Le maire Jean Lamarche a tenu un point de presse concernant un cas de coronavirus qui touche un employé d’IDE Trois-Rivières.
Le maire Jean Lamarche a tenu un point de presse concernant un cas de coronavirus qui touche un employé d’IDE Trois-Rivières.

Coronavirus: un employé d’IDE Trois-Rivières infecté, la Ville déploie plusieurs mesures

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Le cas confirmé de coronavirus en Mauricie est un employé d’Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières, ce qui force la Ville de Trois-Rivières à prendre des mesures exceptionnelles. L’administration municipale a tenu un point de presse jeudi matin afin de faire savoir que les bâtiments liés à IDE Trois-Rivières sont présentement fermés et que la trentaine d’employés sont présentement invités à demeurer à la maison en faisant du télétravail. 

Selon nos informations, l’employé avait effectué un séjour en France la semaine dernière. À son retour, il a présenté des symptômes et a consulté dans un établissement de santé de la région. Il se trouve présentement à son domicile en isolement et son état ne nécessiterait pas d’hospitalisation.

Toutefois, avant d’être diagnostiqué, il s’est rendu au travail, aux bureaux d’IDE Trois-Rivières, où il a été en contact direct et indirect avec plusieurs collègues, notamment. Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, est demeuré évasif à savoir s’il avait été en contact avec cette personne depuis son retour. 

Le bâtiment d’IDE Trois-Rivières situé face à l’hôtel de ville, de même que le District entrepreneurial innovant Open Trois-Rivières, le kiosque d’information touristique, le technocentre et la gare maritime sont tous fermés jusqu’à nouvel ordre. Le bâtiment d’IDE Trois-Rivières fait l’objet d’une désinfection complète, qui devrait être terminée au cours de la fin de semaine. Les autres bâtiments devraient eux aussi faire l’objet d’une désinfection. Il semble que la composition du système de climatisation des bâtiments ne puisse pas laisser craindre à une propagation dans l’air vers d’autres bâtiments adjacents. 

Le maire Jean Lamarche et la médecin-conseil de la Direction de santé publique Caroline Marcoux-Huard ont fait savoir que toutes les mesures étaient actuellement prises afin de retracer les personnes qui ont pu être en contact significatif avec cet employé. Les vérifications nécessaires en lien avec une enquête de santé publique sont présentement faites, y compris concernant les déplacements de cette personne. 

«L’équipe de la Santé publique travaille d’arrache-pied afin de faire une enquête auprès de ce premier cas qui est positif. On fait une enquête très méticuleuse pour identifier les personnes qui auraient eu un contact significatif avec cette personne. Elles seront contactées et auront des recommandations de santé publique. Nous avons mis en place des mesures pour briser une potentielle chaîne de transmission. Nous avons une très belle collaboration de la Ville et d’IDE», a indiqué la Dre Marcoux-Huard, rappelant que les risques de contracter la COVID-19 au Québec demeurent relativement faibles, étant donné les nombreuses mesures mises en place.

Pour le moment, la Ville prévoit que les différents édifices visés puissent rouvrir leurs portes lundi et que les employés pourront revenir au travail, une situation qui sera toutefois réévaluée au fil du temps et selon les recommandations gouvernementales.

D’ailleurs, la Dre Marcoux-Huard indique que pour imposer une quarantaine à un employé d’IDE Trois-Rivières, il faudra évaluer d’abord si le contact avec le travailleur infecté aura été significatif. «Ce n’est pas anodin de demander à quelqu’un de rester isolé à domicile pendant deux semaines, alors que ce n’est pas une personne qui aurait été à risque d’attraper réellement la maladie. Il faut vraiment évaluer à la pièce, et ceux pour qui le contact aura été significatif, effectivement, ce sera un deux semaines à partir du dernier contact avec le cas positif», a-t-elle indiqué.

La médecin-conseil rappelle que lors du retour au pays du travailleur, la France n’était pas encore identifiée par le Canada comme étant un pays à risque. «Ce ne serait pas de mauvaise foi si cette personne s’était présentée dans les endroits publics, avec des symptômes qui peuvent ressembler à une grippe ou un rhume» ajoute Caroline Marcoux-Huard.

La Ville indique pour sa part que tous ses employés sans exception sont tenus informés par le biais de communications à l’interne et qu’ils sont invités à entrer en contact avec l’infirmière de la Ville Isabelle Fillion, qui peut fournir de l’information et qui est en contact constant avec le système de santé pour faire le suivi des différents dossiers.

Voyageurs

La Dre Marcoux-Huard rappelle toutefois que le risque actuel vise surtout les voyageurs qui sont de retour au pays. «Les voyageurs doivent être sensibilisés au fait qu’en partant à l’extérieur du pays, il se peut qu’à leur retour, la Santé publique leur recommande un isolement volontaire. La situation évolue rapidement, il faut être sensibilisé à ça et appliquer les mesures de précaution», indique-t-elle.

Ces mesures sont évidemment de contacter le 811 lorsqu’il y a apparition de symptômes, qui sont la toux et la fièvre. La Santé publique recommande aux gens qui rentrent de voyage d’éviter les endroits où ils ne pourraient pas se retirer rapidement advenant l’apparition des signes et symptômes de cette maladie. Les mesures d’hygiène de base, dont un bon lavage des mains de 20 secondes avec de l’eau et du savon, de même qu’éviter de porter les mains à son visage sont évidemment toujours de mise.