Philippe Couillard

Couillard donnerait le feu vert à Manouane Sipi

Manouane Sipi pourrait finalement voir le jour... si les libéraux s'emparaient du pouvoir. C'est du moins ce qu'a affirmé le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, qui était de passage dans la région lundi.
Accompagné de la députée de Laviolette, Julie Boulet, il est allé à la rencontre des intervenants des milieux social et économique afin d'échanger sur les réalités régionales. Il était de passage en matinée à La Tuque avant de se diriger vers Saint-Tite et Shawinigan, où s'est terminée sa visite du comté de Laviolette, prévue depuis déjà quelque temps.
Il a été question principalement d'emploi, de développement économique et de projets régionaux. Le projet de la minicentrale Manouane Sipi, qui a été annulé il y a un an presque jour pour jour, s'est invité rapidement dans les discussions.
«Le dossier des minicentrales c'est très réel pour moi. On a clairement donné l'indication ce matin, Julie et moi, que ce sont des dossiers qui vont repartir lors de notre arrivée au gouvernement», a fait savoir Philippe Couillard.
Ce dernier ne comprend toujours pas pourquoi le gouvernement Marois a mis fin à ce projet alors que tout le processus avait été bien fait. «Ce que j'aime dans ces projets-là, c'est que ça met des autochtones et des non-autochtones autour d'une même table pour autre chose que des chicanes de territoire et de droits ancestraux. C'est du développement économique commun», a-t-il souligné.
La déclaration du chef du Parti libéral a certainement été douce aux oreilles du maire de La Tuque, qui depuis un an ne cesse de croire au projet qui aurait permis à sa Ville de toucher 106 millions $ au cours des 40 prochaines années.
«Ce n'est pas loin sur le coin de mon bureau et c'est certain que si j'ai le feu vert du gouvernement je vais le sortir. C'était tellement un beau dossier, comment voulez-vous qu'on l'oublie?», a répété Normand Beaudoin.
Ce dernier a profité de la visite du chef pour discuter d'autres dossiers, notamment, la biomasse, l'industrie minière, le développement touristique et le dossier du réseau cellulaire. «C'est une question de sécurité, tu es isolé sur la route. Je le sais, je fais souvent cette route-là», a précisé M. Couillard.
Il a également été question d'élections. Le chef du Parti libéral a souligné être prêt à présenter une équipe, sans trop vouloir donner de noms, qui proposera de «vraies choses». La députée de Laviolette, Julie Boulet, a confirmé qu'elle solliciterait un sixième mandat consécutif.  «Les idées sont là, des choses concrètes pour des vrais problèmes, comme l'emploi, pas des problèmes imaginaires comme les vêtements et tout ça», a lancé M. Couillard.
Philippe Couillard n'a pas hésité à attaquer le gouvernement qui mène depuis lundi une véritable campagne de séduction dans la région en effectuant plusieurs annonces. «Ce n'est pas une pluie d'annonces en Mauricie et au Centre-du-Québec qui effacera un an et demi d'inaction du PQ dans la région. Le PQ appauvrit, taxe et divise le Québec», a dénoncé le chef de l'opposition officielle.
«Il est temps d'y mettre fin. Je pense qu'ils veulent aller en élections et il ne faut pas être un grand devin pour voir ça avec la pluie d'annonces. Il est temps d'avoir un changement vers un gouvernement qui se préoccupe avant tout d'emploi et d'économie, particulièrement dans les régions.»
Au passage, Philippe Couillard a souligné son inquiétude face à l'avenir de l'industrie forestière, notamment des entreprises de travaux sylvicoles. «L'association des entreprises de travaux sylvicoles évalue déjà à 750 le nombre d'emplois perdus depuis l'arrivée de ce gouvernement et en prévoit environ 500 autres avec ce qu'il a annoncé», a-t-il déploré.
Philippe Couillard proposera aussi une aide politique régionale qui sera «nettement en faveur» de la vie dans les régions pour attirer et retenir les familles. Bien sûr, il y aura des engagements pour la forêt, l'agriculture et les minicentrales, mais également «un grand engagement, qui est attendu depuis des décennies au Québec, c'est-à-dire le partage des redevances des ressources naturelles avec les régions».
L'ancien ministre de la Santé a aussi été questionné par Le Nouvelliste sur l'annonce de l'éventuel transfert d'une partie des services de laboratoires qui relèvent du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières (CHRTR) vers le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS). «Je veux avoir plus de détails là-dessus, je comprends qu'on veuille centraliser certaines analyses rares pour améliorer l'efficacité par exemple, mais ce n'est pas vrai qu'on peut enlever les activités de laboratoire de base dans un gros hôpital régional comme le CHRTR. On va questionner le ministre et on va demander des réponses», a conclu Philippe Couillard.
Avec la collaboration de Gabriel Delisle