D'importantes compressions devront être effectuées à l'École nationale de police du Québec à la suite de la réduction de 42 % de la subvention prévue pour le loyer de l'institution.

Coupes draconiennes à l'École nationale de police

L'École nationale de police du Québec devra se serrer la ceinture dans la prochaine année afin de payer les frais reliés à son loyer. Le gouvernement du Québec, qui lui remettait annuellement la somme de 6,6 millions de dollars afin d'assumer ces coûts, a réduit sa subvention de 2,8 millions $.
Cette décision de la part du gouvernement Couillard est en lien avec le désir de celui-ci d'atteindre l'équilibre budgétaire. L'institution de Nicolet assurait déjà 1,9 million $ de ses frais de loyer, qui sont de 8,5 millions $.
«L'ENPQ est au rendez-vous pour contribuer aux problématiques des finances publiques. On pense que c'est important de faire notre part. Mais l'envergure de la demande qu'on nous fait nous préoccupe», a mentionné le porte-parole de l'institution, Pierre St-Antoine.
La construction du nouveau pavillon multifonctionnel, lancé il y a un mois en grande pompe par la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, n'est pas menacée par cette chute de 42 % de la subvention provinciale. L'ENPQ devra toutefois trouver un moyen d'assurer sa mise de fonds de deux millions $ prévue pour l'édification du nouveau bâtiment estimé à 10,7 millions $.
L'École détenait dans ses coffres la somme de 1,4 million $ de dollars, à laquelle des surplus de 600 000 $ devaient s'ajouter pour l'année 2014-2015. Ce montant devait permettre de payer les deux millions $ requis lors des deux prochaines années.
«Même si on réussit à faire des compressions internes sur le plan des opérations, ou encore des hausses de tarifications, comme l'hébergement et les frais de repas, on pense que nous allons devoir nous en aller partiellement en déficit», a noté M. St-Antoine.
L'ENPQ, dont le budget annuel est de 36 millions $, espère maintenant que le gouvernement tiendra parole. Selon les dires de la ministre en commission parlementaire, une subvention de deux millions $ devrait être de retour l'année prochaine.
«Il reste le 800 000 $, ce qui représente 2 % de la masse salariale et un 3 % de dépenses de fonctionnement que nous devons couper par décret gouvernemental. On espère que ce 800 000 $ ne sera pas récurrent», a dit le porte-parole.
Afin de retrouver l'équilibre budgétaire, des suppressions d'emplois sont prévues, alors que certaines activités pourraient être rayées du menu. Des hausses de tarifs sont aussi à prévoir.
«Il y aura certaines réductions de dépenses de l'école, possiblement des éléments administratifs. Certains postes occasionnels n'ont pas été renouvelés en vue de l'année qui s'en vient. Nous sommes en train de regarder notre offre de services et il y a des éléments administratifs internes que nous évaluons pour réduire le tout», a mentionnéM. St-Antoine.
Prise dans un cercle vicieux
Ce dernier craint que l'ENPQ se retrouve prisonnière d'un engrenage où la clientèle et les revenus seront en baisse à mesure que le gouvernement sabrera dans la sécurité publique.
«Ce sont les corps policiers québécois et les gens de la sécurité et du gouvernement qui viennent chez nous. Eux aussi, ils sont coupés. Non seulement nous avons une baisse de notre subvention, mais il y a des clients qui nous disent qu'ils seront moins présents pour de la formation cette année. C'est très préoccupant pour nous», a-t-il conclu.