Yvon Bourassa, un ancien employé de Gentilly 2, achemine divers produits médicaux en Chine.

Coronavirus: Yvon Bourassa expédie du matériel en Chine

TROIS-RIVIÈRES — Jeudi, Yvon Bourassa a expédié pour 20 000 $ de masques, de gants et combinaisons protectrices médicales en Chine. Vendredi, il a fait la même chose et répétera la même opération une nouvelle fois lundi. C’est sa façon de venir en aide au pays d’origine de son épouse où un coronavirus se propage de façon si alarmante que l’Organisation mondiale de la santé parle maintenant d’urgence mondiale.

Cet ancien travailleur de la centrale nucléaire Gentilly-2 a des attaches sentimentales avec la Chine. Il y a rencontré son épouse, il y a quelques années, et ils ont eu deux enfants. Le couple a partagé sa vie entre la Chine et le Québec à raison de six mois par année à chaque endroit pendant plusieurs années. Désormais, sa résidence est à Yamachiche et son bureau, à Trois-Rivières.

«Ça faisait cinq ans que je demeurais en Chine. Je suis revenu cet été», raconte celui qui possède néanmoins une entreprise dans ce pays.

«J’ai de la famille là-bas», raconte-t-il, «entre autres, ma belle-sœur qui est professeure d’université.»

«Il n’y a plus rien en Chine. Ils ont épuisé leurs stocks et les usines sont fermées, donc elles ne peuvent pas en produire», dit-il. «C’est le Nouvel An chinois», rappelle-t-il. «Les usines sont fermées depuis une dizaine de jours. Normalement, elles recommenceraient leurs activités la semaine prochaine, sauf que le gouvernement chinois a décidé de prolonger les vacances d’une semaine de plus», dit-il. Les rouages des usines ne se mettront pas en branle avant le 10 ou le 14 février.

La belle-sœur de M. Bourassa fait partie d’un groupe de professeurs et d’employés du gouvernement chinois qui ont décidé de faire des dons pour acheter du matériel médical qui sera distribué dans les hôpitaux de Wuhan. C’est auprès d’Yvon Bourassa qu’ils vont arriver à en obtenir.

Afin d’apporter son aide, Yvon Bourassa achète tout ce qu’il peut des commerces du Québec qui vendent de tels produits médicaux. «À Montréal, il n’y a plus rien», dit-il.

À Joliette, il a toutefois pu acheter une dizaine de caisses de combinaisons protectrices. Dans ce commerce, «le monsieur avait des masques. Avant-hier, il les vendait 22 $ pour une boîte de 10 et là, il les vend 50 $», dit-il. «L’enfer.»

Même à Trois-Rivières, ils n’ont plus rien, dit-il.

Yvon Bourassa s’est donc tourné vers un commerce de la région qu’il connaît bien, à Gentilly, où il a pu acheter, là aussi, pour environ 20 000 $ de produits qui s’en iront tous en Chine. «Ce commerçant est dans un petit village, donc personne n’avait envahi son commerce encore», raconte-t-il.

Tous ces achats de M. Bourassa seront remboursés par le groupe dont fait partie sa belle-soeur, en Chine.

C’est par FedEx que les caisses de produits, totalisant une valeur de quelque 60 000 $ canadiens, seront acheminées vers l’Orient. Il est toutefois interdit d’envoyer ces choses directement à Wuhan, dit-il. Il n’y a plus d’avions qui vont à Wuhan. On va envoyer ça dans la province où sont mes bureaux à moi, près de Shanghai et après, on va les faire livrer par camion», explique-t-il.

Le personnel qui travaille pour lui en Chine, dans son commerce d’import-export, travaille de la maison, dit-il, à cause du Nouvel An chinois. «Normalement, mon personnel est en congé et pour aider la société, il travaille pendant le congé gratuitement» pour distribuer les produits médicaux demandés, dit-il. «On a fait venir des gants de Malaisie. C’est incroyable l’entraide qu’il y a en ce moment», constate-t-il.

Selon Yvon Bourassa, la Chine est transparente en ce moment face à la crise, «mais il y a un mois, un mois et demi, elle ne l’était pas tout à fait. Si elle avait été transparente à partir du départ, on n’en serait pas rendu là», croit-il.

M. Bourassa indique que les gens qui meurent de ce coronavirus «sont des gens qui ont des problèmes de santé, soit des vieux ou des jeunes qui ont des problèmes respiratoires et des choses comme ça», dit-il. «Ici, au Canada, on a des grippes et le pourcentage de morts est plus grand que ce qu’il y a présentement. C’est juste que là, ça se propage pas mal plus vite. La maladie en elle-même n’est pas si grave que ça», croit-il.