Claude Cournoyer a été congédié de son poste de vérificateur général par intérim, mardi soir.

Cournoyer pourrait finalement poursuivre

Décidément, la Ville de Trois-Rivières n’est pas encore au bout de ses peines dans le dossier de l’ex-vérificateur général par intérim, Claude Cournoyer. Alors qu’il avait spécifié lundi, à 24h de son congédiement, ne pas avoir l’intention de poursuivre la Ville, voilà qu’il se ravise et qu’il mandate ses avocats afin d’étudier tous les recours possibles, lui qui soutient toujours que sa réputation est définitivement entachée.

Rappelons que le conseil municipal de Trois-Rivières a mis fin à son mandat mardi soir, en séance régulière, tel qu’il était attendu depuis plusieurs jours maintenant. Or, la Ville, par le biais de deux résolutions supplémentaires, dépose également une plainte à l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec contre Claude Cournoyer, en plus de maintenir le mandat d’une firme d’experts pour enquêter sur la plainte pour harcèlement psychologique logée contre lui par une employée.

Ces deux résolutions ont clairement fait déborder le vase pour Claude Cournoyer. «Je trouve qu’ils beurrent épais pas mal, ils ont poussé fort sur le crayon. Je m’attendais à une mise à mort, mais là ils m’ont crucifié, pendu et m’ont achevé avec une injection dans chaque bras», image le coloré personnage.

L’ex-vérificateur général par intérim avait été convoqué par le conseil municipal mardi après-midi, en séance privée, pour pouvoir être entendu et livrer sa version des faits en ce qui concerne la plainte logée contre lui. Or, selon ce qu’il rapporte, cette rencontre n’avait rien d’une rencontre où régnaient l’ouverture et l’écoute, et son sort était clairement scellé d’avance.

«La résolution était déjà écrite, il n’y avait plus rien à faire. On m’a reproché une série de choses qui sont mensongères et inexactes. J’ai réfuté à peu près 90 % de tout ce qu’ils me reprochaient. Tout là-dedans était matière à poursuite. C’était un lynchage annoncé, et ainsi soit-il! Mes avocats vont donc regarder ça très attentivement au cours des prochains jours. La Ville n’a pas suivi les avis juridiques, n’a pas suivi ses propres politiques», indique-t-il.

En sortant de cette rencontre privée, M. Cournoyer estimait qu’il n’y avait plus rien à faire et n’a pas cru bon se présenter à la séance publique du conseil municipal, comme il l’avait annoncé. «Ça ne servait à rien que j’aille là», confirme celui qui n’a pas non plus tenu à regarder la séance en télédiffusion ou webdiffusion.

Quant à la plainte qui sera logée au syndic de son ordre professionnel, Claude Cournoyer dit ne pas s’en inquiéter. «Au moins, avec eux, je vais pouvoir donner ma version des faits. Ici, avant que je sorte dans les médias, personne ne voulait m’entendre», clame celui qui défie maintenant le maire ainsi que les cadres de la Ville l’ayant traité de «menteur et de calomnieur» de passer le test du polygraphe afin de savoir «qui dit réellement la vérité».

Pour l’heure, l’ex-vérificateur général n’a déjà plus accès à son bureau du onzième étage de la Place Royale. «J’imagine qu’ils vont me contacter pour que je puisse aller récupérer quelques bébelles qui sont à moi. Mais aujourd’hui, c’est une belle journée et je vais aller profiter du plein air», lance-t-il en riant.