Des gens portent un masque en visitant vendredi un quartier commercial à Taipei, la capitale de Taiwan. Selon le Centre de contrôle de maladies de Taiwan, un dixième cas de coronavirus a été confirmé.

Coronavirus: le réseau de la santé est prêt

Le réseau régional de la santé est fin prêt à intervenir si jamais une personne se présente avec le coronavirus.
La docteure Caroline Marcoux-Huard.

Aucun cas n’a été répertorié au Québec, confirmaient jeudi la ministre de la Santé, Danielle McCann, et le directeur de la santé publique, le docteur Horacio Arruda. Entre-temps, l’Organisation mondiale de la Santé déclarait l’urgence internationale face à l’épidémie du coronavirus.

Cette déclaration change peu de choses pour la santé publique régionale. Des actions ont déjà été mises de l’avant afin de parer à toute éventualité même si le risque d’être atteint de ce virus est faible au Québec.

«On est en mobilisation. On continue d’être en contact avec le ministère de la Santé. Le ministère fournit les données les plus à jour. On relaie l’information au réseau, on a fourni les outils advenant qu’un cas se présente», commente la docteure Caroline Marcoux-Huard, médecin-conseil à la direction de la santé publique du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Le réseau de la santé possède ce qu’il faut pour identifier les personnes atteintes du virus et pour briser la chaîne de transmission, une action essentielle pour éviter une propagation.

«Quand une personne se présente dans un établissement, il y a un potentiel de transmettre le virus à la population et aux travailleurs de la santé. Cette personne sera mise en chambre à pression négative pour filtrer le maximum des particules contagieuses pour ne pas qu’elle contamine les gens présents dans la salle d’attente.»

La docteure Marcoux-Huard recommande aux gens revenant de Chine et présentant des symptômes de ce virus de ne pas se rendre dans une clinique, mais de se diriger vers un hôpital où on trouve les chambres à pression négative. Les gens peuvent aussi contacter le 811. S’ils présentent les symptômes de ce virus, ils n’auront qu’à se déplacer vers un hôpital où ils seront aussitôt pris en charge.

Un protocole a été établi pour s’occuper des patients, mais aussi pour encadrer le travail des employés du réseau de la santé. L’utilisation d’un masque à haut pouvoir filtrant est prévue afin de protéger les travailleurs.

Les symptômes du coronavirus sont la toux et la fièvre. À la lumière de différentes sources d’informations officielles, la majorité des cas sont mineurs. Les gens peuvent ainsi être retournés à la maison, munis de recommandations pour protéger les autres occupants. Un recensement des personnes avec qui ces gens ont été en contact sera aussi réalisé afin d’assurer un suivi.

Certaines des personnes touchées par ce virus vont avoir des pneumonies et peuvent même en mourir, mais cela concerne principalement des gens ayant déjà une santé plus fragile.

La docteure Marcoux-Huard rappelle qu’on se retrouve en pleine période d’influenza et autres virus. Les précautions de base sont toujours de mise pour se protéger contre les virus: se laver les mains, tousser dans un mouchoir jetable ou dans le pli du coude et rester chez soi si on est malade.

«On peut être rassuré au Québec, observe-t-elle. On a pris les mesures nécessaires pour faire une meilleure identification et pour briser la chaîne de transmission. Et il faut remettre les choses en perspective. Le nouveau virus a émergé en Chine. La majorité des gens atteints avaient eu un contact avec un marché public. Le virus appartient à une famille qu’on connaît, le réservoir est les animaux. Il y a des cas de transmission de personne à personne, mais à la suite d’un contact étroit et prolongé. Ce n’est pas un virus qui saute sur les gens.»

Avec un masque ou pas?

Les masques de papier sont fort populaires par les temps qui courent, car certaines personnes utilisent cet équipement dans le but de se protéger contre la maladie. Selon la docteure Marcoux-Huard, cet outil n’est pas utile à toute la population.

«On l’utilise pour les gens qui sont malades et les professionnels qui soignent ces malades. S’il est mal porté, ça peut avoir des effets pervers. Ces masques ne sont pas faits pour être portés de longues heures. Les gens se sentent protégés et vont peut-être négliger les autres mesures. Ça donne un faux sentiment de rassurance.»

Quatre au Canada

Quatre cas de coronavirus ont été observés au Canada jusqu’à maintenant. 

Plus de 210 personnes sont décédées après avoir contracté ce virus.

Cette épidémie n’est pas sans rappeler celle causée par la grippe A(H1N1) en 2009 et 2010. Selon l’OMS, 18 500 personnes seraient mortes des suites de cette grippe. Plus de 420 Canadiens font partie des victimes. Au moins six personnes provenaient de la Mauricie et du Centre-du-Québec.