Le personnel et les élèves de 3e secondaire devront tous subir un test de dépistage.
Le personnel et les élèves de 3e secondaire devront tous subir un test de dépistage.

COVID-19 au Séminaire Saint-Joseph: un jeu de bouteille à blâmer?

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Alors que plus d’une vingtaine de personnes en tout (personnel et élèves confondus), ont reçu au cours des derniers jours un test positif à la COVID-19, au Séminaire Saint-Joseph, cette éclosion a obligé la Santé publique à resserrer les mesures sanitaires afin de prévenir une plus grande propagation du virus dans l’école.  

Selon Radio-Canada, un jeu de bouteille à laquelle se seraient livrés quelques dizaines de jeunes pourrait être à l’origine de cette éclosion au SSJ. Plusieurs dizaines d’adolescents se seraient en effet réunis, le 3 octobre dernier, à Pointe-du-Lac. Or, il se trouvait parmi eux une adolescente porteuse du virus, mais qui ne présentait pas de symptômes.

Le CIUSSS MCQ n’a pas confirmé cette information, mais le directeur du SSJ, Dany Dallaire, reconnaît qu’il a entendu parler de l’événement. «Présentement, c’est sûr qu’on doit faire de la sensibilisation auprès de nos jeunes sur le respect des consignes, le soir et la fin de semaine et aussi de ne pas venir à l’école avec des symptômes», dit-il.

«Il y a ce qu’on contrôle et ce que l’on ne contrôle pas», fait-il valoir. «Présentement, on met l’emphase sur ce que l’on contrôle, c’est-à-dire resserrer les règles, continuer à faire de l’enseignement à distance, et sensibiliser nos jeunes. Il y a un bout qu’on ne contrôle pas et on essaiera de récupérer la situation en temps et lieu», dit-il.

Du côté du CIUSSS MCQ, on indique que «les enquêtes sont toujours en cours pour trouver la cause. Les nombreuses activités sportives où le masque n’est pas exigé ont probablement contribué à l’éclosion», indique Valérie Provencher, agente d’information au CIUSSS MCQ.

Pourtant, le Séminaire Saint-Joseph se démarque, dans la région, par son éclosion. En Mauricie, la plus récente liste de la Collecte nationale quotidienne pour le réseau scolaire public et privé, en date du 14 octobre, ne signale qu’un ou des nouveaux cas à l’école des Bâtisseurs (pavillon Sainte-Bernadette) de même qu’à l’École d’agriculture de Nicolet tandis que des cas sont apparus de nouveau au Centre de formation professionnelle Bel-Avenir (pavillon de la santé).

Sur les 23 classes que compte l’école, un groupe en 2e secondaire, un groupe en 1re secondaire et 5 classes de 3e secondaire seront en isolement vendredi.

Jeudi, le Séminaire a décidé, avec la Santé publique, de laisser également tous ses groupes de 4e et 5e secondaires à la maison vendredi. «On attend des confirmations et des informations de cas pour ces niveaux-là», indique M. Dallaire. Le SSJ compte 10 cas présentement, mais «si j’inclus le 3e secondaire, juste eux autres, c’est une douzaine de cas», signale le directeur, ce qui porte à plus d’une vingtaine le nombre de personnes infectées parmi les élèves et le personnel.

Jeudi, le SSJ a reçu une directive de la Santé publique demandant de garder les élèves de 4e secondaire à la maison ce vendredi 16 octobre. Ces derniers devaient normalement se présenter à l’école en alternance avec les 5e secondaire. Les 4e secondaire devront plutôt suivre leurs cours à distance eux aussi.

«La fermeture de l’école n’est pas requise pour le moment», précise toutefois le CIUSSS MCQ dans la lettre datée de mercredi. «La fermeture d’une école est une solution de dernier recours et qui n’est pas envisagée pour l’instant», indique Valérie Provencher.

La Santé publique fera le dépistage de tout le personnel (enseignants, surveillants, personnel à l’entretien, entraîneurs de parascolaire et autres) de même que tous les élèves de troisième secondaire.

Tous devront signer quotidiennement un registre des symptômes et toute personne devra se retirer dès l’apparition d’un premier symptôme à l’école, incluant l’écoulement nasal. Si ce premier symptôme apparaît en dehors du milieu scolaire, il ne faut pas se présenter à l’école. Il faut plutôt prendre un rendez-vous pour un dépistage. Cette précaution vient du fait que les symptômes de la COVID-19 sont très souvent légers, dans le groupe de 12-17 ans et que beaucoup d’élèves de cet âge ne font pas de fièvre, explique la lettre du CIUSSS MCQ.

La Santé publique recommande également que, jusqu’au 30 octobre inclusivement, les élèves du Séminaire Saint-Joseph qui prennent les autobus de la ville portent non pas un couvre-visage, mais un masque de procédure de type chirurgical en tout temps durant leur transport.

Toutes les activités parascolaires au SSJ sont mises sur pause jusqu’au 24 octobre, de même que tous les programmes sportifs et compétitifs et les cours d’éducation physique.

Le retrait d’une des classes où des cas ont été dépistés sera prolongé jusqu’au 16 octobre.

Les contacts entre les groupes-classes seront interdits le midi et durant les pauses.

La Santé publique va plus loin et demande aux parents des élèves du SSJ de garder tous leurs enfants à la maison, même s’ils n’ont pas de symptômes, si leur enfant du secondaire présente des symptômes et est en attente d’un résultat de dépistage.

Le Séminaire compte 85 employés. Pour l’instant, cinq sont en retrait à cause du virus.

«Il y a des professeurs qui nous aident au niveau de la suppléance. On a aussi des surveillants-éducateurs qui en font et des professionnels», raconte M. Dallaire. «Tout le monde met la main à la pâte pour qu’on puisse offrir un service de grande qualité encore», dit-il. Du temps supplémentaire est requis de la part des employés pour y arriver. Le SSJ n’aura jamais eu autant d’absents dans son personnel en même temps. «C’est exceptionnel ce qu’on vit là», souligne le directeur.