La clinique massive de dépistage de COVID-19 située à la Bâtisse industrielle de Trois-Rivières a ouvert ses portes vendredi.
La clinique massive de dépistage de COVID-19 située à la Bâtisse industrielle de Trois-Rivières a ouvert ses portes vendredi.

COVID-19: 104 nouveaux cas et deux décès dans la région

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — La Mauricie et le Centre-du-Québec ont enregistré vendredi 104 nouveaux cas de COVID-19 en 24 heures, dont 30 à Trois-Rivières et 46 dans la MRC de Drummond. Jamais depuis le début de la pandémie la région n’avait eu autant de nouveaux cas en une seule journée. La Santé publique a aussi rapporté deux décès dus à la COVID-19.

Décédés au centre hospitalier, ils sont les 215e et 216e victimes de la pandémie dans la région. La deuxième vague a donc jusqu’à maintenant fait quatre victimes. Les 104 nouveaux cas, 42 en Mauricie et 62 au Centre-du-Québec, portent à 541 le nombre de cas actifs dans la région. On dénombrait aussi vendredi 24 hospitalisations, soit trois de plus que la veille. Quatre personnes devaient être soignées aux soins intensifs.

L’éclosion à l’unité de neurologie du Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières (CHAUR) continue quant à elle sa progression. Vendredi, on dénombrait 52 cas de COVID-19 en lien avec cette éclosion, dont 20 patients et 32 membres du personnel. Il s’agit de cinq cas de plus que jeudi, alors que la Santé publique affirmait que l’éclosion se stabilisait.

Vendredi, la clinique de dépistage massif de la Bâtisse industrielle ouvrait ses portes pour la première fois. Tout se déroulait rondement et l’attente ne semblait pas être trop longue. Il était toutefois trop tôt vendredi pour connaître le nombre de tests effectués lors de cette première journée.

565 cas de COVID-19 chez les travailleurs

Depuis le début de la pandémie en mars dernier, les professionnels de la santé qui sont aux premières lignes de la lutte à la COVID-19 sont très affectés. Publiés en milieu de semaine, les résultats d’une enquête du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec et de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) indiquent que près de 17 000 travailleurs de la santé ont contracté la COVID-19. De ce nombre, plus de 400 travailleurs ont dû être hospitalisés et 13 en sont même décédés.

Dans la région, 565 travailleurs de la santé ont contracté le coronavirus depuis mars dernier sur un total de 3250 cas dans la région, selon les statistiques en date du 15 octobre. Il s’agit de 17 % de tous les cas en Mauricie et au Centre-du-Québec. Le CIUSSS MCQ rapportait aussi 71 cas actifs de COVID-19 chez ses employés, tandis que dans l’ensemble de la population on en dénombrait 489 cette journée-là.

«On rend nos travailleurs malades, mais ça ne devrait pas arriver. On aurait dû apprendre d’événements comme la H1N1», dénonce la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), Nathalie Perron.

La clinique massive de dépistage de COVID-19 située à la Bâtisse industrielle de Trois-Rivières a ouvert ses portes vendredi.

Bien que très inquiet par le nombre de travailleurs affectés par la COVID-19, le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers CSN Mauricie et Centre-du-Québec, Pascal Bastarache, n’est pas du tout surpris par les statistiques publiées cette semaine.

«Dès le début, on demandait de prendre tous les moyens nécessaires pour s’assurer d’enrayer la propagation, dont les fameux masques N-95 pour les gouttelettes, parce qu’on croyait qu’il n’y avait pas de risque à prendre», soutient-il.

«On se souciait au début de la pandémie plus d’avoir suffisamment de masques que de la réelle protection des travailleurs. […] On fait fi comme organisation de nos responsabilités et on dit plus que c’est les employés qui ne se lavaient pas bien les mains. On mettait la faute sur les fameux anges gardiens qu’on envoie au front alors qu’ils sont mal protégés.»

Des masques N-95 mal utilisés?

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), Nathalie Perron, se dit «très préoccupée» par les ravages de la COVID-19 sur les travailleurs de la santé. Si les travailleurs de la santé ont maintenant accès à l’équipement de protection en quantité suffisante, contrairement au début de la pandémie, mentionne-t-elle, cela ne signifie pas qu’il est utilisé comme il devrait l’être.

«Il y a beaucoup d’endroits que le fit test (test d’étanchéité faciale) n’a pas été fait. Et on a une grosse éclosion en neurologie et plusieurs personnes n’ont pas eu leur fit test», affirme la présidente du syndicat qui représente les professionnelles en soins comme les infirmières et inhalothérapeutes.

«Le virus se propage par aérogouttelettes. Si un patient est positif et a une trachéotomie, si tous ceux qui vont le soigner n’ont pas de masque N-95 étanche ou ont juste un masque de procédure, ils vont tous attraper la COVID-19.»

L’étanchéité du masque N-95 est nécessaire pour assurer son efficacité. On s’assure de cette étanchéité lors d’un test réalisé avec un professionnel qui trouve le bon modèle pour chaque personne. «Chaque travailleur de la santé doit passer par là pour avoir le bon masque. C’est déplorable que ça ne soit pas fait», affirme Nathalie Perron.

Le CIUSSS MCQ affirme de son côté que «le port du masque N95 ne fait pas partie des explications de la transmission en neurologie».

«Les tests d’ajustement pour les masques N95 sont réalisés selon les directives de l’INSPQ. Les employés visés par ces consignes provinciales ont déjà procédé à l’ajustement et ont accès aux masques dont ils ont besoin», affirme Geneviève Jauron, chef de service aux communications externes du CIUSSS MCQ.