Les candidats à la direction du PQ Guy Nantel, Sylvain Gaudreault et Frédéric Bastien lors d’une rencontre tenue à Trois-Rivières jeudi.
Les candidats à la direction du PQ Guy Nantel, Sylvain Gaudreault et Frédéric Bastien lors d’une rencontre tenue à Trois-Rivières jeudi.

Course à la direction du PQ: la souveraineté au coeur des discours

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Une semaine après un exercice similaire tenu à Louiseville, trois des quatre candidats à la direction du Parti québécois (PQ) ont pris part à Trois-Rivières à un 5 à 7 avec une cinquantaine de membres des circonscriptions de Trois-Rivières et de Champlain. Les candidats Sylvain Gaudreault, Guy Nantel et Frédéric Bastien ont présenté les grandes lignes de leur programme devant une assemblée dispersée, règles sanitaires obligent, réunie au jardin des Ursulines devant le monastère emblématique du quartier historique.

Guy Nantel a été le premier à prendre la parole et à s’adresser aux membres du PQ qui avaient bravé le temps incertain. Il a déclaré d’emblée «qu’il est minuit moins cinq» pour le parti de René Lévesque et la souveraineté. Guy Nantel a enchaîné en rappelant qu’il déclencherait un référendum dès la deuxième année de son mandat, s’il est élu chef du PQ et que le parti prend le pouvoir.

Celui qui s’est d’abord fait connaître par le public québécois comme humoriste souhaite que le PQ mette le pied sur l’accélérateur de l’indépendance notamment en abolissant le serment à la Reine des élus de l’Assemblée nationale du Québec ou le poste de lieutenant-gouverneur.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, affirme que la tournée des régions qu’il effectue dans le cadre de cette course à la direction du PQ lui démontre que «les membres du PQ ont le goût au pays». «Il ne faut toutefois pas penser qu’en criant ‘‘indépendance’’ les gens vont nous suivre», a-t-il voulu mettre en perspective.

Sylvain Gaudreault soutient qu’il est le mieux placé comme député de l’Assemblée nationale pour «mettre M. Legault devant ses contradictions». «C’est dégradant de voir un ancien indépendantiste qui se dit nationaliste danser le tango avec Doug Ford en Ontario pour avoir nos transferts en santé», juge-t-il.

«Des alliances avec les provinces j’ai déjà vu ça lorsque j’étais ministre. À la dernière minute, les autres provinces s’écrasent devant le fédéral.»

L’ancien ministre des Finances du Québec, Yves Duhaime, était un des ténors régionaux du mouvement souverainiste présent jeudi à Trois-Rivières. Sylvain Gaudreault a profité de l’occasion pour annoncer que l’ancien député de Saint-Maurice, qui a déjà été sur le conseil d’administration de la Banque du Canada, l’aidera dans une grande réflexion sur une future monnaie québécoise.

Pour sa part, l’historien Frédéric Bastien estime que le PQ aurait tout avantage à aborder les questions de constitution. Il affirme que les deux meilleurs résultats électoraux du Parti québécois sont survenus lorsque la constitution était au coeur des débats, soit lors des élections de 1981 (49 % des voix) et de 1994 (45 % des voix).

«On est un chien qui se court après la queue. On perd des points à la CAQ et à QS», mentionne Frédéric Bastien.

«Quand on parle de constitution, on gagne des points.»

Les élections de 1981 et de 1994 se sont toutefois déroulées alors que les questions constitutionnelles étaient vives dans l’actualité, avec l’échec du premier référendum, la volonté du gouvernement fédéral de rapatrier la constitution et une décennie plus tard l’échec de l’accord du lac Meech.

Le quatrième candidat, Paul Saint-Pierre Plamondon n’était pas présent à cette rencontre tenue dans sa ville natale.