Des gestionnaires du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec sont venus prêter main-forte aux employés de 27 CHSLD de la région, la fin de semaine dernière.
Des gestionnaires du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec sont venus prêter main-forte aux employés de 27 CHSLD de la région, la fin de semaine dernière.

Coup de main des gestionnaires dans les CHSLD: «pas vraiment de changement»

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La présence de gestionnaires pour prêter main-forte aux employés des 27 CHSLD de la région, la fin de semaine dernière, n’a pas eu l’effet escompté. En raison de plusieurs absences non planifiées, les renforts envoyés par le CIUSSS à ses employés à bout de souffle n’ont pas empêché plusieurs d’entre eux de faire à nouveau du temps supplémentaire obligatoire (TSO).

«Il n’y a pas vraiment eu de changement, beaucoup de membres ont dû faire du temps supplémentaire pour amoindrir les impacts de la pénurie», déplore Pascal Bastarache, président du Syndicat du personnel paratechnique des services auxiliaires et de métier (SPPSAM-CSN). Le représentant syndical remercie cependant les gestionnaires qui ont fait acte de présence, «surtout ceux qui ont mis la main à la pâte pour donner des services à la population».

M. Bastarache craignait en effet que les cadres présents la fin de semaine passée ne contribuent pas aux tâches accomplies normalement par les employés syndiqués. Cette crainte, dit-il, s’est tout de même avérée en partie fondée, d’après lui.

«Il y a eu quelques cas à Trois-Rivières de gestionnaires qui ont aidé (à donner des services). Mais selon nos membres, ce n’était peut-être pas réparti de la même façon partout», précise-t-il.

La décision de faire travailler des gestionnaires la fin de semaine a été prise la semaine dernière, lors d’une rencontre entre les deux syndicats des employés du CIUSSS et des représentants de ce dernier. Cette rencontre survenait après de nombreux appels à l’aide d’employés se disant au bout du rouleau. Des préposés aux bénéficiaires et des infirmières ont d’ailleurs tenu des sit-in à deux reprises pendant le mois de janvier pour dénoncer le manque de personnel et le recours fréquent au TSO.

De son côté, le CIUSSS MCQ s’est dit très reconnaissant pour le travail effectué par tout le personnel la fin de semaine dernière, tant les syndiqués que les gestionnaires.

Pascal Bastarache, président du SPPSAM-CSN.

«Jeudi dernier, lors de la rencontre entre la direction et le syndicat, le portrait de la fin de semaine était relativement positif. Par contre, durant le week-end, plusieurs absences ponctuelles se sont ajoutées qui ont eu un impact considérable sur les équipes», indique par courriel Julie Michaud, agente d’information au CIUSSS.

Mme Michaud confirme d’ailleurs que les syndicats et des responsables du CIUSSS se réuniront jeudi après-midi afin d’examiner les horaires de la fin de semaine prochaine «et poursuivre la réflexion ensemble».

À court terme

Le président du SPPSAM-CSN prévient toutefois que même si elle donne un coup de main, cette solution ne peut qu’en être une à court terme. Selon lui, la seule façon de lutter contre la pénurie de main-d’œuvre dans le réseau de la santé est de rendre les emplois plus attrayants, en bonifiant les conditions de travail. Une tâche qui incombe à son avis au gouvernement du Québec.

«Il va falloir que la CAQ cesse de se cacher derrière la pénurie de main-d’œuvre et que la ministre (de la Santé et des Services sociaux) s’attaque à la pénurie de conditions de travail. Il serait plus que temps que le gouvernement nous appuie. On est tous au bout du rouleau à cause de l’austérité imposée par le précédent gouvernement et le gouvernement actuel ne semble pas vouloir retourner nos appels», soutient-il.

Le SPPSAM-CSN espère que des gestionnaires seront à nouveau sur le plancher la fin de semaine prochaine. «On croit que cette aide doit être répétée, mais en s’assurant que le CIUSSS précise ses directives aux gestionnaires, pour qu’ils contribuent à donner les services», souligne M. Bastarache. Il attend également du CIUSSS qu’il améliore le fonctionnement de sa liste de rappel, qu’il juge déficient. En effet, M. Bastarache dit avoir mis sur pied une liste parallèle, demandant directement à ses membres disponibles pour travailler la fin de semaine de se manifester sur Facebook afin de prêter main-forte à leurs collègues.

«Quand on dit qu’on veut des actions, j’ai joint le geste à la parole. Par exemple, j’ai été faire deux heures au Centre Louis-Denoncourt. J’ai essayé d’appuyer les membres qui sont vraiment à bout de souffle», illustre-t-il.

«C’est une idée que j’ai eue de mon côté. Mais c’est sûr qu’on ne peut pas nous demander à chaque fois de palier aux lacunes de la liste de rappel», ajoute M. Bastarache.