Léanne entourée de sa famille. On reconnaît sur la photo sa mère Mylène Francoeur, son père Samuel Baril, sa sœur Charlie et sa tante Nathalie Baril.

Courageuse Léanne

Saint-Tite — Depuis mardi soir, Léanne Baril a enfin retrouvé ses jouets et ses petits trésors qu’elle conserve minutieusement dans une jolie boîte. La petite de 4 ans de Saint-Tite rentre tout juste de Philadelphie où elle a reçu des traitements pour combattre le cancer qui s’attaque aux tissus de son visage.

Léanne Baril est une petite princesse pleine d’énergie. Entourée de ses poupées du film La reine des neiges, elle n’arrêtait pas de chanter lorsque l’équipe du Nouvelliste lui a rendu visite mercredi, au lendemain de son retour au Québec. Bien qu’elle aime chanter Libérée, délivrée, comme bien des petites filles de son âge, Léanne adore particulièrement les chansons du groupe Kiss. Oui, oui, ce groupe mythique des années 70 qui arbore encore et toujours des maquillages indémodables.

D’ailleurs, un groupe québécois hommage à Kiss a fait parvenir une vidéo d’encouragements à la fillette lorsqu’elle était en traitement à Philadelphie, une petite attention qui a fait chaud au cœur de Léanne.

Ce séjour de neuf semaines à Philadelphie a permis à la petite de 4 ans de recevoir des traitements de protonthérapie, payés par la RAMQ. Combinée aux nombreux traitements de chimiothérapie qu’elle reçoit à l’hôpital pour enfants Sainte-Justine de Montréal, la protonthérapie administrée aux États-Unis pourrait permettre de venir à bout du cancer qui s’attaque aux tissus mous et aux muqueuses du visage de la fillette. Léanne a dû se soumettre à 28 traitements de protonthérapie lorsqu’elle était à Philadelphie, ce qui signifie qu’elle a dû être endormie autant de fois. La petite a su affronter ces épreuves avec courage et avec sa joie de vivre contagieuse.

«Les traitements se sont bien passés. Léanne a bien réagi. Elle a quelques effets secondaires, comme des rougeurs à son œil gauche et à son côté du visage», souligne Mylène Francoeur, la mère de la petite. «On devrait voir si la protonthérapie a bien fonctionné d’ici six à huit semaines.»

Déjà, quelques améliorations sont perceptibles. L’œil de Léanne, qui était sorti de son orbite à la fin de l’été passé en raison du cancer, est revenu dans sa position normale et le cancer a cessé sa progression. «On va savoir plus tard si la tumeur a diminué», précise Mylène Francoeur.

Neuf semaines à Philadelphie

Bien que les neuf semaines passées à Philadelphie n’avaient rien d’un voyage touristique, Léanne et ses proches ont quand même pu visiter quelque peu la ville. Lorsque toute la famille était réunie pour Noël, Léanne est allée gravir seule les marches menant au musée d’art de Philadelphie. Et toute la famille a même pris la pose devant la statue de Rocky.

«Léanne a fait plusieurs belles découvertes. On a même trouvé un parc qu’elle aimait beaucoup où il y a des statues de lion, de grenouille et de chèvre. Une autre fois lorsqu’on se promenait dans la ville, on a rencontré des étudiants qui amassaient de l’argent pour le cancer. Et Léanne, toute contente, a pris une photo avec eux», raconte Mylène Francoeur.

La petite de 4 ans a aussi appris quelques mots en anglais, au plus grand étonnement de ses proches.

Léanne était très heureuse de retrouver ses jouets et sa maison, après neuf semaines passées à recevoir des traitements à Philadelphie.

«Elle s’est mise elle-même à dire en anglais au chauffeur de taxi où on s’en allait», précise très impressionnée Nathalie Baril, la tante de Léanne qui l’a accompagnée lors de son séjour à Philadelphie.

Étant enceinte du troisième enfant du couple, Mylène Francoeur n’a pas pu rester avec sa fille durant les neuf semaines de traitements. La petite nouvelle doit après tout arriver le 18 février prochain.

Mylène Francoeur et son conjoint Samuel Baril se sont donc relayés après Noël. Nathalie Baril est toutefois demeurée avec la petite durant l’ensemble de son séjour aux États-Unis. Les quelque 14 000 $ amassés par la campagne de sociofinancement Tous pour Léanne Baril sur le site Gofundme ont permis de compenser Nathalie Baril pour ses pertes salariales.

Une fois les traitements de protonthérapie terminés, Léanne a pu sonner la cloche et faire raisonner le gong de l’hôpital pour enfants. Cette tradition est réservée aux enfants qui terminent leurs traitements. Le personnel remet alors des cadeaux à l’enfant. La chambre de Léanne avait même été décorée avec des photos de Kiss, pour le plus grand bonheur de la petite.

«Le personnel est très chaleureux. On s’est senti très bien encadré. Même si on ne parle pas anglais, ils faisaient tout pour qu’on les comprenne. Et nous avons eu les services d’un interprète pour faciliter les communications. C’était une perle», note Mylène Francoeur.

La mobilisation se poursuit

Toute une communauté a été touchée par la maladie qui afflige Léanne Baril. En plus de la campagne de sociofinancement qui a permis d’amasser 15 000 $, plusieurs initiatives ont émergé de la communauté. Tous ces petits gestes mis en commun font la différence et témoignent d’une grande solidarité de la population de Mékinac.

«Nous sommes très touchés par cette solidarité. Les dons sont très précieux», note la mère de Léanne.

Léanne doit subir chaque semaine des traitements de chimiothérapie à Montréal au moins jusqu’en août prochain. D’autres dons pour Léanne et Leucan seront également amassés le 16 mars prochain lors d’un événement de motoneiges freestyle qui aura lieu au relais de la Station de Saint-Sévérin.

Léanne Baril et sa famille ont pris la pause du guerrier devant la statue de Rocky à Philadelphie.

«Nous trouvons ça important qu’une partie des sommes amassées aillent à Leucan. Nous ne sommes pas les seuls à vivre une telle situation», avoue Mylène Francoeur.