Sylvain Gaudreault veut donner plus de pouvoir aux régions.
Sylvain Gaudreault veut donner plus de pouvoir aux régions.

Course à la direction du PQ: Sylvain Gaudreault veut donner plus de pouvoir aux régions

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LA TUQUE — Le candidat à la direction du Parti québécois Sylvain Gaudreault a profité de son passage en Mauricie, jeudi, pour dévoiler ses propositions de décentralisation. Le député de Jonquière veut redonner du pouvoir aux régions.

«Les régions doivent avoir plus de pouvoir pour prendre leur développement en main […] Pour moi, la Mauricie était un bel endroit pour lancer mes idées sur la décentralisation. C’est une région qui peut et qui doit profiter de la décentralisation», a-t-il indiqué.

Sylvain Gaudreault estime que la décentralisation est directement reliée à l’indépendance du Québec, il assure qu’un ne va pas sans l’autre.

«L’indépendance du Québec est en soi un geste de décentralisation. Quand on veut se donner plus de pouvoir à l’échelle du Québec par rapport au Canada, c’est un geste de décentralisation […] La décentralisation ultime, c’est de se donner tous les pouvoirs pour former un pays», indique le candidat à la chefferie.

Il souhaiterait faire adopter une Loi-cadre sur la décentralisation dès la prise du pouvoir par un gouvernement du Parti québécois.

Sylvain Gaudreault voit également comme un incontournable la création d’un forum de concertation pour arriver à une stratégie «plus cohérente avec les besoins régionaux» qui pourrait diminuer la bureaucratie.

«Il faut réunir tout le monde, entendre les préoccupations des régions et s’entendre sur un certain nombre de dénominateurs communs. Après, chaque région pourrait trouver la meilleure formule pour une instance de concertation régionale», propose-t-il.

Le député de Jonquière propose également de nommer un sous-ministre dans chaque région administrative qui relèverait directement du premier ministre afin d’assurer que les priorités régionales soient entendues à Québec.

«C’est une formule qui a déjà existé jusqu’au début des années 2000 et je veux ramener ça. C’était très efficace», note-t-il.

«Ça donnerait un accès direct à la haute administration de l’État québécois aux gens dans les régions. C’est une formule qui était appréciée avant.»

Sylvain Gaudreault souhaite aussi ramener des responsabilités et l’imputabilité à l’échelle des institutions locales et régionales avec une plus grande marge de manœuvre. Il prend notamment les CHSLD à titre d’exemple.

«On l’a vu avec la pandémie comment dans la Santé publique, le système de santé en général, la gestion des CHSLD, c’est très centralisé.»

Un service internet rapide et robuste fait aussi partie de ses propositions. Un incontournable surtout dans le contexte actuel entourant la pandémie alors que le télétravail et les cours à distance sont à la hausse.

«C’est important qu’il y ait partout un branchement Internet. Je veux qu’on arrête de tourner autour du pot», insiste-t-il.

Il envisage même de mettre un ultimatum à des entreprises privées afin d’accélérer le processus de branchement et mettre Hydro-Québec à profit.

«C’est fini le niaisage. C’est le même enjeu que dans les années 1950 quand on parlait d’électrification rurale. Aujourd’hui, c’est Internet haute vitesse partout sur le territoire et il faut se donner les moyens d’y arriver», ajoute le candidat à la direction du Parti québécois.

Sylvain Gaudreault veut aussi créer des fonds locaux de prédémarrage et de précommercialisation pour les entrepreneurs régionaux.

«Oui, il faut des grands projets industriels et des grandes entreprises, mais il faut aussi permettre à nos entrepreneurs de créer leurs propres entreprises. Là où il manque vraiment des ressources, c’est pour le prédémarrage et la précommercialisation des produits. Il faut avoir des fonds décentralisés», insiste-t-il.

L’accès au territoire par un service aérien de qualité et abordable est également au cœur des préoccupations de Sylvain Gaudreault.