Le clown humanitaire Guillaume Vermette doit trouver 10 000 $ pour rapatrier cinq de ses collaborateurs, forcés de quitter les camps de réfugiés où ils travaillent en raison du coronavirus.

COVID-19: cinq clowns humanitaires doivent quitter des camps de réfugiés

TROIS-RIVIÈRES — Le clown humanitaire Guillaume Vermette doit trouver une façon de rapatrier d’urgence cinq de ses collaborateurs, en raison de la situation provoquée par la pandémie de coronavirus. Mercredi, l’artiste d’origine nicolétaine a sollicité l’aide du public pour permettre à ces clowns humanitaires, dont quatre sont Canadiens, de rentrer chez eux.

C’est le départ de plusieurs grands organismes humanitaire qui force leur évacuation des camps de réfugiés où ils travaillaient. M. Vermette ignore les raisons précises pour lesquelles ces organismes ont pris la décision d’évacuer leur personnel, mais ce serait, selon ce qu’il a entendu, en raison de la fermeture imminente des frontières de certains pays.

«Je me suis fait réveiller à 6 h du matin, par des appels venant de partout sur la planète. Avec la situation du coronavirus, des décisions ont été prises par les organismes communautaires avec lesquels on collabore, il y a aussi eu des décisions prises par des gouvernements. À certains endroits où on est, tous les organismes humanitaires quittent les lieux et nous, on n’a pas le choix de suivre», indique-t-il.

Le clown humanitaire précise que cet imprévu signifie l’annulation de deux de ses projets humanitaires et pourrait en mettre d’autres à mal. Il doit par ailleurs trouver une somme de 10383,53$ pour payer le billet de retour de ses cinq collaborateurs, puisque les assurances de ceux-ci ne couvrent pas les coûts d’achat de nouveaux billets. Parmi les cinq artistes qui doivent être rapatriés, on compte trois Québécois, une Albertaine et une Néerlandaise.

Guillaume Vermette précise que ce n’est pas de gaieté de cœur qu’il se tourne vers le public pour solliciter un coup de pouce monétaire. «La dernière fois que j’ai demandé des sous directement pour nous aider, c’était en janvier 2016, quand je commençais à être clown humanitaire à temps plein», souligne-t-il. Il ignore pour l’instant si le gouvernement canadien pourrait lui être d’un quelconque secours, du moins pour faciliter le retour au pays des quatre artistes canadiens.

Il est possible de faire un don via le site internet https://www.guillaumevermette.com/faireundon.

Selon le clown humanitaire, il lui faudra attendre certainement plusieurs mois avant que ses projets à l’étranger puissent redémarrer. N’étant pas du genre à se laisser abattre, il compte profiter de ce temps pour s’impliquer dans des projets locaux, notamment à Trois-Rivières, où il se trouvait d’ailleurs mercredi. Il se concentrera notamment sur le développement de son organisme, qu’il a fondé en octobre dernier.

«On a des projets d’implications auprès des Premières Nations et d’un cirque social pour intervenir auprès des personnes itinérantes. On veut utiliser le cirque comme levier d’intervention pour aider les gens, en collaboration avec l’organisme Point de rue. C’est un projet encore en développement, ce n’est pas encore commencé», mentionne-t-il.

Une pensée pour les réfugiés

S’il demeure positif à travers cette mésaventure, Guillaume Vermette ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour les réfugiés qui se retrouvent à nouveau livrés à eux-mêmes avec le départ des organismes humanitaires qui les soignent et les soutiennent au quotidien.

«C’est ironique de voir que ces personnes vivent dans des conditions inhumaines, que leurs vies sont à risque chaque jour et que les gouvernements ne font pas grand-chose, mais que dès qu’il nous (les gens plus aisés) arrive quelque chose, on agit. Je suis juste clown et pas docteur, mais est-ce que le coronavirus est vraiment une menace plus grande que ce que ces gens vivent au quotidien? Ça me remet dans la face à quel point on ne fait rien pour ces gens-là alors qu’on en serait capable», se désole-t-il.

Le clown humanitaire craint en effet que ces réfugiés voient leurs conditions de vie empirer avec le départ des organismes communautaires. «Il n’y a pas que des clowns qui travaillent là, il y a des organismes qui leur offrent des services de santé et des services sociaux. Bien des camps de réfugiés en Europe dépendent de l’aide des organismes humanitaires. Ce sont les seuls qui sont là pour eux», insiste-t-il.