C’est au virage 5 du Monaco de Trois-Rivières qu’Ayrton Climo a perdu la maîtrise de son kart.

Coureur blessé au Monaco en 2014: la poursuite grimpe à 26,3 M$

TROIS-RIVIÈRES — Ce n’est plus une poursuite de 4,63 millions de dollars qui est intentée en dommages et intérêts par un coureur américain blessé lors du Monaco de Trois-Rivières de 2014, mais bien une action de 26,3 millions de dollars. Visé par cette requête, le GP3R prend à son tour la voie des tribunaux afin d’être exclu des organisations poursuivies.

En juillet 2017, Ayrton Climo, aujourd’hui âgé de 23 ans, déposait en Cour supérieure une poursuite contre ASN Canada FIA, l’organisation du Championnat de karting de l’est du Canada, le Monaco de Trois-Rivières et le GP3R. Pour cause de négligence alléguée dans l’aménagement de la piste, le coureur, son père et sa mère tiennent ces organisations solidairement responsables de l’accident survenu le 1er août 2014 qui a bouleversé la vie du jeune homme. Selon la poursuite, Ayrton Climo vivra probablement avec des séquelles physiques et cognitives permanentes et sera probablement incapable de travailler et de gérer ses propres affaires.

À l’origine, la poursuite faisait état de dommages et intérêts de 4,63 millions de dollars. Une réévaluation de la situation par un actuaire en août 2018 a conduit les demandeurs à augmenter le montant de la requête à 26 317 432 $. La requête modifiée prend en considération les soins qui devront être prodigués à Ayrton Climo, victime d’un sévère traumatisme crânien et placé dans un coma durant près deux mois.

La poursuite affirme que le jeune homme souffre de séquelles importantes: engourdissement et faiblesse dans la main, la jambe et le pied droits, perte de concentration, perte de mémoire, incapacité de lire, capacité grandement réduite de parler et de communiquer, perte de vision significative de l’œil droit. Depuis l’accident, il a été incapable de reprendre ses études. Il est presque assuré qu’il devra faire une croix sur son projet d’aller à l’université.

La poursuite initiale chiffrait à 3,8 millions de dollars les dommages à verser à Ayrton Climo, le reste étant la part demandée par ses parents en dommages pour perte salariale, soins à prodiguer à leur fils, stress, etc. Le montant maintenant réclamé pour le jeune homme atteint 25 487 432 $.

 
Depuis l’accident survenu le 1er août 2014, Ayrton Climo souffre de séquelles importantes.

Le coût évalué pour les soins, l’assistance et les équipements à venir est passé de 300 000 $ à 10 239 943 $. La perte de revenus était d’abord estimée à 2,5 millions de dollars. Dans la version modifiée de la requête, cette perte de revenus est maintenant évaluée à 4 455 178 $.

Aucun lien avec le Monaco

La famille Climo affirme dans sa poursuite que le GP3R est propriétaire et/ou l’organisateur de la piste de karting utilisée par le Monaco de Trois-Rivières et que ladite piste était non sécuritaire. La piste était plus courte et plus étroite qu’elle aurait dû être. Le design et la construction de la piste et des barrières ont été effectués de manière négligente et non sécuritaire, prétend la famille.

Dans une requête de rejet de la poursuite déposée le 4 juillet 2019, le GP3R affirme n’avoir aucun lien avec le Monaco de Trois-Rivières, dont l’édition 2014 a été la dernière. Selon la preuve déposée au dossier de la Cour, le GP3R «n’a aucunement tenu, organisé, assisté ou même commandité les courses du Monaco de Trois-Rivières en 2014».

Selon la prétention du GP3R, le Monaco avait sa propre piste, distincte de celle de son événement. Le GP3R soutient ne jamais avoir participé au montage de la piste du Monaco qui se tenait sur le terrain de l’Exposition, propriété de la Ville de Trois-Rivières, et sur une partie du terrain du Club jockey du Québec. Elle soutient ne pas être propriétaire, ni exploitante de la piste du Monaco.

«Devant une absence totale de preuve que la défenderesse GP3R ait commis quelque faute que ce soit en l’espèce, ou même qu’elle ait été impliquée de quelque façon que ce soit dans les faits à la base du recours des demandeurs, il est abusif de la poursuivre pour 26 317 432 $ et de lui imposer la tenue d’un long et fastidieux procès de près de trois semaines», plaide le GP3R, qui affirme qu’il est «dans l’intérêt de la justice et dans le respect du principe de proportionnalité que ce recours voué à l’échec soit immédiatement rejeté face à la défenderesse GP3R».

Joint mardi par Le Nouvelliste, le directeur général du GP3R, Dominic Fugère, a refusé de commenter cette requête, étant donné que le dossier est devant les tribunaux.

Cette requête de la part du GP3R devait être entendue mardi au palais de justice de Trois-Rivières. Le tout a été reporté au 9 septembre en raison d’un manque de temps pour procéder.