dû dépenser, jusqu’à présent, rien de moins que 538 656 $ en équipements de protection (masques, lunettes, visières, gants, jaquettes et autres).

Des suppléments doivent aussi être considérés au chapitre des charges sociales et des frais de déplacement, on calcule des dépenses supplémentaires de 421 436 $.

Les charges sociales représentent, outre l’indemnité de vacances, des sommes que tout employeur doit verser aux gouvernements provincial et fédéral pour la Régie des rentes, l’assurance-emploi, le régime d’assurance parental, la CNESST et autres. Les frais de déplacement, eux, sont les montants remboursés aux employés lorsqu’ils ont à se déplacer avec leur véhicule dans le cadre de leurs fonctions. Le plus gros des 421 436 $ est rattaché aux salaires, indique Mme Bergeron.

Le CSS de l’Énergie indique que certains remboursements ont commencé à arriver, «mais ce n’est pas du 1 pour 1», précise-t-elle. «On ne sait pas encore ce qui sera remboursé.»

«On a un code budgétaire à part que ce soit pour les établissements ou le centre administratif. On a l’assurance du ministère, en ce moment, qui n’arrête pas de nous répéter que cette situation-là va être corrigée à un moment donné et qu’il y aura les fonds nécessaires pour couvrir ces différents frais-là», indique le directeur général du CSS du Chemin-du-Roy, Luc Galvani.

Du côté du Centre de services scolaire de la Riveraine, le budget adopté le 7 juillet n’incluait aucune dépense ni perte de revenus relativement à la pandémie. «Au moment de l’adoption, les règles budgétaires n’avaient pas encore été adoptées par le Conseil du Trésor», précise la secrétaire générale, Émilie Guay.

«Notre organisation doit rendre compte mensuellement de toutes les dépenses supplémentaires, pertes de revenus et/ou économies reliées à la pandémie au ministère de l’Éducation. À l’heure actuelle, les seules données que nous détenons pour l’année 2020-2021 sont celles du mois de juillet et d’août qui ne sont pas représentatives puisque seul le mois d’août comporte quelques jours d’école», précise Mme Guay.