Le premier ministre Philippe Couillard et la députée de Laviolette et ministre du Tourisme Julie Boulet ont visité mercredi à La Tuque l'usine John Lewis du Groupe Remabec.

Couillard discute d'économie à La Tuque

Philippe Couillard a amorcé mercredi à La Tuque une tournée régionale en Mauricie afin de prendre le pouls des besoins des entreprises et du milieu économique.
Philippe Couillard et Julie Boulet ont répondu mercredi aux questions des membres de la Chambre de commerce et d'industrie du Haut-Saint-Maurice.
De passage en Haute-Mauricie, le premier ministre du Québec a d'abord visité l'usine des Industries John Lewis du Groupe Remabec avant d'être questionné sur des enjeux économiques par des membres de la Chambre de commerce et d'industrie du Haut-Saint-Maurice.
Les membres de la communauté d'affaires ont interpellé le premier ministre sur des sujets sensibles, dont l'accès au réseau cellulaire sur la route 155, le projet de bioraffinerie, le manque de main-d'oeuvre, les fuites commerciales et la baisse de la démographie.
Primordial pour l'amélioration de la sécurité des usagers de la route 155, l'élargissement du réseau cellulaire sur cette route est désormais une question importante à La Tuque, mais aussi au Lac-Saint-Jean. Un mouvement populaire demandant un réseau sur l'ensemble de la route se fait d'ailleurs régulièrement entendre.
Le premier ministre a justement rencontré à ce sujet mardi à Saint-Félicien le responsable du comité Le cellulaire pour tous, Dany Morin, qui revendique l'accès au réseau de téléphonie cellulaire sur la 155.
«Je suis sensible à cette question et je veux que ça se fasse», a déclaré le premier ministre devant la Chambre de commerce et d'industrie du Haut-Saint-Maurice.
Philippe Couillard est d'avis que Québec peut investir pour soutenir un tel projet, mais il précise que les communications cellulaires sont de compétence fédérale. Il a alors renvoyé la balle au député de Saint-Maurice-Champlain et ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne. «Je ne vais pas prendre la place du fédéral», a ajouté M. Couillard.
Depuis plusieurs années, le projet de bioraffinerie fait bien rêver à La Tuque. Le directeur forestier et développement économique de la Ville de La Tuque de même que responsable de ce projet, Patrice Bergeron, a demandé à Philippe Couillard si le Québec pouvait devenir un leader mondial dans ce domaine.
«On veut augmenter l'utilisation de biocarburant, notamment avec la biomasse du Québec. C'est logique. C'est un chemin qui est nouveau, il faut donc y aller avec prudence», a précisé M. Couillard en indiquant qu'un projet similaire est en cours sur la Côte-Nord.
Québec a toutefois déjà contribué à soutenir le projet de La Tuque avec une aide financière de 1,5 million $ pour la réalisation d'une étude de faisabilité. Philippe Couillard a d'ailleurs affirmé qu'il avait hâte de voir les résultats.
«On rêve tous d'avoir un environnement où la machinerie forestière est alimentée par le biodiesel forestier. C'est un beau concept pour l'environnement. Avec ça, on va rendre notre industrie un peu plus indépendante des compagnies américaines», a répondu le chef du gouvernement.
La directrice générale de la Chambre de commerce, Manon Côté, s'est dite très satisfaite de la participation des membres ainsi que de la disponibilité du premier ministre. Elle estime que les principaux enjeux économiques ont été abordés lors de cette rencontre.
Visite de l'usine John Lewis
En visite dans les locaux de l'usine des Industries John Lewis, une entreprise qui fabrique des bâtonnets de bois principalement pour des produits alimentaires comme les friandises glacées, Philippe Couillard a abordé la question du bois d'oeuvre.
Alors que les Américains souhaitent renégocier l'entente avec le Canada, le premier ministre du Québec affirme que cette industrie subit beaucoup de pression. Il soutient que les produits offerts par John Lewis démontrent que l'industrie forestière sait faire autre chose que des planches destinées à la construction.
«Pour moi c'est très important de voir ça et de comprendre les besoins des entreprises. C'est une entreprise avec une belle histoire d'innovation», a-t-il déclaré.
«Peu de Québécois le savent, mais 70 % des bâtons de popsicle en Amérique du Nord viennent d'ici, de La Tuque. C'est du monde d'ici qui fait ça avec une technologie extraordinaire.»
Lors de la mêlée de presse à la suite de la visite de l'usine, Philippe Couillard a été questionné sur le redécoupage de la carte électorale qui entraîne l'abolition d'une circonscription en Mauricie. Aux prochaines élections, les députés Pierre Giguère et Julie Boulet pourraient lorgner la même circonscription.
«Ce n'est pas idéal. Nous n'aurions pas voulu perdre une circonscription en Mauricie. Il y en a ailleurs qui ont fait plus de tapage et apparemment, ils ont réussi à sauver leur circonscription. On aurait aimé ça que ça soit comme ça aussi, mais c'est une institution indépendante qui a pris la décision», a noté Philippe Couillard.
La visite du premier ministre en Mauricie se poursuit jeudi à Shawinigan et à Trois-Rivières. En matinée, il doit prendre part à des rencontres privées à Shawinigan ainsi que visiter le Digihub.
Par la suite, Philippe Couillard doit visiter le Centre de métallurgie du Québec à Trois-Rivières avant d'y faire une annonce concernant les centres collégiaux de transfert de technologie. En soirée, il doit faire une allocution à l'occasion du Gala des gens de terre et saveurs au complexe Laviolette.